Chapitre 18 - P1

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Assise sur le divan, dans le grand salon, au rez-de-chaussée. Je ne sais pas comment me tenir. Droite, détendue, les jambes croisées ?

Je ne suis pas bien, sortez-moi de là...

En plus de ça, il est assez tard. Plus personne ne passe à cette heure-ci. Juste deux, trois gardiennes que j'aperçois dans le couloir, pour ce que j'imagine être des rondes.

Je ne suis pas vraiment bien habillée, ni apprêtée. J'espère ne pas faire mauvaise impression à madame Arai. Je m'inquiète, mais je sais que quelque part, c'est elle qui est « sous mes demandes ». Mais je m'y fais pas, ça me déplait.

L'horloge sonne 22h. Les douces vibrations des cloches emplissent la pièce. Asami apparaît dans l'encadrement de la porte. Mon souffle se coupe un instant. Je ne m'attendais pas à la voir comme ça.

Elle n'est plus dans son uniforme noir impeccable qui la rend si imposante. Non, sa tenue simple est élégante. Elle me désarçonne : un long pantalon noir ample retenu par des fines bretelles, une chemise rouge bordeaux légèrement déboutonnée. Ses cheveux noirs et ondulés lâchés sur ses épaules.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me perturbe. Elle n'est pas censée être comme ça... Si ?

Je me redresse aussitôt du canapé, un peu trop brusquement. Je porte un jogging blanc et un pull oversize. C'est ridicule à côté d'elle...

Je croise son regard et elle sourit. Pas le sourire rigide qu'elle a pu afficher en public, mais quelque chose de plus vrai.

— Bonsoir, votre Majesté. Sa voix est posée.

Je lui rends un salut maladroit, sans m'approcher. Je reste à distance.

— Bonsoir, commandante.

J'imagine que je dois être rouge comme une pivoine. Elle franchit le seuil, s'approche. Je me rends compte qu'elle est encore plus impressionnante de près.

Je reste figée là, à lutter contre l'envie de disparaître sous le canapé. Mais je peux pas rester immobile indéfiniment. Alors, je décide de me rapprocher à mon tour. Après tout, elle a fait l'effort de venir ici aussi tard. Le moins que je puisse faire, c'est ne pas rester en retrait.

Je fais un pas, puis un autre. Mais au troisième pas, mes pieds se prennent dans le bord du tapis épais. Je sens mon équilibre vaciller, et je tends les bras pour me rattraper sur quoi ? Je n'en ai encore aucune idée.

Je vais tomber, c'est certain. Mais avant que je ne touche le sol, deux mains fermes m'attrapent par les avant-bras et me stabilisent. Mon cœur bat à tout rompre, saisit par la soudaine frayeur de me prendre le sol en pleine face.

— J'espère ne pas vous déranger au point de vous en faire tomber, madame Arker. Dit-elle, son sourire en coin avec une petite pointe d'ironie.

Je ris nerveusement, pour relâcher la tension, gênée comme jamais.

— Merci... Désolée, bon sang. Je suis tellement maladroite...

Elle me lâche doucement, s'assurant que je tiens bien debout avant de reculer d'un pas.

— Vous allez bien ?

𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant