Sérieux ennuis

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Le printemps était une saison magique au Japon. Les pétales de fleur de cerisier tombaient sur les routes, offrant une danse légère, éphémère mais apaisante pour le cœur, tandis que l'on foulait ce fin tapis rose pâle recouvrant l'asphalte. Le ciel n'était pas d'un bleu éclatant, pur comme en Grèce en cette même saison, et le vent frais obligeait à garder une veste sur les épaules. Cependant, comme partout en cette période de l'année, la vie reprenait. Les écoliers couraient dans les rues, les salariés marchaient eux aussi à vive allure pour ne pas rater leur train, quelques touristes s'aventuraient hors des sentiers battus, la joie et l'insouciance régnaient en maitresses.

Seiya avait eu raison de rester un peu plus longtemps dans son pays d'origine. Là où vivait sa grande sœur. Sa première famille. Tous deux s'entendaient si bien, même après de longues années de séparation. C'était comme s'ils s'étaient quittés à peine quelques jours. Même si Seika était entrée au lycée, qu'elle travaillait à mi temps dans l'orphelinat qui les avait recueillis. Elle n'avait pas changé tant que ça. Juste un peu plus grande, ses cheveux un peu plus indomptables quand le vent soufflait, mais la même gentillesse, la même bienveillance et le même regard brun chocolaté constellé que le chevalier Pégase. Et la même malice quand tous deux riaient.

Actuellement, ils vivaient au bord de la plage, dans un petit appartement sur la baie de Yokohama. Entourés de soleil matin et soir, le bruit des vagues apaisant et les voix des gens dans la rue comme musique naturelle. Un cocon modeste pour un frère et une sœur qui ne demandaient pas de palace pour être heureux.

Au Japon, Seiya avait sa famille, et en Grèce, ses amis, ses ainés. Il ne se sentait pas dépaysé. Les deux pays se partageaient entre tradition et modernité, et il connaissait ici et là bas des personnes chères à qui il pouvait confier sa vie et pour qui il la donnerait sans hésiter, en cas de menace.

Cependant, pour le moment, il ne pensait pas du tout à son rôle de chevalier d'Athéna. Un danger pouvait surgir sans crier gare, et il serait prêt à protéger Seika. Il avait développé de bons réflexes lors de son entrainement au Sanctuaire et n'était jamais du genre à abandonner un affrontement.

D'ailleurs, chaque matin, sur la plage, il se maintenait en forme, jusqu'au lever du soleil. Et dès que l'astre plus orange s'apprêtait à descendre sur l'horizon, assis entailleur sur le mur qui séparait l'orphelinat de la rue, il menait un autre combat. Des feuilles et des cahiers éparpillés sur les briques, prêts à s'envoler au moindre courant d'air, un stylo dans la main, un autre en équilibre entre sa lèvre et son nez et la tête embrouillée de caractères japonais à retenir.

''Je veux bien que tu restes avec moi, petit frère, mais tu dois aussi te débrouiller au Japon. Donc, tu dois savoir lire parfaitement les kanji.''

Seika, derrière son visage d'ange, était impitoyable. Elle lui avait acheté des cahiers d'écriture et lui avait donné ses anciens cours du collège. De japonais, de mathématiques et d'histoire. Une fois par semaine, il avait même droit à une évaluation. Et leur lien de famille n'influait en rien sur les notes qu'il obtenait. Dans ces moments là, Seiya voyait en sa sœur Marin, son maitre intransigeante. Parfois, il se demandait si elles n'étaient pas sœurs jumelles ou bien une seule et même personne. Non. Seika, elle, ne l'obligerait jamais à faire des tractions dans le vide, tête en bas, toute une nuit. Quel traumatisme, à l'époque où il n'était qu'un tout petit garçon...

Le jeune homme frissonna en repensant à ces moments terribles, désormais révolus. Son problème actuel étant de trouver le bon caractère correspondant à cette lecture mais ils se ressemblaient tous!

La sonnerie de fin de journée retentit, sauvant le chevalier de ce piège vicieux. Une vingtaine d'enfants sortirent dans la cour, prenant d'assaut balançoire, bac à sable, ballons en criant leur joie d'être enfin libérés des leçons. Ils étaient suivis, plus calmes, de Seika et une autre fille aux cheveux plus sombres retenus en deux petites couettes: Miho, une orpheline que Seiya connaissait depuis toujours. De son âge, et qui accompagnait les futurs chevaliers de Bronze à l'époque dans leurs bêtises.

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