𝒜𝓂𝒷𝓇𝑒
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Les minutes qui suivent.
Je m'effondre sur l'un des fauteuils du salon de thé désert. Le silence est épais. Mon souffle tremble encore malgré les efforts que je fais pour me contenir. Une chaude goutte d'eau glisse sur ma joue. Je l'essuie d'un geste nerveux.
Je me sens un peu plus légère. Comme si elle avait glissé un filet sous ma chute. Pas guérie, ça non, j'en suis bien loin.
Il fait froid ici... C'est parce qu'il y a du vent dehors, il rentre à l'intérieur. Je tente de penser à autre chose, mes crises m'épuisent.
Je sors mon téléphone et parcours les notifications que j'ai laissées sans réponse. Mes doigts glissent sur l'écran sans réelle intention. Un bruit me fait relever la tête. Je suis sur le point de me lever pour marcher un peu pour me réchauffer quand un éclat de voix étouffé m'arrive depuis le couloir.
Ce n'est pas clair, mais suffisamment audible pour que j'en déduise que ce sont les nouvelles. Les voix se rapprochent, puis s'éloignent à nouveau. Pour finir, le calme revient. Je me rassois, engouffrant mes mains sous mes bras pour chercher un peu de chaleur.
La porte s'ouvre doucement et je la vois entrer : la raison qui ramène le silence sur son passage. Asami Arai, sans son grand uniforme noir.
Ses cheveux noirs tombent en une cascade un peu désordonnée. Elle semble fatiguée. Peut-être par sa journée, ou par autre chose que je ne saurais deviner.
Nos salutations se croisent. Elle s'arrête un instant en me voyant affalée sur le fauteuil. Elle hésite, mais pas de sourire, juste un hochement de tête rapide.
- Noman. Sa voix est aussi neutre que ses vêtements.
Je ne fais aucun effort pour cacher mon irritation. Pas besoin qu'elle sache pourquoi. Sa seule présence m'agace. Je n'ai pas vraiment de raison particulière quand j'y réfléchis bien... C'est physique, juste une tension latente entre nous depuis son arrivée. Je lui rends un salut bref et retourne aussitôt sur mon téléphone. Je fais mine d'y être absorbée, comme si c'était la chose la plus importante au monde.
La commandante avance de quelques pas dans la pièce. Elle semble chercher quelque chose dans ses poches en se rapprochant du balcon. Je m'efforce de refouler ma curiosité.
Puis... Un son de friction retentit dans la pièce. Je relève les yeux vers les siens. Elle porte une cigarette à ses lèvres en me matant des pieds à la tête. L'air de dire : « Qu'est-ce que tu me veux ? »
- Qu'est-ce que vous faites ? Me redressé-je en rangeant mon téléphone.
Elle détourne les yeux pour fixer l'horizon, expirant un filet de fumée par les narines avant de s'adosser nonchalamment à la rambarde du balcon.
- Ça ne se voit pas ? Rétorque-t-elle d'un ton plat.
Ma réflexion me brûle la gorge, je lui lâche durement :
- Vous savez que fumer dans l'enceinte du palais est interdit, non ?
Elle tire une longue bouffée, ses yeux plissés par sa fatigue flagrante. Puis, dans un soupir teinté de sarcasme :
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𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒
RomantizmRose, héritière du trône d'un royaume exclusivement féminin, accède au pouvoir après la mort violente de sa mère, victime des sévices de son père. Confrontée à une tradition rigide, elle doit organiser un banquet pour trouver sa compagne avant ses...
