"Il n'y a pas de charme égal à la tendresse du cœur."
Jane Austen
6 jours plus tard
Hôtel Chouchou
Vanitas attendait devant le lit de Noé. Le vampire était endormi, le visage complètement vide d'expressions, les rêves sans doute partis. L'humain avait envie d'hurler, mais il attendait au contraire bien tranquillement que l'autre veuille bien ouvrir ses yeux. C'était tout simplement puéril et enfantin de sa part que de faire semblant de dormir. Même sa respiration n'imitait pas celle de quelqu'un d'endormi.
Il comprenait que son partenaire ait eu peur à l'Eglise, l'arrivée fracassante des dampires et de Dante avait vraiment eu de quoi le surprendre, sans compter des dommages collatéraux. Il laissa un soupir s'échapper, tellement de choses s'étaient passées en même temps. Il avait reçu tellement peu d'explications, il y avait eu tellement de miracles :
Jeanne sauvée par les notes d'expériences du docteur Moreau, et les souvenirs intacts de Louis. La vampire avait survécu à la pire des horreurs. Vanitas n'était pas quelqu'un d'optimiste, toute personne l'ayant connu s'en serait doutée, et pourtant il avait su au fond de lui-même que chose merveilleuse allait arriver pour l'aider. Appelez ça comme vous voulez, une supposition, la loi du talion, mais il avait su qu'un équilibre juste allait intervenir pour sauver la jeune femme. Elle l'avait mérité, elle avait souffert sans demander d'échange de justice. Et puis, elle n'aurait pas pu laisser lady Dominique seule. Vanitas avait parié qu'en cas d'échec, la jeune vampire serait allée en Enfer pour la ramener. Il l'avait senti au fond de lui, parce qu'il aurait fait la même chose pour Noé.
Louis, sa vie à elle seule relevait du miracle. Il avait eu le souffle coupé la première fois qu'il avait revu Noé, il avait été difficile de les séparer malgré l'inconscience de l'Archiviste. Il s'était accroché à lui, comme du lierre à une écorce, ses membres encastrés complètement dans la forme du vampire en une étreinte serrée.
La capture du comte de Saint Germain par Amélia, Mikhail, Chloé, et Jacques. Le vieux vampire avait tenté de s'enfuir par une porte dérobée de l'hôtel, dont le secret lui avait été apporté par le colonel Ourouk. Cependant, les autres jeunes gens avaient été plus rapides, cachés derrière des murs, travaillant en équipe ils avaient attrapé ce dernier dans sa forme de chat. Chloé n'avait toujours pas un esprit reposé et soigné, mais Jean-Jacques attendait toujours patiemment à son chevet que ses yeux recouvrent la lucidité. Vanitas était certain que même s'ils ne le faisaient pas, Jean-Jacques resterait à ses côtés : elle était tout pour lui, la Lune, le Soleil, l'ordre de vie, et personne ne souhaite voir son univers s'écrouler.
Vanitas se leva de la chaise de veilleur d'où il était pour se promener dans la pièce. Il sentit le regard du vampire sur lui, remontant de ses pieds à ses hanches, pour s'arrêter à la courbure de son cou. Vanitas inspira avec violence, et se contraignit à ne pas se retourner, à agir comme s'il ne sentait pas la présence de l'autre sur lui. C'était stupide, un jeu que les deux connaissaient à la perfection, ils savaient toujours quand l'empreinte de l'un venait effleurer l'autre. Mais son Noé n'était pas le même. Il avait besoin de temps pour se rappeler, Vanitas avait lui-même envie de se souvenir de tout. Il avait peur que la morsure du vampire de la Lune Bleue ne le progresse jusqu'à le tuer. Il ne savait pas combien de temps il lui restait, mais il voulait le passer avec Noé.
Il avisa soudain une feuille de papier traînant sur l'un des écritoires de la chambre. Il s'en empara, s'installa sur la chaise, et commença à écrire, transporté par les souvenirs de toute une demie-vie. L'autre vampire s'approcha de lui par-dessus son épaule. Il regarda avec attention ce qu'il faisait, notant les détails de chaque arabesque. Il se retira toujours rapide, et jamais silencieux avant de prendre lui aussi une liasse de feuillets et de s'installer de l'autre côté de la place sur le lit.
Vanitas se leva après quelques heures, la main engourdie, mais heureux de son travail maintenant accompli. Il jeta un regard derrière-lui pour trouver son amant sur une table, une bougie éclairant son écriture. Il s'approcha pour voir ce que l'autre avait finalement décidé d'écrire. Une plume dans la vie, les idées à l'esprit, un titre émergea sur les pages du vampire aux cheveux blancs : Les Mémoires de Vanitas. L'humain retena le sanglot qui menaçait de couler de sa gorge avant de se précipiter pour embrasser tendrement son partenaire. Les propres écrits de ses dernières heures s'envolèrent également au vent, portés l'air venant de la fenêtre ouverte.
Les deux hommes continuaient à s'embrasser, appréciant la proximité et la chaleur de l'autre. Ils ne se souciaient plus des pensées, mais seulement du moment et du poids réconfortant de l'autre. La Lune entendit cette nuit-là, les paroles d'un amour merveilleux. Elle eut également l'occasion de lire les écrits du jeune humain, une lettre s'étant envolée du manuscrit :
"Tu sais maintenant pourquoi j'écris tes souvenirs, et pourquoi je ne peux te faire sortir de ma tête. J'aimerai que tu saches à quel point chaque mot que j'ai écris
Les étoiles tombent, les souvenirs partent, les voix s'épuisent, mais ta main dans la mienne ne partira pas. Ou du moins, elle ne m'échappera plus.
Le temps s'enfuit, les rêves s'effondrent, les rires se brisent, mais tes lèvres sur les miennes restent.
J'écris ces quelques lignes pour que tu te souviennes dans le futur.
Pour que tu n'oublies pas le sourire de Jeanne quand tu lui promets des choses.
Pour que tu n'oublies pas les paroles de Mikhaïl sur son avenir.
Pour que tu n'oublies pas les malédictions rendant chauve Dante.
Pour que tu n'oublies pas l'odeur de fleurs qu'avait Dominique.
Pour que tu n'oublies pas l'agilité de Roland lors de ses combats.
Pour que tu ne m'oublies pas.
Pour que tu te souviennes que je t'ai finalement rattrapé.
Vanitas
PS : si jamais tu doutes de notre réalité relis, mon écrit mon amour : Les Souvenirs d'un Archiviste"
VOUS LISEZ
Les souvenirs d'un Archiviste
FanfictionUn monstre sévit avec violence dans les rues de Paris. Personne ne semble échapper à son piège quand il vous tient. Pourtant, Mikhaïl semble s'en être sorti, et a réussi à se réfugier à l'hôtel occupé par son frère. Accompagné de son équipe et de No...
