Odessa
Mars et Sirius ont disparu et je me retrouve avec Olan et Leylani. Je respire longuement et Leylani me dit:
-Meuf c'est pas que je t'aime pas, mais j'ai un tas de dossiers dont je dois m'occuper. On ne fait pas que frapper des gens ici.
Je souris et Olan me regarde avec ses yeux noirs rieurs, puis il me dit avec un sourire:
-Je te ramène, ok?
Je hoche la tête et le suit. Sur le chemin puis dans les ascenseurs, Olan m'a parlé d'un tas d'animes. J'étais surprise qu'il aime ça et pendant un moment il a fait semblant d'être vexé par ça, pour me faire chier. Quand on arrive, j'ouvre la porte de l'appart heureusement dans un de ses moments où il est bien rangé. Olan reste en retrait et me dit:
-Je vais te laisser.
Je ne sais pas pourquoi, mais je lui demande:
-Tu dois aider Leylani?
Ses yeux fins se plissent avec son rire les faisant briller. Il répond:
-Oh non, j'ai mon propre travail. Elle peut se débrouiller.
Je continue:
-Tu peux pas rester?
Il semble y réfléchir et ma parano me fait regretter mes paroles. J'ajoute au cas où:
-Euh, c'est pas pour...
Son rire grave retentit et il me dit:
-Je sais.
-Désolé.
-Le sois pas, tu veux pas attendre seule.
Je hausse les épaules et dis:
-Je sais pas je...je ne sais pas ce qu'il va m'arriver s'ils meurent.
Tu seras libre, pauvre idiote. Je répète:
-Je sais pas...
Olan me sourit avec de la douceur dans son regard, puis me demande:
-T'as une console de réalité augmentée?
Je le fais entrer en répondant:
-Oui, mais je l'ai pas utilisée depuis un moment.
Il me suit en disant:
-Que ce soit le cas ou pas, je vais t'écraser au lancer de pierres.
Je rigole à l'idée. Je n'ai pas joué à ce jeu basique, mais sanglant depuis un moment, vu que c'est un "un versus un" plus drôle avec les gens qu'on connaît. Mais bon, je vais me défendre.
Des minutes plus tard, Olan m'a tuée avec des pierres plusieurs fois dans le monde virtuel. Maintenant sous la lumière presque inexistante du mode "cinéma" de mon éclairage, on regarde un film qui passait à la télé. Un vieux film. Je commence à fatiguer quand le bateau se met enfin à couler. Je regarde Olan parce qu'il tente de retenir son rire. Est-ce qu'il rit à cause des gens qui meurent au milieu des cris? Comme je l'ai fait la première fois que j'ai vu ce film. Ça me fait me sentir un peu plus normale. Il me regarde aussi et je demande:
-Quoi?
Il me dit avec un air malicieux:
-T'as l'air gavée, on peut regarder autre chose si tu v...
On se tourne en entendant les clés et la porte s'ouvre sur Mars qui a un gros manteau. Quand il a refermé la porte, Mars l'enlève comme s'il était en feu. Il est torse nu avec des bandages aux deux bras à différents endroits et des marques qui deviendront des bleus. Elles ont l'air d'être des impacts de balles qui ont été stoppées par son gilet. Les gens qui l'ont fait ont dû tirer de près. On se croirait dans un film d'action. En voyant ses marques qui auraient pu être pires, je me mords quand même la lèvre avec l'impression que mon estomac se tord. Olan s'approche de Mars en disant:
-Putain Mars.
Ce dernier fronce les sourcils et demandes confus:
-Qu'est-ce que tu fous là?
Olan explique:
-Je restais avec elle, elle n'était pas bien.
Mars réplique pas convaincu:
-Ouais bien sûr.
Il ne m'a même pas lancé un regard alors que je suis juste dans son champ de vision. Je fronce les sourcils tandis qu'Olan s'approche plus, mais Mars le menace:
-Olan, recule ou je vais te frapper. J'ai pas besoin d'aide, t'es pas ma mère.
Olan dont je vois le sourire de profil répond:
-En tout cas, je suis vraiment content que tu sois en vie mec.
Mars dont le visage est intact esquisse un de ses sourires naturellement espiègles avant de dire:
-Moi aussi je suis content qu'ils m'aient pas buté.
Olan répond:
-Ok, si ça va je vais y aller. D'accord?
Mars répète:
-D'accord.
Olan m'approche sous le regard de Mars qui s'est souvenu de mon existence. Je rends son sourire à Olan qui lève son poing et je tape le mien contre le sien. Il me dit:
-Bye Odessa.
Je réponds:
-Bye!
Je vais fermer à clé la porte que je n'avais pas pensé à ouvrir à Olan dans mon état toujours secoué. Je me tourne sur Mars en train de boire du jus d'ananas, carrément à la bouteille. Je ne suis même pas en colère. Je lui dis:
-T'es revenu.
Il pose la brique de jus puis me regarde avec un léger sourire moqueur relevant sa pommette saillante. Il réplique:
-C'est dommage hein?
-Qu'est-ce que tu veux dire? Je veux pas que tu meures.
-C'est pas faute d'avoir essayé.
Pourquoi je ne souhaite pas sa mort? Ça devrait être le contraire. Je me défends:
-J'avais peur.
-T'as plus peur?
-Si, des fois.
Il boit à nouveau, je me demande s'il a mal aux bras. Il me dit:
-C'est bien, la peur te gardera en vie. Je parie que t'aimerais qu'Olan te surveille à ma place.
Je retiens un sourire en disant:
-Il est déjà plus gentil.
-Il te baiserait sûrement plus gentiment aussi, t'aimerais ça?
J'ai l'impression que mon estomac fait un bond et je réponds:
-J'ai pas envie de mentionner ce qu'il s'est passé.
Mars me fixe avec son regard vivide hypnotisant tout en répliquant:
-Tu veux pas en parler, mais dès que je te touche tu craques.
Honteuse, je lui dis:
-Oui et je vais arrêter parce que je suis pas un objet sexuel.
Mars émet son rire grave plissant ses yeux en amande. Il me répond:
-Qui a dit que t'en étais un?
-À chaque fois qu'on fait l'amour, quand c'est fini tu te contentes de faire comme si ça avait été une illusion.
-Qu'est-ce que tu veux que je fasse? Sortir avec toi? Toi et moi on fait pas l'amour Odessa, on a baisé et c'est tout.
Je cache ma blessure intérieure qui brûle pour dire:
-Oui, t'as raison.
Je dois me souvenir de qui je suis. Tout ça ne me ressemble pas, je ne peux plus l'approcher.
VOUS LISEZ
𝐌𝐀𝐑𝐒
RomantizmOdessa, 22 ans, vend du plaisir corrompu pour subvenir à ses besoins. Habitante de la cité d'Elys, isolée au milieu du désert américain à la fin du 21ème siècle, elle survit en faisant des pâtisseries infusées de drogues. Mais sa routine illicite ex...
