Chapitre 38 - Amour

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Il la regardait, les yeux écarquillés, sans bouger ou prononcer le moindre mot.

En l'apercevant, elle crut d'abord à une illusion. Elle pensa que son esprit lui jouait à nouveau des tours, que sa profonde volonté de le retrouver avait matérialisé sa personne devant elle. Pourtant, le plateau qui était étalé sur le sol et les débris de porcelaine qui jonchaient le parquet lui firent dire qu'elle ne rêvait pas.

Elvan était là, devant elle.

« Aina. »

Lorsque sa voix familière et rassurante prononça son nom, elle réalisa qu'elle retenait son souffle depuis déjà quelques secondes.

La situation dans laquelle elle se trouvait lui revint aussitôt et elle se précipita dans sa direction avant même de le réaliser. Elle traversa la petite distance qui la séparait de lui à toute allure et se jeta dans ses bras, comme poussée par une force invisible.

« Elvan... ! » s'écria-t-elle, avant de se trouver, à nouveau submergée par les larmes.

L'homme ne bougea pas, comme s'il n'était qu'une statue, mais elle ne s'en formalisa pas. Elle se pressa contre son torse rigide et abandonna toute retenue lorsqu'elle perçu les battements de son cœur et la chaleur de son corps.

Elle fondit en larmes contre lui, agrippant ses épaules et sa nuque comme une bouée de sauvetage en pleine mer.

« Aina... » murmura-t-il, visiblement troublé.

Elle sentit ses doigts se poser sur ses épaules, comme pour la repousser, mais elle ne bougea pas, réduisant encore un petit peu plus l'écart qui les séparait. Elle avait le visage enfoui dans le creux de son cou, pour lui cacher sa tristesse, même si cela était inutile, considérant qu'elle hoquetait comme une enfant.

Au bout d'un petit moment, elle sentit ses doigts se frayer un chemin dans ses cheveux et l'un de ses bras enserrer sa taille, avant qu'un léger soupire s'échappe de ses lèvres.

« Aina. » l'appela-t-il à nouveau, avec plus de douceur.

A travers ses yeux troublés, elle aperçut les morceaux de vaisselle sur le sol, mais elle n'en avait que faire. Elle avait eu peur... Si peur qu'elle avait cru s'évanouir.

« Je – » balbutia-t-elle avant de se mettre à tousser. « Je ne te trouvais pas... »

Elle recouvra un petit peu de calme en entendant les battements de cœur d'Elvan et se laissa bercer délicatement par les petits vas et vient de sa paume dans ses cheveux.

La peur qui lui tordait le ventre avait disparue et elle ne ressentait plus que de la fatigue et du soulagement.

« J'étais dans le jardin. »

Le jardin... Elle n'y avait même pas pensée.

Elle se sentait un petit peu sotte après tout cela.

La main d'Elvan glissa sur la sienne et il la repoussa doucement, relevant son menton de l'autre pour observer un peu mieux son visage. Il eut l'air particulièrement surpris de la découvrir toute humidifiée par les larmes, probablement parce que cela ne ressemblait pas du tout à la jeune femme qu'il connaissait.

« Tu – Tu trembles ? »

Elle glissa les yeux sur ses mains.

Cela était vrai. Elle frissonnait de manière incontrôlable. Cela était probablement le contre coup de la terreur qu'elle avait ressenti plus tôt.

« J'ai eu si peur. » confessa-t-elle, les yeux fuyants.

Il y eut un léger silence.

« Peur de quoi ? »

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