Chapitre 28: Réticence

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Odessa

Le jour après mon rendez-vous avec Emmet je me sens bizarrement bien, à propos de ce que je fais. Pas de remords ou de ruminations. C'est agréable comparé à avec l'autre là. En plus, il m'envoie des memes assez drôles. Pourtant je me demande un peu si je ne fais pas quelque chose de mal entre Olan et Emmet et je me pose des questions sur Santi parfois. Non, je ne dois rien à personne pour l'instant, je devrais arrêter.

Je regarde la télé, encore en pyjama, en attendant le livreur avec ma quésadilla, vu qu'avec Mars on est dans ce bras de fer où aucun de nous ne veut cuisiner. Je m'en fous, je ferai un trou dans leur budget. Un trou insignifiant, mais là quand même. Pour m'irriter, Mars dérange ma tranquillité en s'asseyant à côté de moi. Après un silence lourd, il pose son regard bicolore sur moi et dit:
-On n'a pas réussi à trouver grand-chose sur tes parents biologiques, c'est bizarre. Même pas comment tu t'es retrouvée dans le système. T'as une explication?

Je serre les dents et garde le silence. Je suis assez surprise qu'ils n'aient pas réussi à en trouver plus là-dessus. Quand on me l'a dit, on me l'a dit une fois et de ne jamais le répéter. Aussi que ce serait la seule fois qu'on m'en dirait autant et pas plus. Le fait que tout ça soit autant caché, ne fait que donner naissance à d'autres questions. Mars ose me sourire amusé en continuant:
-Je te jure que je l'utiliserai pas contre toi.

Pas amusée, je le fixe et réponds:
-T'es un menteur Mars.

Il s'arrête de sourire pour froncer les sourcils en me disant confus:
-Quoi?

J'hésite en me rappelant de sa menace dans l'ascenseur la dernière fois, mais je continue:
-La soirée. Chez Somare.

Il réplique:
-Tu veux remettre ça sur la table? Le connard bourré de fric dont la sœur s'est fait trouer comme une passoire?

Je fronce les sourcils dérangée par sa cruauté. Il peut être si froid, je devrais vraiment le voir comme Sirius. Je réponds:
-Non, je veux pas en parler.

Je tourne la tête vers la télé que je fixe sans vraiment la regarder. Mars réplique:
-Je mens quand je suis vraiment obligé de le faire, sinon je le fais pas. Mentir c'est un truc de lâche et je préfèrerais crever qu'en devenir un. Mentir aux gens que je connais aussi c'est quelque chose que j'évite. C'est une question de respect et de confiance.

J'observe son expression sérieuse que je m'étais tournée pour mieux voir. Je suis étonnée qu'il m'ait dit tout ça. Je lui demande curieuse:
-Tu me mens des fois, non?

-Je pense pas l'avoir fait, mais je te cache des choses oui. T'as de la chance, parce que tu mérites pas mon respect ni ma confiance pour l'instant.

Je ne sais pas pourquoi, mais la colère envahit mon regard. Il étire ses lèvres et s'en va, mais il recule et me dit:
-Je viens à ta fête tout à l'heure.

Je fronce les sourcils en pensant à Emmet puis réponds:
-Non.

-Tu peux pas m'en empêcher.

Je soupire et fronce les sourcils avec un nuage d'angoisse naissant en moi. Qu'est-ce qu'Emmet va penser?
Plus tard, je sors de la salle de bain avec ma robe en chemise à rayures verticales noires et mes bottes plateformes noires assorties par hasard à mes ongles que j'ai encore repeint par stress avec des dessins en argent cette fois. J'ai réussi à les faire même si ça m'a pris du temps, et ce malgré le regard de Mars sur moi qu'il essayait de dissimuler. Je devais avoir l'air bien concentrée.

Lui il porte un t-shirt avec la bouche d'un requin venant d'un vieux film sanglant et un jean ordinaire. J'aime bien ses tenues plus décontractées, ça le rend un peu plus accessible...normal. C'est jusqu'à ce qu'il s'arrête d'être une image fixe et se mette à parler ou me regarder mal. Cette fois ce qu'il fait c'est me fixer. D'après la moue de ses lèvres, il semble perplexe, comme s'il jugeait ma tenue. Il ne s'habille pas n'importe comment, mais il n'est pas en position de me juger non plus. Il conclut en disant:
-T'as l'air...mignonne. Mignonne dans le style d'Emmet, je suppose.

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