Chapitre 26 - P2

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𝒜𝓂𝒷𝓇𝑒

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Dans la vie, il y a des hauts. Il y a aussi des bas. En ce moment je remonte doucement, sûrement. Mon cœur ne bat plus fort, il ne bat plus rapidement. Je respire pleinement, je me réveille sans sueur froide, sans peur.

Ce soir, il fait particulièrement bon. Le soleil est couché depuis de nombreuses heures et le palais s'endort tout juste. Sauf que moi, ou plutôt nous, nous n'avons pas terminé notre journée. Je fais moult allers-retours depuis ce matin entre Rick, Asami et Rose. Celui-ci s'est promis, c'est le dernier. Je suis épuisée.

La commandante me doit un document, le dernier pour finaliser l'organisation de la sécurité du festival. Sauf que comme d'habitude, je ne la trouve nulle part. Je me rends alors au dernier endroit logique où elle peut se trouver ; les vestiaires.

Une main dans mes cheveux que je détache tout juste, j'entrouvre légèrement la porte en m'annonçant :

— Asami ? Quelqu'un ?

Pas de réponse directe, ni de refus, j'entre. Des cheveux ébouriffés par l'enlèvement récent de son uniforme, Asami enfile tout juste un large t-shirt noir. Elle nage dans un jogging qui me semble bien trop confortable...

— Eh alors, tu m'as pas entendu ?

Elle relève son menton dans ma direction. Son regard paraît étrangement ailleurs. Je ne la reconnais pas vraiment, ni dans son accoutrement, ni dans ses traits ou dans son physique bien plus négligé.

— Je me change, Ambre. Lâche-t-elle avec désinvolture d'une voix faible.

— Je sais, désolée de te déranger. Je viens juste récupérer le document que la reine t'a demandé de signer pour demain matin. Il doit être envoyé au centre de l'armée au plus vite.

La brune soupire doucement, moi je reste dans l'encadrement de la porte. Elle fait deux pas, lents. Deux pas ridicules avant de soupirer de fatigue. Il y a quelque chose qui cloche fortement. Je ne saisis pas encore totalement ce qu'il lui prend, mais j'ai l'impression qu'elle a bu. J'ai le souvenir que ma grand-mère était exactement dans ce même état quand elle était ivre.

— Viens... Fait-elle en me contournant pour sortir des vestiaires.

Un peu abasourdie, je la suis de près, je la colle même un peu à vrai dire. Et le plus choquant dans tout ça, c'est qu'elle ne dit rien. Pas de réflexion désagréable, de paroles polies pour combler le blanc de notre traversée dans les couloirs. Juste et simplement cette femme bien trop différente ce soir.

Elle me mène jusqu'à son bureau que lui a ouvert Rose il y a de ça quelques jours. Je n'ai pas eu encore l'occasion d'y pointer le bout de mon nez.

— C'est sympa qu'elle ait pu te libérer une pièce qu'elle a scellé. C'est rare venant d'elle. Lui confié-je.

Elle m'ouvre la porte sans trouver quoi me répondre. J'entre la première et elle passe en seconde, se dirige derrière son bureau et se met à chercher dans une petite pile de documents. Je regarde autour de moi cette pièce que je ne connais pas. Il y a encore quelques cartons qui doivent sûrement appartenir à celle qui se tient en face de moi. Une fois mes yeux satisfaits de leur tour, je m'attarde sur elle et ses gestes désordonnés. Elle me fait sourire. Je me rappelle qu'elle est comme moi ; humaine et parfois un peu à côté de la plaque.

En survolant son bureau, j'aperçois ce que je suspectais. Une bouteille de vin blanc entamé. D'ici je pourrais deviner qu'elle a bu peut-être trois ou quatre verres, pas plus. Je la questionne en croisant mes bras :

𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant