Chapitre 39: Résilience

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Odessa

Dans la douche, le sang m'ayant éclaboussée coule tandis que je fixe le vide. Je n'arrive même plus à pleurer. Il était là et d'un coup il est juste devenu...il est parti. Son sourire, son regard vif , ce qu'il aurait pu devenir. Ce qu'on aurait pu devenir? Maintenant que c'est parti, j'y pense. Peut-être que c'est comme cette réaction bizarre quand un enfant qui se fichait de son jouet le veut à nouveau, quand il voit quelqu'un d'autre jouer avec. Je veux ça maintenant que la mort me l'a pris. La fin de ce foutu livre qui m'avait dérangée me revient. Peut-être que la fichue fin alternative que j'ai imaginée pour me consoler ne vaut rien. Il n'y a pas de belles fins.

Plus tard, après avoir passé 10 minutes à fixer le tissu de la couette sur mon lit, je vais dans le salon. Il n'est pas là. Je soupire de soulagement et vais me changer. Je retourne dans le jacuzzi du salon. Après un moment, pendant quelques secondes, mes pensées s'arrêtent. Je m'imagine en train de nager tout en bas. Dans les abysses, dans un monde de lumières qui crèvent l'obscurité en étant attachées à des créatures.

Malheureusement, je suis obligée de remonter et lève les yeux sur le plafond et ses moulures décorées avec de l'or. Je me tourne et me fige en voyant Mars. Il s'est changé et a ramené une chaise cette fois. Sous mon regard méprisant, il lève les yeux de son téléphone. Il se met debout et s'approche, donc je m'éloigne en nageant et m'assieds dans l'eau de l'autre côté. Il me dit:
-On était pas censés être là-bas.

Je le regarde à nouveau et réplique en colère:
-On a bien fini dans cet appartement, non? Donc je pense plutôt que c'est pas vrai. On devait les espionner ou un truc du genre avant que tes hommes les massacrent? Parce que les silencieux c'est définitivement vous.

-C'est vrai. Mais on ne devait vraiment pas être là. On a fait une erreur en choisissant cet endroit à la dernière minute, je sais toujours pas comment. J'ai essayé de changer ça avant qu'on quitte ton appart. Mais Sirius m'a dit que c'était trop tard, qu'on ne pouvait pas aller dans un hôtel. C'est trop dangereux et évident. On saurait où nous trouver si quelqu'un nous cherche. Venir ici était beaucoup plus sûr.

J'espère bien me tromper, mais, et si Sirius l'avait fait exprès? Pour que je revoie ce dont ils sont capables. Non, il n'aurait pas pu prévoir que je trouve la soirée, ou peut-être que si. Si je le dis à Mars, ça n'arrangera rien, au contraire. À moins qu'il soit cruel à ce point envers moi. Peut-être même qu'il est dans le coup. Il est pourtant venu me chercher, ça n'aurait pas vraiment de sens. Je secoue la tête et expire longuement avant de demander:
-C'était quoi tout ça hein? Qu'est-ce qu'ils ont bien pu vous faire putain?

Il soupire, puis répond:
-C'était une simple transaction. Ton futur copain en faisait partie.

J'ignore la pique pour répliquer:
-Quoi?

-Il n'est pas mort juste parce que tu m'as fait chier en allant là-bas. Je suis pas cinglé. Il est mort parce que sa mère a énervé un gars vraiment riche qui nous a payés pour lui rendre la monnaie de sa pièce. C'est pour ça que je voulais pas que tu lui parles.

-Non, ça t'arrange plutôt.

Il ignore ce que je viens de dire pour répondre calmement:
-Désolé d'avoir tout ruiné pour toi.

Je lui crache:
-Arrête tes mensonges.

Je contracte ma mâchoire puis dis plus calmement:
-On venait juste de se rencontrer de toute façon. C'est pas comme si on allait se marier...

Malgré tout ce que je me disais avant tout ça et mes réflexions sous la douche, penser ça m'aide un peu. Mars me dit:
-Arrête de jouer les dures, avec la façon dont vous vous êtes embrassés et comment il te regardait...

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