Chapitre 41: Acceptation

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Odessa

C'est le matin après la première nuit que j'ai pu passer avec Mars. Je peux me réveiller contre son corps. J'ai un peu des frissons en le sentant me serrer contre lui quand je bouge. Je le regarde. La lumière du soleil passant en partie par la baie vitrée à moitié couverte par les stores éclaire son visage. Ses yeux sont fermés. Il a un air plus calme endormi, il ressemble à une peinture classique. Ça fait tellement bizarre pour moi de me réveiller dans les bras de quelqu'un. C'est confortable et rassurant. Je ne me souviens pas vraiment de m'être sentie vraiment rassurée depuis qu'elle me tenait contre elle dans cet endroit horrible.

Enfin après il y a bien eu la gentille dame blonde dont j'ai oublié le visage, mais je me souviens plus clairement qu'elle m'a abandonnée. Je serre Mars. Est-ce qu'il va faire ça? Me laisser tomber. Je lève à nouveau la tête et son regard coloré est sur moi. Je souris et il me tire sur lui. Il caresse ma peau et je lève ma tête que je couche ensuite un peu sur le côté pour l'observer. Il a l'air pensif en me regardant. Je lui demande:
-À quoi tu penses?

-Je...je sais pas.

-Tu mens. Tu m'avais dit que tu mentais pas.

Je sens sa poitrine bouger quand il soupire. Il hésite puis me dit:
-Je me disais juste que maintenant je peux lâcher prise. Prendre le risque.

Je dépose un baiser sur sa poitrine puis réponds:
-Je connais ça.

On se regarde un moment et je me demande un peu ce qu'il peut cacher derrière ce regard. Il finit par dire:
-Tu sais...je suis désolé pour toutes les fois où je t'ai fait du mal. Je t'ai fait saigner. Ça me fait me sentir comme une merde d'y penser. En colère et dégoûté aussi. Pourtant je l'ai fait. Je ne sais pas pourquoi tu ne me détestes pas.

Je garde le silence parce que je sais que la logique voudrait que ça soit comme ça. Il continue:
-Et les autres conneries. Je le savais quand je le faisais. Avant-hier dans l'ascenseur je voulais te blesser parce que j'avais mal. J'étais pas bien parce que j'avais trop de mal à savoir quoi faire avec mes sentiments depuis trop longtemps. Quand je t'ai vue avec ce gars, Halo...la façon dont vous vous êtes embrassés me tuait. Mais une partie de moi voulait que je te laisse tranquille et que je stoppe ce qui allait arriver. Parce que t'aurais pu être heureuse avec lui. Mais l'autre partie de moi n'a rien fait et était satisfaite qu'il soit mort.

Il expire longuement, puis reprend:
-Il y a aussi eu le casino où t'as embrassé ce type et Olan et ce que j'ai fait au Lava. Je suis vraiment un cas. Mais je t'ai eue dans la tête pendant tellement longtemps. Même si je savais que c'était pas bon pour toi. Peut-être pour moi aussi d'une façon, mais on est là. Je ne suis pas si bien que ça en fait.

Je le regarde inquiète et avec l'impression que mon estomac se tord, je demande:
-Tu veux vraiment partir du coup?

Il me mets bien au-dessus de lui et m'embrasse longuement avant de me dire:
-Je veux pas partir.

Malgré moi, je réponds hostilement:
-Tu vas sortir un truc du genre "mais je devrais le faire"?

Il me sourit avec ses lèvres charnues puis se contente de m'observer avec ses yeux verts tachés de marron. Il me dit doucement:
-Non, non...je pense pas pouvoir faire ça. Mais je suis désolé Odessa. Je veux plus te faire de mal.

Il m'embrasse à nouveau puis j'embrasse son cou et le lèche doucement. Il émet un:
-Putain.

Je rigole puis dis:
-Je savais que j'aurais dû essayer ça avant.

Il rigole puis me réponds:
-J'aime pas ça.

-Parce que t'aimes trop ça oui.

-Ça me rappelle deux personnes.

On rit et je recommence, mais il me fait tomber et se met au-dessus de moi avant de couper mes rires avec ses lèvres.

Beaucoup plus tard, je regarde une série à la télé. Mais je ne réussis plus trop à me concentrer parce que Mars est parti plutôt longtemps pour "acheter des trucs à manger". Je ne sais pas si je devrais m'inquiéter. Comme s'il m'avait entendu, la porte s'ouvre sur Mars. Je le rejoins et il est essoufflé. Il me dit:
-Ouais, désolé. J'ai dû...

-Pourquoi tu t'arrêtes? T'as tué quelqu'un? Tu peux me le dire.

Il se met à rire avec son regard vivide et son beau sourire. Il me répond:

-Pas du tout. Tu verras. Tu devrais t'habiller du genre femme fatale.

En levant les sourcils je grimace, confuse, ce qui le fait rigoler.

𝐌𝐀𝐑𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant