𝒩𝑒𝓈𝓈𝒶
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2 jours après.
Après plusieurs jours surveillés par une infirmière, c'est officiel, j'ai échappé de justesse à une contusion musculaire. Seuls de profonds hématomes marquent encore mon corps qui se rétablit timidement. Cette douleur constante s'amoindrit tout juste.
À ma gauche dans les longs couloirs sans fin du palais, Blanche m'accompagne à mon rythme. Si douce, si gentille. J'en ai marre qu'elle soit si adorable, j'aimerais lui rendre la pareille.
— Quand j'ai du mal à dormir, je prends une infusion. Ça me calme, je te promets, ça marche. Me conseille-t-elle alors que j'enchaîne les nuits presque blanches d'angoisse et de douleur.
— Je pense pas que ça m'aidera...
— Tu n'as pas essayé...
— Donne-moi plutôt de gros somnifères. Je suis prête à me mettre à genoux pour.
J'échappe un rire. Elle aussi. Il se fait très tard, la nuit est tombée il y a longtemps et elle a terminé sa ronde avec la commandante. La blonde s'arrête à une intersection et se rapproche de moi en chuchotant :
— Il y en a dans la réserve au bout du couloir... Je peux aller t'en chercher si tu veux.
Ses yeux sont rieurs mais je jure qu'elle est sérieuse. Je sais qu'elle tente par tous les moyens du monde de me faire sourire, de me faire du bien...
— Non, c'est bon. Tu viens de finir ta journée et tu t'occupes déjà très bien de moi...
Elle me donne un insignifiant coup de coude.
— C'est normal, tu es ma partenaire Nessa.
Ça me gêne un peu au fond. Je déteste dépendre d'elle.
— Bon...
Je relève les yeux vers elle, elle poursuit alors en s'orientant vers les escaliers. Je reste où je suis ;
— Je vais prendre ma douche... As-tu besoin d'aide pour prendre la tienne ? Propose-t-elle avec beaucoup de délicatesse.
Je. Hais. Dépendre. D'elle.
— Non ça ira, j'y arrive seule maintenant. Merci, c'est gentil.
Elle dépose sa main sur mon épaule avant de se dérober.
— Je me serai sûrement endormie quand tu reviendras. Alors bonne nuit, à demain ! Fait-elle.
— Bonne nuit.
Je fixe l'escalier où Blanche vient de disparaître. Le silence retombe quand elle est loin. Je suis dans mes pensées. Et puis merde. Pourquoi pas essayer cette foutue infusion...
Je me mets en marche. Le parquet craque sous mes pas lents et fatigués. Chaque bruit résonne dans le couloir vide. Dehors, à travers les grandes fenêtres, les arbres bougent sous le vent. Leurs ombres tremblent sur le sol mêlé à la douce lumière de la lune.
La réserve est au bout. Elle est plongée dans la pénombre. J'entre sans allumer, l'air est frais. Un léger courant d'air me frôle la figure. Je remarque une fenêtre un peu entrouverte au fond.
Je m'approche des immenses étagères. Des boîtes, des sachets, des bouteilles. Je me promène et arrive devant ce que je recherche. Sous mes doigts, masses de boîtes : camomille, verveine, tilleul… Des dizaines encore.
Je finis par trouver un paquet aux motifs que je trouve charmant, alors je l'ouvre et inspire doucement son contenu. Ça sent bon, c'est apaisant.
Je souffle un rire discret.
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𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒
Roman d'amourRose, héritière du trône d'un royaume exclusivement féminin, accède au pouvoir après la mort violente de sa mère, victime des sévices de son père. Confrontée à une tradition rigide, elle doit organiser un banquet pour trouver sa compagne avant ses...
