Chapitre 63: Réceptivité

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Odessa

C'est la fin du lendemain de ma dispute avec Mars sur le maire et j'ai encore du mal à croire qu'on est venus ici. Mais on est bien à l'hôpital et on a atteint la chambre après que Mars ait presque insulté le personnel en refusant de leur donner un nom et son ID. Juste par défi et parce qu'il était déjà à cran je pense, il a refusé de montrer sa fausse identité. Heureusement, Iris est arrivée cette fois dans un tailleur jupe crème contrastant avec nos tenues décontractées comme celle qu'elle avait l'autre jour.

Mais avant qu'elle ne dise même un mot, Mars l'a menacé rapidement pour qu'elle ne parle pas de son prénom à ma déception. Il lui a aussi "conseillé" de transmettre l'information à son père.
C'est tellement décevant, mais j'essaie d'étouffer la colère que ça créée en moi. Il me le dira un jour. On passe un long chemin et un passage par une zone plus sécurisée. Heureusement Iris nous a évité la fouille sinon j'imagine pas avec Mars, moi aussi j'aurais des problèmes d'ailleurs. Après être allée parler à son père, Iris revient dans le couloir. Elle nous fait entrer dans une chambre spacieuse à trois portes, donc d'autres pièces. "Digne du maire", je suppose.

Je survole les murs blancs du regard et le mobilier moderne aux formes douces. Comme un vase blanc à lys avec une forme de larme, des chaises ressemblant à un papier plié poli et des fauteuils rembourrés me faisant penser à des marshmallows. Mais surtout, il y a le grand lit avalant un corps frêle. Iris l'approche et dit avec douceur:
-Papa, ils sont là.

Elle nous fait signe d'approcher et mes yeux s'écarquillent. Le maire était d'habitude bien conservé pour son âge qui approchait la retraite, je crois. Il a maintenant les joues et les yeux creux, l'air beaucoup plus âgé et son teint hâlé d'habitude éclatant est devenu plus fade. Il se relève un peu, mais ne s'assied pas complètement. Il se tourne vers nous et ses yeux en amandes maintenant globuleux s'écarquillent comme s'il venait de voir un fantôme. Avec une voix affaiblie par la détérioration de son corps, il laisse échapper:
-Oh mon Dieu...tu es, tu es comme elle.

On dirait qu'il a aussi un peu perdu de son éloquence, pourtant ce n'est pas dans les effets notés. Ça doit être la fatigue. Mars dit ennuyé:
-Je suis pas blond et mes yeux ne sont pas bleus, raté.

Iris s'exclame:
-Ares!

-Toi tu la ferme.

-Tu agis vraiment comme ça en face de lui?

Je dis:
-Je devrais peut-être vous laisser.

Mars attrape ma main en disant:
-Non, reste. Je...reste.

C'était discret, mais j'ai senti le besoin de soutien dans sa voix. Je réponds:
-Ok.

Le maire demande:
-Pourquoi on doit t'appeler Ares?

Mars réplique sèchement:
-Parce que c'est comme ça que j'aime être appelé.

Le maire étire ses lèvres puis rétorque:
-Tu es vraiment plein de caractère. J'étais comme ça à une époque. Mais trop dur. Je le regrette.

-Qu'est-ce qui vous dit que je le suis pas?

-Non, tu es meilleur que moi j'en suis sûr. Tu es comme elle, comme Harper.

Mars ricane puis demande moqueur:
-Qu'est-ce qu'elle était pour vous? L'employée que vous avez promue? La sugar baby ou...

Je lui crie presque:
-Ares, arrête. Tu sais pas ce que tu dis.

Il se tourne vers moi et Iris puis nous carbonise du regard en grondant:
-Vous deux vous la fermez. Je parle avec lui, ok? Je suis venu pour ça pas pour vos interruptions.

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