Chapitre 52: Patience

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Odessa

Je bois du jus au bar de la cuisine en repensant au visage de la femme blonde que j'ai vu il y a des semaines. Soudain, on attrape doucement mes seins puis cet idiot de Mars s'amuse à les secouer un peu. Tu parles d'un contraste avec mes pensées. Je ne peux quand même m'empêcher de sourire en le poussant. Je lui dis:
-T'es sérieux toi? T'as quel âge? 13 ans? On dirait que t'as jamais touché de seins.

-Pas comme les tiens.

Il dépose un baiser dans mon cou et je ris avant de me tourner sur ma chaise et lui répondre:
-Ils ne sont pas si impressionnants donc détends-toi.

-Ils sont super impressionnants, ok?

-Hmmm, t'essaies de me déshabiller hein?

Il rigole puis rétorque:
-Non, je te le dis parce que t'as besoin de t'en souvenir.

Je souris en répliquant:
-Merci Mr. Muscles.

Il s'esclaffe avant de me porter hors de ma chaise. Il me fait un bisou sur le nez et au milieu de mon sourire je me souviens de quelque chose et lui rappelle:
-Eh, la cuillère.

-T'es sûre de vouloir faire ça?

-Oui, t'as dit que tu me montrerais et t'as pas l'air d'avoir oublié.

Il grogne avant de dire:
-Je reviens.

Il réapparait avec une petite boîte qu'il ouvre sur le comptoir. En voyant les outils et le bois, je commente:
-J'ai cru que ça allait être un pistolet.

-Tu te prends pour une comique en plus?

Je souris et il ajoute:
-Dire que j'ai dû me taper les moqueries de Sirius juste pour aller te la chercher.

Je lui fais un bisou sur la joue, mais il attrape mes tresses et m'embrasse à pleine bouche ce qui me fait chauffer et me désoriente un peu pendant que je réponds à son baiser. Je finis par le lâcher pour me calmer en disant:
-Tu m'auras pas.

Il esquisse son sourire d'elfe espiègle puis répond:
-Sinon t'as quand même besoin de force pour faire ça. Je ne sais pas si t...

Je plisse les yeux ce qui le fait rire. Il baisse les chaises pour qu'on soit plus au niveau du comptoir et on commence. En me mettant un gant brun, il me dit:
-Déjà, mets ça.

Je demande:
-Et toi?

-Moi je sais ce que je fais.

Je réplique:
-Non, mets l'autre gant quand même.

Il soupire puis le fait. Il prend ensuite la forme en bois. Elle est grossièrement similaire à la cuillère dessinée dedans. Il m'explique:
-Ok, t'épluche des légumes et tout ça parfois, c'est similaire. Sauf que tu veux obtenir une forme en faisant ça tout en suivant le dessin sur chaque surface. Regarde.

Avec le petit couteau, il se met à "éplucher" le bois. Ça aurait presque l'air facile, mais je sens la tension dans ses mouvements et il y a la façon dont ses tendons bougent. Il répète:
-Comme un légume. Mais n'en enlève pas trop.

-Ok...

J'essaie, mais en enlève à peine avec tous mes efforts et c'est loin d'être aussi fluide qu'avec Mars malgré sa tension. Je finis d'éplucher mon deuxième copeau puis regarde Mars, il essaie de ne pas rire, mais ses pommettes hautes le trahissent. Je lui dis:
-Vas-y, rigole.

Il pouffe doucement puis se calme pour me conseiller:
-Vas-y plus fort, t'as un gant.

Je le fais, mais le copeau plus gros ne se détache pas complètement. Il m'encourage quand même:
-C'est bien, continue.

Je le fais puis au fur et à mesure corrige le placement de ma main. Ensuite, je change pour me mettre à tenir le couteau immobile afin de bouger le bout de bois contre la lame pour le couper. Ça marche plutôt bien. Je regarde Mars avec ses iris vert et brun qui brillent. Il me dit joyeusement:
-T'es forte, mais je pense que c'est bon. Avec cette technique, t'as tendance à enlever beaucoup de bois. Concentre-toi sur le bas. Tu dois l'arrondir, c'est un peu dur, mais tu peux y arriver.

Je hoche la tête et le fais comme je peux. À ma surprise, j'y arrive et Mars dit sur un ton étonnamment enthousiaste:
-Oui, c'est ça. Tu t'en sors très bien.

Je continue, mais coupe un gros morceau là où je n'aurais pas dû et grimace. Il me dit:
-C'est pas grave, on s'en occupera après. Tes mains te font mal?

Je secoue la tête et continue. Il est surprenamment patient pour quelqu'un qui n'avait aucune envie de le faire et qui était vraiment irritable au début de...nos échanges. C'est étrange. Mars m'indique:
-Essaie de créer une courbe entre l'ovale de la cuillère et le manche.

J'ai du mal à faire ça des deux côtés symétriquement donc j'abandonne. Mars me dit amusé:
-J'ai cru que t'allais continuer jusqu'à couper tout le bois.

Je ris malgré moi et il prend le morceau de bois taillé. Avec un outil ressemblant à une cuillère, il commence à "creuser" l'intérieur de l'ovale de la cuillère. Il indique:
-Tu creuses en gros. C'est plus dur que ça en a l'air.

J'en fais autant que je peux, mais contrôle à peine mes mouvements difficiles. Je rends l'outil à Mars en marmonnant:
-C'est bon.

-Non, tu peux le faire.

-Non, c'est...je sens que ça va mal tourner.

-Fais-le juste. Si tu te rates, tu te rates. On va juste recommencer.

-Ok.

Je le fais et avec le temps le trou chaotique que j'avais fait devient plus lisse et je souris sous les encouragements de Mars. Malheureusement, je glisse et fais un foutu creux grossier sur le côté du trou lisse. Je m'écrie:
-Non!

Il me prend l'espèce de cuillère puis prend le couteau et découpe une épaisseur faisant que le trou disparait. Il me sourit et je l'imite avant de l'embrasser. Ma langue caresse la sienne quand il m'arrête. Il me dit amusé:
-On doit finir.

-T'es tellement sérieux d'un coup.

-Hey, je le suis d'habitude.

On rigole et il me tend le papier de verre. Je lui dis:
-Non, c'est mieux si tu le fais.

-Flemmarde.

Je rigole puis le regarde faire de façon rapide avec son air concentré. Il commente:
-Ça va être chiant à nettoyer.

-On va survivre.

Il rit et finit avant de brosser la cuillère. Il prend ensuite la bouteille de liquide clair de la boîte et me la donne en demandant:
-Tu peux mettre l'huile, non? Je sais que tu t'y connais, tu regardes un tas de trucs dessus pas vrai?

Son regard me fait à la fois sourire et met mon visage en feu à l'idée de souvenirs sulfureux. Je prends la bouteille en plastique et demande:
-Avec mes doigts?

-Si tu veux, si ça te fait pas peur.

Je souffle et m'y mets avant de demander:
-C'est bon?

-Oui, on en remettra après, mais on a fini. Mes félicitations t'as fait une cuillère.

Je regarde le simple outil en bois et mon cœur se gonfle de satisfaction avant que je ne me mette à rire doucement. Il m'embrasse avant de me dire:
-T'as du talent.

Je réponds souriante:
-Et t'es plus patient et gentil que je l'aurais cru quand tu veux. C'est bizarre.

-Pff, on doit nettoyer.

Je l'imite en disant avec une voix grave:
-On doit nettoyer.

Je fuis la lueur d'agacement dans son regard en courant, mais il m'attrape et me soulève en disant:
-Tu crois aller loin dans ta boîte d'allumettes d'appart?

Je rigole et il me mord la lèvre ce qui me fait crier un peu. Je me plains:
-C'est une agression!

-Non, t'aimes vraiment ça avoue le.

-T'es vraiment suspect.

Il me dépose en riant et commence à nettoyer donc je vais l'aider.

𝐌𝐀𝐑𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant