Odessa
Ça fait des jours que j'ai tué tous ces gens et j'ai fini par craquer. J'ai acheté du gel pour ma blessure. Je voulais faire comme Mars, garder les marques, les laisser guérir lentement pour ne pas oublier. Malheureusement, je suis faible. J'aurais aimé que le gel ne marche pas aussi bien. Les marques ont totalement disparu, même si je n'ai pas mis le gel durant tout le nombre de jours indiqué. J'espérais garder quelques cicatrices. Je ne sais même pas à quoi ça m'aurait avancé d'avoir une marque restante sur la peau pour me rappeler ce que j'ai fais, ça aurait été comme tricher vu que j'ai soigné le reste. Essayer de payer pour un ticket vers la rédemption.
Je ne sais pas, je dérive. Pour ne rien arranger, je me sens plus aussi coupable, ça me bouffe moins. Ça ne devrait pas être aussi simple. Même Mars est devenu plus gentil et donc bizarrement toutes les fois où on s'est disputés, ça a commencé parce que je le cherchais. De façon folle, ce n'est même pas parce qu'il m'a encore "marquée", mais parce que j'ai dû tuer pour eux. Pourtant ça se calme, parce que je suis une ordure.
Sur le lit, je m'arrête d'éviter de regarder Mars maintenant que du tissu recouvre son corps distrayant. Il est entré torse nu en jean et non pas en serviette, donc je suis resté. J'ai aperçu son sourire amusé et effectivement connaissant nos antécédents c'est pas très malin. Il vient de se doucher et au lieu de porter un de ses semblants de pyjamas, il s'est habillé différemment. Si Sirius l'avait appelé, il aurait tout simplement gardé les vêtements d'avant, mais non. Il porte une légère chemise à manches courtes zébrée, où le noir et le blanc ont en même temps l'air liquide. Elle est ouverte sur un débardeur blanc. D'habitude quand il porte des choses aussi élaborées c'est qu'il sort, en soirée. Mais personne ne m'a parlé de "mission". Je demande trop curieuse:
-Tu vas où comme ça?
Il étire un peu ses lèvres charnues et tout en mettant ses bagues, il me répond:
-Tu m'aboies plus dessus là? C'est bizarre.
-Tu vas vraiment faire comme si j'étais celle qui te tient en otage?
-Personne ne te tient en otage. T'es libre d'aller et venir.
Je souffle et rétorque:
-Non, mais allez, j'ai pas été si horrible que ça dernièrement...
Il sourit et me dit:
-C'est vrai, ça a un peu baissé. On a eu pire.
Je soupire puis demande:
-Donc tu vas où?
-Tu vas être surprise, mais j'ai une vie sociale.
-Tu vas faire la fête?
Il répond à mon air moqueur en levant un sourcil ennuyé puis il me dit:
-Leylani a organisé un truc géant chez l'un de ses copains.
-Ses copains?
-Ouais.
Je hoche la tête puis conclus:
-Ok...
Mars étire lentement ses lèvres charnues en plissant ses yeux verts aux paillettes marron. Il répond:
-Me dis pas que tu veux venir.
Malgré le fait qu'il m'ait eu, mon intérieur se recroqueville quand je repense à ma dernière soirée. J'ai des frissons en revoyant la chambre aux sacs devenue sanglante. Je dis à Mars:
-Non, non. Je suis pas vraiment soirée, à part vos missions bizarres qui partent toujours en couilles de toutes les façons.
-Est-ce que t'es déjà allée à au moins une soirée, avant qu'on aille à une de nos "missions bizarres"?
-Oui, une. Ça a été suffisant. Je suis restée sur mon téléphone.
Son nez relevé accentue le rire moqueur étirant ses lèvres voluptueuses. Il me répond:
-Putain tu niques bien l'ambiance.
-Ouais.
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𝐌𝐀𝐑𝐒
RomanceOdessa, 22 ans, vend du plaisir corrompu pour subvenir à ses besoins. Habitante de la cité d'Elys, isolée au milieu du désert américain à la fin du 21ème siècle, elle survit en faisant des pâtisseries infusées de drogues. Mais sa routine illicite ex...
