"Le temps est l'architecte, le peuple est le maçon."
Victor Hugo
Vanitas n'avait jamais aimé les pigeons. Des êtres volatiles avec un grand potentiel qui n'utilisaient aucune de leurs ressources, préférant mendier un reste que de préparer un plan d'attaque et des outils pour récupérer de la nourriture.
On lui avait pourtant dit que les pigeons n'avaient pas un cerveau assez développé pour imaginer de telles idées à l'exemple des corbeaux. Les corvidés, et notamment les corbeaux sont, eux, capables d'inventer et de créer des éléments pour appuyer leur quotidien. Un exemple rare dans la nature, seulement retrouvé chez ces volatiles. Ils parvenaient à compenser les manques de leur environnement en inventant des solutions pour pallier leurs problèmes. J'aimerais bien être un corbeau.
Les réflexions profondément philosophiques de Vanitas furent interrompus par les ronflements de son colocataire. L'humain se surprit à soupirer en pensant à son ami. Roland et lui n'avaient trouver aucunes nouvelles informations pour retirer les doutes qui pesaient sur lui, et même, depuis quelques jours il n'y avait plus aucune nouvelle du chasseur. Il est sans doute parti pour une nouvelle mission.
Dominique allait mieux également, ses yeux brillaient de joies, et Vanitas ne serait pas étonné de savoir que l'amour avait frappé à sa porte. Le monde était si fascinant, le hasard régissait la vie, et parfois, il agissait correctement. Le hasard, c'était le Dieu de Roland, ou la science des autres, mais pour Vanitas, le hasard c'était son espoir.
Ses rêveries solitaires furent interrompues en voyant la forme endormie de Noé tombée du lit, un oreiller entre les bras. L'humain s'approcha plus près du vampire, et sourit tendrement en voyant son visage prendre un aspect aussi paisible. Avant même qu'il ne s'en rende compte, sa main c'était rapprochée des cheveux blancs. Ses doigts caressaient d'un toucher fantomatique les mèches du vampire, et ce dernier penchait sa tête vers le contact, en quête de plus.
Un petit filet de bave coulait de ses lèvres, et commençait à s'étaler sur son oreiller. En un mot, il était horrible, un spectacle de désordre. Et pourtant, même comme ça Vanitas le trouvait charmant.
Son visage s'enflamma un peu plus, en imaginant la suite des évènements si le vampire était réveillé, et s'il le savait aussi près de ses yeux. Il aurait aimé voir cette possibilité ce réaliser.
Renonçant à plus de rêveries, l'humain retira sa main à regret, et se dirigea à pas de loups vers la fenêtre. Il réajusta la position de ses gants machinalement, ne voulant pas voir la marque s'étendre sur ses bras. Un éclat lunaire l'avait cependant déjà surpris, et lui avait laissé apercevoir un bref instant son infortune : le symbole obscur ne cessait de se propager.
Il savait qu'il n'en avait plus pour longtemps, et il s'étonna à se voir sourire en repensant à la promesse de son ami. Les choses pouvaient mal se dérouler, mais, il serait toujours là à ses côtés et près à l'aider. Le vampire était décidément son salut, et s'il devait être honnête, l'humain ne rêvait pas de quelqu'un d'autre pour accomplir cette tâche.
Alors qu'il montait sur le toit, les yeux remplis de désillusions, Vanitas n'entendit pas le vampire s'agiter dans son sommeil; il n'entendit pas Noé murmurer un "Je ne peux pas, pas encore amore mio.". Mais les suppliques c'étaient perdues aux grées du vent, et seule la Lune fut témoin des troubles du jeune homme.
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Une nouvelle cliente avait fait son apparition à l'hôtel, personne ne connaissait vraiment son nom, mais personne ne s'en souciait réellement. Tous les employés avaient supposé que c'était une autre "invitée" de Orlock : une vampire avec un besoin d'abris.
Elle n'avait rien d'extraordinaire si ce n'est peut être, ses cheveux. Lui arrivant jusqu'au milieu de son dos, ils étaient splendides. Certaines mèches étaient tressés, tandis que d'autres reposaient sur ses épaules en étant défaits. Ce qu'il y avait de plus intriguant c'était leur couleur, ils étaient blancs comme la neige.
Elle signa son nom sur le registre avec minutie, comme une artiste savourant la dernière couche de peinture sur une oeuvre particulièrement difficile. Un sourire carnassier étirait ses lèvres.
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« - Mais, vous savez du côté de la mère de mon grand oncle, soit au final, mon arrière-arrière grand-mère du point de vue de ma mère, via son frère par alliance ; il y avait un cousin germain du nom d'Igor, charmant pour appeler un chien selon moi. Bref, ce cousin était le mouton noir de la famille. Enfin, j'entends toujours de la partie de ma...
- Faite la taire. S'il vous plaît.
- ... bien sûr, personne ne le détestait vraiment. Il avait vécu tellement d'horribles choses le pauvre petit. Un vrai petit farceur si vous voulez mon avis. Toujours est-il que ce garnement avait rejoint un gang des plus terribles de la région, au nom des « éclaireurs ». Enfin, c'était plus des Illuminés qu'autre chose selon moi ! Bref, ce gang de...
- Vanitas ! », l'humain le regarda de haut en bas avant de tiquer sa langue en signe de dédain face à cette situation. Mikhaïl se reporta alors à l'avis de l'autre vampire aux cheveux blancs semblant écouter avec un intérêt non feint l'histoire de la jeune femme. Captant le regard tourmenté du jeune blessé, et comprenant sa requête (au grand étonnement de Vanitas), Noé réussit à arrêter le méandre de racontars généalogiques d'Amélia.
Vanitas était une nouvelle fois impressionné par Noé, réussir à calmer la jeune Amélia, c'était plus qu'un exploit (surtout quand cette dernière parlait de sa famille, et de sa vie à la campagne), c'était un mythe. Se retirant de la conversation pour profiter de la vue de Paris, le médecin se surprit à apprécier cette vision de la ville : un endroit réveillé où le monde semblait vivre dans son ensemble. On pouvait entendre les cris des travailleurs, d'en bas, qui s'époumonaient à perdre la voix pour donner des instructions. L'agitation du peuple était une merveille à ses oreilles.
La quiétude (si quiétude est au milieu du bruit) du moment fut bouleversée par l'apparition d'une jeune fille aux cheveux roses (légèrement plus longs que la dernière fois où il les avait vus, se surprit-il à noter), recouverte d'un grand pardessus blanc, et aux joues rougies d'excitation de revenir ici.
"- Le bourreau est de retour ! Prête à vous aider !
- Bourreau des coeurs, oui !" s'empressa d'ajouter Mikhaïl à l'attention de toutes les personnes dans la pièce, avant de s'enfuir brusquement du salon aux vues des expressions abasourdies de ses amis.
Si l'ambiance du lieu aurait pu rapidement devenir pesante, il n'en fut rien : les rires enfantins de Jeanne et Noé résonnant au 4 coins de l'espace. Les yeux de Dominique brillèrent d'une nouvelle lueur en voyant la vampire aux cheveux roses. Et, Vanitas cacha son sourire attendrit derrière ses mains gantées.
Il fut le premier à reprendre ses esprits en remarquant un détail troublant, Jeanne ne devait revenir que dans une semaine, et pas avant d'avoir fini sa mission. Quelque chose avait dû la forcer à revenir, ou Rutheven lui avait donné un autre ordre. Et peu importe le choix entre ces deux solutions, la raison devait vraiment être effrayante.
"- Jeanne ! Ta présence m'enchante ma dulcinée, mais je ne comprends pas ton arrivée ici. Que c'est-il passé pour que tu reviennes ? si Vanitas vit le visage de Dominique se renfrogner à la mention du mot doux, il ne le laissa pas montrer.
- Vanitas, plaisir non partagé. Je suis ici en mission pour Lord Rutheven. Il semblerait qu'un vampire sème le désordre à Paris, je suis chargée de le trouver, et de l'emprisonner. Vous devez en avoir entendu parler, il s'agit de Chronos."
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Le registre était encore ouvert à la page de la signature de la précédente cliente. Les courbes manuscrites de ses lettres étaient presque hypnotisantes. Son nom ressortait sur le papier, Kairos y était écrit.
Kairos, elle se félicitait d'avoir choisi ce nom. C'était parfaitement approprié pour elle. Kairos : le dieu du temps au moment décisif, au moment du basculement des vies.
Elle ne put retenir le rire qui menaçait de sortir de ses lèvres. Et seule la petite chambre de l'hôtel Chouchou fût témoin de sa crise.
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Les souvenirs d'un Archiviste
Fiksi PenggemarUn monstre sévit avec violence dans les rues de Paris. Personne ne semble échapper à son piège quand il vous tient. Pourtant, Mikhaïl semble s'en être sorti, et a réussi à se réfugier à l'hôtel occupé par son frère. Accompagné de son équipe et de No...
