Odessa
Ça fait plus d'une nouvelle semaine en prison. Je croyais que je n'arriverais jamais à nettoyer l'appartement, mais Mars a appelé des gens qui ont tout nettoyé. Encore plus que le sang, mais j'ai dû dire au revoir à mon canapé. Heureusement, j'ai eu l'identique. Mars faisait comme si de rien n'était, mais parfois je le surprenais à me surveiller encore plus, avec ses regards qui me suivaient. Aussi, il m'approchait toujours quand j'étais proche des couteaux, en me regardant sans gêne comme s'il s'attendait à ce que j'en prenne un. Il a fini par se calmer et même parfois s'endormir avant moi et surtout sans son arme. Le fait qu'il dorme avec me terrifiait au point que j'avais peur d'aller aux toilettes.
Il a aussi failli ne pas me laisser nettoyer sa blessure, mais vu que j'ai un stupide cœur j'ai insisté pour le faire. Il était prêt à laisser sa plaie pourrir...ou appeler Kira. Non, pourrir, j'en suis sûre. Je regarde ma fesse dans le miroir de la salle de bain. C'est parti. Tout est parti maintenant, je ne suis plus marquée. Le gel cicatrisant venant de sortir, que j'ai acheté avec la carte de crédit que Mars m'a donné est vraiment magique. Je commençais déjà à guérir naturellement, mais en trois jours ça a tout refermé et aplati les cicatrices se formant en plus de restaurer la peau. Pas étonnant que ça coûte aussi cher. C'est Mars et Sirius qui paient pour ce qu'ils ont fait.
Je ne sais pas pourquoi Mars ne l'utilise pas pour sa blessure ou Kira ne lui en a pas donné. C'est peut-être une de ces personnes qui préfèrent les choses naturelles. Je ne le vois pas trop dans ce délire pourtant. Je n'ose pas demander parce que ça voudrait dire lui parler, en plus du fait qu'il devinera que j'ai utilisé la carte pour acheter mon gel. Merde, il le saura quand il vérifiera. Oh putain, ok détends-toi. Il ne va pas te tuer pour ça, il ne m'a pas tuée pour l'avoir littéralement poignardé dans le dos, du gel c'est rien. Si ça ne devient pas la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Je vais dans la cuisine et sors les Paris-Brest du frigo. Je les avais faits hier soir pour vérifier que je n'étais pas rouillée avec cette recette, avant de la refaire pour le client de demain matin. Je finis de goûter un des gâteaux sans substance, mais je me salis mes doigts. Bien sûr, je me laisse aller à ma mauvaise habitude de quand il n'y a personne. Je lèche mon doigt avec le bout de ma langue puis y mets mes lèvres pour sucer mon doigt sucré puis l'autre. Je trouve ça beaucoup trop bien. Je m'immobilise à cause de ce que je remarque du coin de l'œil. Mars que je pensais sur son téléphone est en train de me regarder. Malgré mon cri intérieur me disant de ne pas le faire, je tourne la tête.
Nos regards se croisent et l'intensité du sien fait accélérer mon cœur et mon intimité se réchauffe. Pitié non. Je tourne la tête en respirant à peine. J'aimerais qu'il m'ait trouvée ridicule ou dégoutante, pas excitante. Il doit vraiment être en manque, oui. Je veux dire à part pour des courses, je crois, je ne l'ai pas vu sortir. À chaque fois, il n'oublie pas de me menacer. Il a vraiment besoin de s'envoyer en l'air, mais ça ne sera pas avec moi. Je tente de me calmer pendant qu'il rit avant de me dire:
-Je me demande vraiment si t'aimes autant d'autres choses crémeuses.
Je réponds dégoûtée:
-Je fais pas ç...
Je m'arrête honteuse et je l'entends dire:
-Hmmm? Tu suces pas? Ça a l'air triste.
Je réponds piquée:
-C'est pas ton problème.
Il rit puis dit:
-Bref, je dois y aller un moment. Mais je peux pas te laisser seule aussi longtemps, vu que t'agis comme si t'avais la rage. Tu pourrais faire n'importe quoi. Donc je vais devoir faire du babysitting. Mais comme tu l'as sûrement compris, je suis pas gentil. Donc t'as intérêt à me suivre et la fermer. Compris?
Je ne réponds pas et il répète plus durement:
-Compris?
-Oui
Après un passage dans les ascenseurs, on atteint des étages inhabituels, car tout devient obscur. On finit dans un endroit géant éclairé par de nombreuses lumières vraiment superficielles au plafond très haut. Il est aussi noir, comme tout ici à différents degrés. Il y a une odeur âcre et un silence pesant.
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𝐌𝐀𝐑𝐒
RomanceOdessa, 22 ans, vend du plaisir corrompu pour subvenir à ses besoins. Habitante de la cité d'Elys, isolée au milieu du désert américain à la fin du 21ème siècle, elle survit en faisant des pâtisseries infusées de drogues. Mais sa routine illicite ex...
