Odessa
Au bout d'un moment, je vais d'un endroit à l'autre du club dans des talons desquels je ne tombe pas par miracle. Je m'amuse à regarder un nouveau client qui n'arrête pas de me demander des verres plus chers que celui que me demandait celui que j'ai délaissé pour l'appât du gain. Je le ressers tandis qu'il a du mal à discuter avec ses amis tout aussi saouls que je ressers aussi. Avec son visage joufflu il me sourit comme un hamster ce qui me fait rire puis lui aussi.
Je m'arrête rapidement de rire en apercevant Mars et avant que je ne puisse me cacher ses yeux perçants se posent sur moi. Il va me tuer, à quoi je pensais? Il s'approche rapidement et je le rejoins en vitesse pour éviter de mettre les clients dans notre bordel. Oui, il a l'air énervé, mais au moins il n'est pas blessé. Même si ses phalanges sont un peu rouges et que je remarque une teinte de rose sur sa peau un peu hâlée. Mon inquiétude disparaît dans une fissure ouverte par son cri:
-Qu'est-ce que tu fous?!
Je tords mes lèvres mal à l'aise, plus à cause de lui que des gens nous regardant comme une mauvaise romance. Le plus naturellement possible, je réponds par-dessus la musique:
-J'aide!
Son air passif-agressif fait brûler ses iris anis et cognac, il me dit:
-Tu dois t'habiller comme une trainée pour aider?!
J'écarquille les yeux choquée et réplique:
-Oh! Déjà, il y a pire comme tenues et t'es vraiment du genre à sortir ça?! Toi?! T'en connais pourtant des "trainées"! Tu t'en tapais même une d'après ta définition! À moins que tu préfères les garder dans ton lit et seulement respecter les filles comme Jade! Enfin jusqu'à ce que...
Je lève un sourcil en grimaçant sarcastique. Il contracte sa mâchoire et je regrette ce que j'ai dit. Mais il demande:
-C'est Calypso?! C'est son genre, ces blagues de merde!
Je ne peux m'empêcher de dire hostilement:
-Elle a l'air drôle! Je me demande pourquoi tu ne l'aimes pas!
-Tu veux remettre ça?!
-Peut-être!
Derrière-moi, mon client hurle:
-Hey Cléopâtre, reviens!
En fait, je crois que je le déteste. Ce bouffon n'a clairement jamais vu d'Égyptienne et encore moins Cléopâtre. Mars avance sûrement pour lui faire passer un sale quart d'heure, mais je bouge et le retiens. En cherchant son regard, je lui dis:
-Il est juste saoul Mars! Et nul en géographie!
Il me regarde et sourit à mon soulagement. Je demande:
-On peut y aller?!
-Attends! Où t'as mis ton flingue?!
Je tire sur l'élastique de ma mini-jupe pour lui montrer mon pistolet. Il réplique:
-J'espère pour toi que t'as toujours la sécurité là aussi!
Je souffle et il se dirige vers mon client. J'hésite à l'arrêter, mais il va lui parler. L'homme joufflu lui donne sa grande veste en riant et Mars lui fait signe. Il revient en me mettant le grand vêtement puant le parfum musqué dessus et je grimace. Avec un sourire malicieux, Mars me demande:
-Tu préfères refaire la soirée des gens de ton étage?! Emmet?! Il serait très content!
Je grogne en plissant les yeux et mets la veste que je ferme. Je suis sur le point de m'étouffer au parfum dont le prix doit être un crime. Plus tard dans l'ascenseur, Mars me demande:
-Son parfum t'assomme ou t'es toujours fâchée? Tu parles pas.
En fait, je suis perdue dans mes questionnements sur pourquoi il n'aime pas Calypso après au moins 3 ans. Je mens à moitié:
-Je suis juste fatiguée.
Il soupire, sûrement pas convaincu, mais me laisse tranquille. Une fois rentrés quand je rejoins Mars au lit après une douche calmante il pose son téléphone et me tire sur lui. Je ne peux m'empêcher de refléter son sourire en m'asseyant sur lui. Il prend un air plus sérieux pour me demander:
-Pourquoi tu me parlais pas? Je suis désolé de t'avoir traitée de trainée. J'étais en colère, enfin jaloux, oui. T'as pas vu comment ils te regardaient.
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𝐌𝐀𝐑𝐒
RomanceOdessa, 22 ans, vend du plaisir corrompu pour subvenir à ses besoins. Habitante de la cité d'Elys, isolée au milieu du désert américain à la fin du 21ème siècle, elle survit en faisant des pâtisseries infusées de drogues. Mais sa routine illicite ex...
