ℒ𝒾𝓃𝒹𝒶
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Les gardiennes... Quelles femmes absurdes. Trop jeunes, trop bêtes. Si elles avaient un peu de jugeote, elles auraient compris. Mais non, avec un peu de chance, Rose n'a pas été jugée utile de leur dire que je n'étais plus la bienvenue ici. Elles m'ont laissé passer, sourire aux lèvres, comme si de rien n'était. C'est pathétique, mais cela m'est utile.
Il fait encore nuit, le soleil n'a même pas commencé à se lever à l'horizon. Dans la pénombre des couloirs infinis, je me glisse en silence. Je dois atteindre mes appartements, retrouver ces documents que j'ai laissés là. Me faire discrète et espérer que cette mascarade cesse.
Mais alors que je passe devant la buanderie, une silhouette attire mon regard. Les portes sont bizarrement entre ouverte.
Une bouffée d'irritation me saisit à la gorge, une cascade d'insultes me monte aux lèvres. Elle est là. Encore là, cette putain.
Sans un bruit, j'entre, refermant derrière moi.
Elle me complique la vie, elle gâche tout, tout le temps. Elle n'a pas écouté, ni jugé bon de partir comme je lui avais bien expliqué. Elle est accroupie, cherchant parmi des couches épaisses de couettes et couvertures.
- Vous n'êtes toujours pas partie, mon enfant ? Lui adressé-je calmement, pas trop fort.
Cette sotte se fige, tourne brusquement la tête vers moi. Ses yeux s'écarquillent comme ceux d'un cerf pris dans les phares d'une voiture. D'un geste précipité, elle se lève, trébuchant presque sur les tas de linge à ses pieds.
- Qu'est-ce que vous faites ici ? Murmure-t-elle, sa voix tremblante.
Un froid sourire s'étire sur mes lèvres. Pauvre enfant. Si mal préparé pour ce rôle qu'elle croit pouvoir tenir.
- Oh ma chère, ne mélangez pas tout. Je pensais avoir été claire la dernière fois. Votre présence ici est un affront. Un affront à votre classe, à votre bon sens, même à ce que vous croyez avoir d'attrayant.
- Mais... Je n'y suis pour rien.
- Bien sûr que non... Répliqué-je avec dédain. Vous, une petite femme sans avenir qui vous divertit en écrivant à une autre femme ? Vous pensez que c'est innocent, peut-être ? Non, ma chère. C'est de la perversion pure et simple. Tout comme cette obsession que vous devez sûrement avoir en plus pour son argent. Vous êtes une pauvre fille, sans fierté ni honte. Une vraie petite salope.
Elle serre les bras autour d'elle, reculant de plusieurs pas. Sa respiration s'accélère comme par magie. Vas-y, pleure. Fuis, même.
- Je... Je n'ai rien fait. Prononce-t-elle à toute vitesse. Je n'ai rien dit à Rose, je vous le jure. Je veux juste qu'on me laisse tranquille.
Je la regarde, plissant légèrement les yeux. Elle ne fait rien pour masquer sa peur.
- Vous laissez tranquille ? Je répète doucement, embelli de venin. Commencez par partir. Quittez cet endroit, disparaissez sans vous retourner. Croyez-moi, c'est votre seule chance d'obtenir un semblant de paix.
De faibles larmes ridicules commencent à couler sur ce visage que je ne supporte plus de voir. Je m'avance, lentement, sans élever la voix. Je savoure chaque seconde de son impuissance.
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𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒
Storie d'amoreRose, héritière du trône d'un royaume exclusivement féminin, accède au pouvoir après la mort violente de sa mère, victime des sévices de son père. Confrontée à une tradition rigide, elle doit organiser un banquet pour trouver sa compagne avant ses...
