"Que le Soleil est beau quand tous frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !"
Charles Baudelaire
Cher maître,
comment vous portez vous ? Vos voyages vous apportent ils toujours autant de réconforts et autant d'informations ? Si jamais vous vous inquiétez à propos de Domi, sachez qu'elle se porte bien. Muni de ses cheveux d'ébènes, elle ne cesse de défrayer la chronique parisienne. Courtisant servantes, nobles, et surtout bourreau, elle paraît respirer la joie. Je dois avouer, que je fais de mon mieux pour qu'elle soit heureuse. Tant de choses se sont passées, elle a survécu à tant de d'horreurs, que je ne sais plus réellement ses émotions.
La ville de Paris semble être encore plus incroyable que la dernière fois. Depuis Gévaudan, le béni de la Lune bleue et moi, n'avons pas encore soigné de nouveaux vampires. Peut-être que cela veut dire que le Charlatan a cessé d'infecter des vampires, ou bien, que nous ne sommes pas au courant de ce qui se passe.
Pourtant, quelque chose semble étrange, les chasseurs de vampires semblent sur leurs gardes. Ils ont renforcés la sécurité de Paris aux alentours des sites religieux. Quelque chose est en approche, ou quelque chose va arriver. Les signes d'un malheur prochain ne cessent de s'accumuler. Vous m'avez donné les clefs pour comprendre comment repérer l'horreur dans le futur ; et je la sens. Elle est là derrière mon épaule, absorbant l'essence de ma vie, espionnant mes mouvements, et rigolant à chacun de mes échecs. Le malheur arrive, et je ne sais pas le retenir.
Si vous étiez là, vous sauriez sans doute. Mais si vous savez comment faire, pourquoi ne pas me l'avoir enseigné ?
Je ne suis pas certain de comprendre tout ce qui est entrain de ce passer dans le monde. Le choses semblent se faire et se défaire aléatoirement. Je ne suis même pas sûr de bien vous comprendre en définitif. Mais je peux, cependant, vous affirmez une chose : je me battrais pour le savoir.
Votre élève,
Noé
La lettre gisait sur l'écritoire du vampire, le papier chiffonné, les taches le parsemant. Ce dernier, ne pouvait pas se résoudre à l'envoyer. Elle était bien trop directe, ses émotions et pensées se lisaient trop facilement derrière chacune des tournures. Il n'avait même pas réussit complètement à parler de l'état de Dominique. Elle était trop renfermée par rapport à son soi habituelle selon lui. Les sourires qu'elle avait l'habitude de distribuer c'étaient fait rares.
Et pour la première fois de toute sa vie, il n'avait pas envie de raconter ses émotions à son maître. La graine de la réticence avait germé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vu. Depuis, il n'avait pas écrit de lettres, trop perdu dans ses préoccupations.
Alors que le Soleil se levait, le vampire écoutait le bruit de la ville se réveillant. Noé adorait Paris. Il ne savait pas ce que cette ville lui avait fait, mais elle l'avait ensorcelée. Ces lieux, ces gens, ces bruits, pour lui, tout à Paris respirait la joie.
"Noé ! Un client pour toi ! Tente de vendre le plus chère au menu !" L'intervention du chef cuisinier était bien inutile, Noé n'allait pas vendre ce qui serait le plus chère, mais bien ce qui lui plairait le plus. Conseiller des gens sur la nourriture était peut-être une technique de vente, mais pour Noé, c'était surtout une manière de partager des goûts (toujours sucrés pour lui).
Peut-être était ce dû à cette impression d'être éloigné de son « chez-lui », éloigné de ce qui l'effrayait le plus en définitive qu'il avait l'impression de le voir partout. Son maître était là, debout en face de lui. Dans ses mains un chapeau haut de forme, et une lettre à moitié terminée. Sur son visage, un sourire carnassier.
Il secoua la tête et l'illusion disparu. Personne n'était en haut des escaliers excepté Murr. Le chat le regardait avec un air indifférent sur le museau (voit vicieux si l'on s'approchait de trop près). Ses yeux bleus et mauves semblaient receler tous les secrets de Paris, et bien plus encore.
Noé se détourna en respirant profondément, pour accomplir sa mission de conseils gustatifs. Et son sourire revint facilement en pensant à tous les délicieux gâteaux que les clients pourraient manger.
Les yeux le suivaient toujours dans l'obscurité croissante de la cage d'escalier.
﴾ ﴿
L'animation dans le petit restaurant était toujours étonnante, et surtout elle était toujours très variable. L'atmosphère de l'endroit, était évidemment lié aux clients. Ainsi, le restaurant Chouchou connaissait 4 états d'esprits :
1. Agréable et bienveillant : Roland et Olivier parvenaient toujours à détendre les tumultes de l'endroit au travers de leurs rires.
2. Tendre comme à l'apparition d'un amour naissant : les couples qui venaient dîner ensembles à l'hôtel Chouchou étaient si doucereux que même les pâtisseries semblaient trop câlineuses dans leur goût
3. À feu et à sang : ne jamais laisser entrer de nouveau les dampires sans aucunes précautions au préalable (le gérant l'avait d'ailleurs appris à ses dépends, et avait tant est bien compris sa leçon qu'il avait placardé ce commandement dans les cuisines)
4. Trop sombre pour qu'on ne puisse pas voir de joies.
Et, c'était justement cette dernière option qui se déroulait au restaurant. L'air était si macabre, qu'on pouvait presque voir des cadavres traîner sur les côtés (pas que ce soit étonnant à Paris, ville où l'on visite des cimetières). Noé n'eut pas besoin de rester plus longtemps dans l'ombre de la porte, pour reconnaître l'origine de ces émanations horrifiques : Roland.
Alors qu'il distinguait la figure morose de son ami, une silhouette encapuchonnée s'élança vers le chasseur. Une ombre, que parvint facilement à distinguer : un Vanitas impatient d'aventures et de mystères (l'air de Paris, ne réussissait pas à tout le monde). Le vampire fit alors la seule chose logique selon lui, suivre le médecin pour le soutenir durant cette épreuve, qui semblait déjà être intrigante pour lui. Après tout, ce n'est pas tous les jours que le chasseur de vampire le plus heureux affiche un aura plus sombre que ses victimes.
﴾ ﴿
L'horreur est là. Le monde que nous avons connu est entrain de changer. Les monstres s'éveillent, et les dieux s'inclinent. Vanitas, Noé, j'ai besoin de vous.
Les escaliers n'avaient jamais semblé aussi longs, c'était une action interminable que de lever une jambe après l'autre pour s'élever. Aucun vampire n'est capable d'agir comme ça. L'horreur était peinte sur le visage du vampire aux cheveux blancs. Comment est-ce possible ? Tellement absorbé dans sa tâche monotone, et ressassant les informations sur Roland, Noé n'eût pas le temps de voir une ombre se dessiner dans le recoin des marches, à l'opposé de la rampe.
« Bonsoir, mon chaton. »
Il aurait peut être mieux faut de rester en bas, ou de ne pas se lever.
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Les souvenirs d'un Archiviste
FanfictionUn monstre sévit avec violence dans les rues de Paris. Personne ne semble échapper à son piège quand il vous tient. Pourtant, Mikhaïl semble s'en être sorti, et a réussi à se réfugier à l'hôtel occupé par son frère. Accompagné de son équipe et de No...
