Odessa
Mars et Sirius ont mis un tas de senseurs avec des caméras à reconnaissance faciale autour de l'appartement. Ils ont aussi hacké les portes des ascenseurs de mon étage différemment des autres qu'ils contrôlent afin de repérer qui entre et qui sort. S'ils font partie des habitants enregistrés dans la zone ou non. Malgré tout, Mars a l'air plus à cran dernièrement.
Je reviens de mon passage au magasin que j'ai réussi à faire malgré les 45 stratagèmes de Mars pour que je n'y aille pas ou pas seule. C'est la nuit, mais Elys n'a pas tellement d'incidents en particulier parce qu'il fait nuit. Pour l'instant, tout va bien.
J'attends mon premier ascenseur avant celui où je me sentirais vraiment en sécurité parce qu'il ira directement chez moi. Ils n'ont pas encore fini de s'occuper du système d'ascenseurs parce que ces cabines changent toujours d'assignement et il y en a des milliers. Ils ne les ont pas encore toutes sous contrôle de base.
J'entre dans l'ascenseur, mais au bout de quelques mouvements il s'arrête et j'ai un choc au ventre tandis que la panique m'emplit progressivement. L'écran publicitaire au milieu des parois transparentes devient soudainement noir avec une ligne rose vif. Elle bouge en même temps qu’une voix de femme légèrement artificielle:
-Odessa.
Putain, non. Je ne veux pas mourir comme ça. Ma gorge se serre, mais je respire lentement pour me calmer. La voix continue:
-Oui, on a enfin trouvé le moyen de te retrouver, ironiquement c'est en captant la quantité de systèmes de sécurité apparus par ici. Nous aussi on a nos petits malins.
Sur un ton plus sérieux, elle ajoute:
-Maintenant, écoute-moi.
À la place, je convertis ma peur en colère pour répliquer:
-Vous êtes qui? Qu'est-ce qu'il se passe putain?!
Je me mets à malmener le bouton d'urgence, mais il ne s'allume pas pour m'indiquer que quelqu'un m'entend. Je suis mal. La voix me dit:
-Calme-toi, on ne te fera pas de mal. Sinon on l'aurait fait avant.
Je m'arrête de bouger et décide d'écouter. La voix reprend, satisfaite:
-Bien. Je voulais te dire que l'on pouvait t'en apprendre plus sur ta mère.
Quelque chose en moi fait un bond et j'ai une brève impression de chaleur et de douceur avant que mes larmes menacent de couler. J'inspire pour me calmer puis affamée d'informations je demande:
-Vous avez son nom?! Vous savez à quoi elle ressemble?!
-Oui, on a même des photos.
Je supplie presque:
-S'il vous plaît, donnez-les-moi. J'en ai besoin, je...j'en ai besoin.
Comme une petite fille qui veut son jouet, ma gorge se serre. Non, je ne veux pas un jouet. Je veux, ma mère, je veux la revoir. La voix me dit:
-On te donnera tout ça si tu fais quelque chose pour nous.
Je me réveille de l'emprise de cette proposition pour demander hostilement:
-Faire quoi?
-Tuer Mars.
Comme électrocutée j'en ai le souffle coupé et me souviens du camp auquel je parle, qu'il y a des camps et qu'il y a des morts. Aussi, que je fais maintenant partie du jeu. Tandis que je suis encore un peu hébétée, la voix poursuit:
-C'est simple, tu vis avec lui. Attends seulement qu'il s'endorme. Tu peux tirer ou le poignarder. Facile.
J'ai un flash de ce que je lui ai fait avec les ciseaux. J'ai l'impression que mes veines s'emplissent de colère, mais je me tends quand même à cause de la menace de ma position de faiblesse. Je rétorque énervée:
-Vous pensez que je vais le trahir pour un nom et des photos?!
-Un nom complet est une personne, la porte vers des réponses. Des réponses à une infinité de questions. La vérité. Un visage c'est aussi des souvenirs. Écoute Odessa, il n'est pas quelqu'un de bien et tu le sais. Il te retient prisonnière. Il a tué beaucoup de gens, c'est un tueur. Tu pourrais l'arrêter. Qu'est-ce qui te dit qu'il va s'arrêter? Qu'est-ce qui te dit que tu ne seras pas la prochaine? Il t'a peut-être même déjà fait subir des choses horribles.
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𝐌𝐀𝐑𝐒
RomanceOdessa, 22 ans, vend du plaisir corrompu pour subvenir à ses besoins. Habitante de la cité d'Elys, isolée au milieu du désert américain à la fin du 21ème siècle, elle survit en faisant des pâtisseries infusées de drogues. Mais sa routine illicite ex...
