Chapitre 9: Détermination

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Odessa

Après avoir passé un autre tunnel et deux rues, Mars met sa carte sur le détecteur d'une nouvelle structure noire. Deux portes coulissantes comme celles d'un ascenseur s'ouvrent sur des coups de feu, me faisant sursauter et reculer sous les rires de Mars et d'une femme derrière la porte. Mars me dit:
-Tu recules pas, tu te jettes sur le côté idiote.

La femme continue de glousser et il entre en lui parlant. Je le suis en passant les portes en métal. L'intérieur est comme une cabine dont la porte en métal entrouverte laisse échapper les bruits de coups de feu. La femme la ferme et dit à Mars:
-Bon, tu connais le chemin. Tu vas lui montrer ou...

Mars répond:
-Je gère.

Elle rétorque:
-Ne la malmène pas trop. Bonne chance ma jolie.

Je dis doucement:
-Merci.

À un moment, Mars ressort d'une autre pièce où il est allé avec une mallette et dans ma tête je revois le pauvre homme saignant et le tapis sanglant. Je me réveille quand le bruit des balles reprend au moment où Mars ouvre la porte.
Quand on entre, l'homme le plus proche baisse son arme, sûrement dirigée vers une cible située de l'autre côté de sa cabine de tir. Il fait signe à Mars qui hoche la tête et la série de salutation continue tout en me rendant anxieuse. Mars a fait signe à une tonne de types qui m'ont lorgné aussi quand on atteint enfin le fond. Une fois moins regardée, je respire à nouveau et me rends compte que je me suis un peu habituée aux coups de feu.

Parce qu'on est éloignés des autres et grâce à sa voix grave j'entends assez bien Mars me dire:
-On n'est pas à l'école des lopettes donc oublie les casques antibruit!

J'ai bien vu ça, ou plutôt entendu. Il ouvre sa mallette à jouets et me montre un glock en expliquant:
-Alors ça c...

-Je sais, c'est un glock 17!

En reconnaissant la poignée, j'ajoute:
-9ème génération, je crois! Il est sorti il y a un moment!

Il continue de froncer les sourcils et je souris presque de fierté en expliquant la raison beaucoup moins joyeuse pour laquelle je m'y connais. Je lui crie:
-Mon père d'accueil nous a tous appris à tirer pour qu'on devienne ses chiens de garde...même si les armes sont interdites ici!

Les lèvres trop sensuelles de Mars s'étirent doucement et il répond:
-Il date, mais c'est le plus fiable des dernières générations! Il t'a pas appris ça?!

-Je me suis pas vraiment renseignée après!

Il me tend le pistolet en disant:
-Maintenant, montre-moi!

Je mets les lunettes, prends le pistolet et le vois rire. Je me retiens de sourire et réponds:
-On sait jamais!

Il me crie:
-Quand t'auras besoin d'utiliser ton flingue pour de vrai, il n'y aura pas de lunettes!

Je soupire et il ajoute:
-Tu veux un casque aussi?! Je suis sûr qu'on peut t'en trouver un!

Je regarde l'arme dans ma main. Ça fait un moment. Je vérifie qu'il y ait la sécurité, la soupèse et bouge ma main en la tenant. Je m'entraîne à viser puis enlève la sécurité et tire sur la cible plate. Le léger recul que j'avais oublié m'a fait foirer. Je stabilise ma main, vise et tire. Huit points, le cercle le plus à l'extérieur de la cible. Au moins, ce n'est pas en dehors. Mars commente derrière moi:
-Ça pourrait être pire! Mais avec la précision que t'as, t'es pas prête d'avoir une garantie de survie! Tu vas devoir t'entraîner jusqu'à ce que ton bras te fasse mal!

Je le regarde en fronçant les sourcils. Il crie:
-Je suis sérieux! Tourne-toi et continue! Une main!

Il ne rigolait pas. Des minutes après, je baisse mon bras douloureux, mais il hurle:
-Continue!

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