Odessa
Après notre séance de sculpture de bois, je m'apprête à jeter la poubelle quand Mars me dit:
-Je vais le faire.
-Non, c'est bon.
-Ok, ok Monsieur L'Homme.
Je glousse et réplique:
-Ok Monsieur Sexiste.
Dehors en rentrant du local poubelle je croise Emmet qui me lance en souriant:
-Salut!
-Salut, ça va? Je ne t'ai pas vu dernièrement.
-Je suis juste un peu occupé. J'ai eu un déplacement à New York. Désolé aussi, je ne t'ai rien dit ni envoyé de messages. Ça m'arrive d'oublier. Je suis plus appel, mais j'osais pas. J'aurais dû te le dire.
Ça sent le mensonge, mais je réponds:
-C'est pas grave. T'avances avec les personnages?
-Oui, on les a intégrés au jeu.
-C'est vraiment bien.
-Oui et euh...t'es avec ton...partenaire de jeu maintenant, hein? Je vous ai vu rentrer tous les deux , vous...je suis content que vous ayez fini par vraiment vous trouver.
Un autre mensonge qui me fend le cœur. En plus de ça, une partie de moi me crie que je dis "adieu" à la normalité. Je me reprends et rétorque:
-Oui, on s'est vraiment trouvés, merci.
-Ok, eh bien passe une bonne nuit.
-Toi aussi!
Je rentre en me sentant mal et me lave les mains. Mars m'approche et avec un air concerné adoucissant son regard vert et brun. Il me demande:
-Qu'est-ce qu'il s'est passé?
Son regard prend une teinte d'hostilité contre un potentiel coupable et je soupire. Je lui dis:
-Je pense que j'ai fait du mal à quelqu'un...encore, de façon différente.
Je revois le visage d'Olan tandis que Mars conclus pensif:
-Ton voisin...
Je hoche la tête et grimace, il m'embrasse avec une douceur me donnant des frissons. On va s'asseoir et je me mets sur lui. Il esquisse un sourire sulfureux, mais je garde mon calme et commence en caressant sa joue:
-Tu ne m'as toujours pas dit comment tu t'es mis à sculpter du bois en ces temps pleins d'appareils de réalité augmentée et de simulation.
Il rigole et dit:
-T'es une manipulatrice.
Je glousse et il poursuit:
-C'est vieux et je m'y suis remis juste parce que tu m'as fait chier. T'as vu je te dis des choses et tu m'en fais faire d'autres.
-Tu t'es pas amusé?
-Si...ça faisait un moment.
Je souris et il embrasse ma main l'air ailleurs avant de l'observer. Ensuite, il pose ses beaux yeux vivides sur moi. Il me raconte:
-À un moment pendant 6 mois quand j'avais 7 ans j'ai eu un grand-père. Adoptif. Et ce type était vraiment bien, le cliché du grand-père. Il était aussi riche, je crois, parce qu'il avait un grand balcon, avec tout un grand jardin et dans une cabane là-bas, il avait un tas d'outils. J'aimais beaucoup le regarder sculpter du bois et faire des objets. Il m'avait dit qu'un jour il m'apprendrait à le faire quand je serais plus vieux. Mais après il est mort et j'ai raté son enterrement parce qu'on m'a envoyé ailleurs juste avant. Parce que ma mère d'accueil a fait une dépression après la mort de son père. Elle ne pouvait plus s'occuper de nous et son mari ne foutait rien.
Il continue:
-On a quand même eu un peu de chance là-dessus, des fois ils peuvent continuer à nous négliger tant qu'ils ont leur chèque. Je me souviens qu'un de mes frères d'accueil était en colère contre ce vieil homme parce qu'il était mort et l'insultait même donc on s'est battus. C'est drôle, me connaissant t'aurais sûrement cru que c'est moi qui serais en train de l'insulter. Mais il était gentil, c'est triste qu'il soit mort...des années après dans mon autre famille notre association de voisinage faisait des activités. Je m'en foutais un peu et je n'allais pas aller voir jusqu'à ce que j'ai lu qu'ils avaient des cours de sculpture de bois. Donc j'y suis allé.
Il rit puis ajoute:
-Et je me suis retrouvé à passer l'été à faire des objets. La maison était pleine de mes trucs en bois. Mes parents d'accueil étaient super fiers et montraient mes sculptures à tous les gens qui venaient chez nous. Leurs vrais gosses me haïssaient encore plus, mais c'était un été vraiment bien.
-T'es parti de là-bas après?
-Non, je suis resté des années avec ceux-là. Avant que je parte.
Je hoche la tête puis me penche pour câliner ses lèvres. Je lui dis doucement:
-Merci de me l'avoir dit.
Il me sourit puis m'attrape par la nuque avant de glisser sa langue contre la mienne. Il me soulève ensuite en direction de la chambre.
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𝐌𝐀𝐑𝐒
Roman d'amourOdessa, 22 ans, vend du plaisir corrompu pour subvenir à ses besoins. Habitante de la cité d'Elys, isolée au milieu du désert américain à la fin du 21ème siècle, elle survit en faisant des pâtisseries infusées de drogues. Mais sa routine illicite ex...
