Chapitre 21 - P2

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𝓡𝓸𝓼𝓮

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À travers l'objectif de mon appareil photo, se déroule une scène des plus envoutantes. Mon regard est figé sur l'écran, je n'ose plus bouger, ni respirer. Je capture la lune, haute et entière. Elle reflète sa douce lumière sur la mer et ses vagues qui dansent lentement au large. 

Mon doigt presse le bouton, l'écran clignote et les photos se succèdent. Une douce fierté allège mon cœur. Je souris innocemment devant mon tirage.

— Que fait Sa Majesté seule au sommet de sa falaise ? Murmure une voix à mon oreille.

Un frisson grimpe ma nuque, malgré son souffle chaud. Mon cœur vient de connaître un pique tant j'ai eu peur.

— Tu es discrète, je ne t'avais pas entendue. Dis-je en baissant mon appareil, avant de me retourner face à la belle blonde.

— Est-ce que j'ai réussi à te faire peur ? Demande-t-elle malicieusement.

Je l'admire, vêtue d'une longue robe blanche. De fines bretelles, un tissu souple, élégant. Puis un décolleté drapé que je ne peux pas manquer. Ses cheveux sont joliment attachés, un léger maquillage illumine les traits de son visage. C'est comme si nous avions un rencard... 

— Tu m'as surprise, oui.

Ses lèvres se courbent en un sourire charmeur. Le bleu de son regard se plonge dans le mien. Elle attend quelque chose de moi, c'est flagrant. Je tente alors, maladroitement...

— Tu es sacrément mon style, là.

Elle arque un sourcil, amusée, peut-être un peu perplexe.

— Est-ce que c'est une tentative de drague ? Un compliment ?

— Les deux... Rétorqué-je, un sourire aux lèvres, aussi amusée par ma propre bêtise.

Elle acquiesce alors de la tête, sans continuer, ce même sourire déstabilisant. Je relève alors mon appareil vers elle, pour le lui montrer.

— J'étais en train de prendre le paysage en photo. C'est la pleine lune, ce soir. Raconté-je.

Elle resserre son gilet contre ses épaules en me répondant d'une voix que j'interprète joueuse :

— Tu sais ce qu'on dit des soirs de pleine lune ?

— Non, mais tu vas me le dire.

Elle passe sa main chaude sur la mienne, toujours posée sur l'objectif.

— Les soirs de pleine lune, on dort mal... ou on ne dort pas du tout.

Elle me provoque un rire, il est si nié...

— Et moi, je dois y comprendre un sous-entendu ou je suis une grosse tordue ?

Elle hausse les épaules puis remonte sa main pour s'accrocher à mon bras.

— Je ne sais pas... On y va ? Je commence à avoir froid.

Nous empruntons le chemin habituel. Elle le connaît par cœur à présent. Nos têtes sont inévitablement tournées vers la vue sur l'océan. Le vent ne souffle pas, la lune joue de ses ombres sur le jardin. Des chouettes nous offrent leur voix et les vagues leurs berceuses. Mai, accrochée à mon bras, se serre un peu plus contre moi à mesure que l'air devient plus frais.

𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant