Odessa
Dans le bar du Quartier des ombres je bois un mojito pas assez alcoolisé, sûrement à cause de Mars et observe le bracelet à breloques en or qu'il m'a offert basé sur mon conte préféré, dont je lui ai parlé il y a des semaines. C'était un peu après la mort de la Veuve Noire. La fée Clochette se balance près du crochet de pirate et...soudain, un homme s'assied à ma gauche. C'est pas possible. Dès que Mars part pour parler avec son ami tueur à gages, un autre type doit prendre sa place. Mais au moins, le dernier m'a ignoré après un coup d'œil confus. Contrairement au nouveau. Il commence avec son regard vert brillant d'excitation:
-Salut toi.
Encouragée par mon irritation j'ai l'audace de dire sur un ton coupant:
-Bouge.
-Hey, pas besoin d'être aussi agressive. J'essaie simplement de faire connaissance. Tu voudrais pas un verre?
-Non, je te sens pas. Ouvre un peu les yeux.
Soudain, ses lèvres s'amincissent quand il les presse brièvement ensemble avant de contracter sa mâchoire. J'y suis sûrement allée un peu fort. L'homme siffle:
-On me dit pas non à moi. Je défoncerais ton cadavre juste pour te le faire payer.
Je le regarde dégoûtée et trop vite il m'attrape par le cou. Il a une poigne faisant bourdonner mes oreilles. Mais il se croit où? Personne ne nous voit? Des flashs de Mars me faisant ça ressurgissent et la colère qu'ils provoquent en moi me font sortir mon arme et la pointer sur la boite crânienne de ce type. Malgré ma gorge compressée, je lui dis:
-Lâche.
Il le fait et je le toise avec rage. Il me dit en riant:
-Hey j'ai arrêté, baisse ton arme. Je rigolais.
Je réplique:
-Peut-être que c'est pas mon cas.
Je réalise soudain que l'endroit se fait de moins en moins bruyant tandis que les yeux se tournent vers nous. Le barman s'exclame:
-Hey! Pas de ça ici!
Mars s'approche avec un gant étrange et me demande:
-Chou, qu'est-ce que tu fous?
-Je me défends. Et je t'en supplie ne m'appelle pas si c'est pour m'appeler par ce surnom débile.
Mars se déplace juste à côté de moi à une vitesse troublante. Il me demande amusé:
-Si je t'appelle encore comme ça, tu vas me tirer dessus aussi?
Je ne réponds pas et il ajoute dans mon oreille:
-Vas-y, tire sur lui. Tu rendras service à tout le monde.
-Pourquoi?
-C'est un violeur et un pyromane. Sa famille doit sûrement l'avoir rayé de leurs vies.
Mon cœur bat plus vite, c'est peut-être de la colère. Je repense à Gabriel et Malik et quelque chose en moi me hurle de le lui faire payer. En plus de ça, il ose geindre:
-Pitié.
Je parie que ses victimes ont dit la même chose. Mais je ne peux pas faire ça. Je ne suis pas une tueuse, j'essaie de ne pas l'être et je ne vais pas gaspiller ma première mort directe pour ça. Je baisse mon arme, mais on crie tous quand soudain une sorte d'aiguille se plante dans la poitrine de l'homme. L'aiguille épaisse semble s'ouvrir à l'intérieur de l'homme d'après le sillon du sang. Il s'écroule sans que personne ne cherche à l'aider et je me retourne. Je regarde à nouveau le gant que Mars observe avec un sourire. C'est une sorte d'exosquelette avec un compartiment. Sûrement d'où viennent les aiguilles. Avec ses yeux bicolores brillants, Mars commente:
-Putain ce truc est vraiment cool en fait.
L'homme aux cheveux grisonnants et aux yeux rieurs et ridés de la dernière fois croise les bras en rétorquant:
-Tu vois Mars, je sais ce que je te dis. Une arme de qualité si elle est bien utilisée.
Mars va la rendre et le barman dit:
-Mars tu...
Ce dernier le coupe:
-Oui, je sais. On va nettoyer et t'offrir une compensation. Continuez tout le monde!
De façon absurde, les autres obéissent et progressivement c'est comme si de rien n'était. Sauf que le sang s'échappant de cet homme est en train de souiller le marbre clair et aussi noir du sol. Mars me passe devant en disant:
-On rentre.
Une fois dehors je m'énerve derrière lui en lui lançant:
-T'aurais pu me tuer.
Il s'arrête de marcher puis m'approche. Je ne sais pas si j'ai peur, mais je serre la mâchoire et garde mon regard colérique. Il y plante le sien et me dit calmement:
-Hey, s'il y avait une seule chance que ça arrive j'aurais jamais tiré. J'étais presque à côté de toi et ma main à côté, pas derrière. Mais t'étais tellement concentrée sur ce type que t'as rien vu. J'aurais jamais risqué de te faire du mal Odessa. Je suis sérieux.
-Ok...mais tu m'avais quand même dit que t'aimais pas tellement tuer.
-Parfois, je déteste pas ça, surtout quand on te fait chier.
Je suis sur le point de répondre quand un homme sort d'un coin de rue en brandissant un pistolet. Qu'est-ce qu'il se passe aujourd'hui, putain? L'homme nous crie:
-Des bonbons ou un sort?!
Mars réplique:
-Tu ferais mieux de disparaître sale taré!
-Mauvaise réponse.
Avec l'homme je lève mon arme et animée par une force inhabituelle je crie:
-Dégage!
Il semble hésiter l'arme levée aussi puis malgré le fait que Mars le vise aussi maintenant il nous fixe. Il se met ensuite à hurler:
-Foutez-moi la paix! Partez!
Mars ne bouge pas et répond:
-T'as peur de bouger, hein? Tu te chies dessus? T'as peur de mourir?
-Pas si je t'emporte av...
Il y a d'abord le rapide et léger sifflement du silencieux puis l'homme s'écroule. Le sang s'échappant de sa tête est obscurci par le manque d'éclairage du lieu. Je l'ai eu de justesse...je crois. Non, j'ai pas pu. Mars l'a fait...même si Mars aurait mieux visé? Non, on n'y arrive pas toujours. Je regarde Mars tremblante, mais il me fixe d'abord confus et surpris. Il retourne l'homme du pied puis revient. Maintenant, ses lèvres s'étirent et son regard clair est amusé. Je l'entends vaguement dire excité que "je l'ai eu à la tête en plus". Je suis vraiment une tueuse maintenant, dans tous les sens du terme. Directement.
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𝐌𝐀𝐑𝐒
RomanceOdessa, 22 ans, vend du plaisir corrompu pour subvenir à ses besoins. Habitante de la cité d'Elys, isolée au milieu du désert américain à la fin du 21ème siècle, elle survit en faisant des pâtisseries infusées de drogues. Mais sa routine illicite ex...
