𝒜𝓂𝒷𝓇𝑒
~~~
Minuit.
Je fixe le plafond que je distingue à peine. Ma poitrine se soulève difficilement tant elle est lourde. Mon corps au chaud sous la couette, je ne cesse de penser.
Subir plusieurs crises d'angoisse en une seule journée, c'est compliqué. Surtout quand tu te rassures seule, que tu ne peux pas en parler sans craindre de te faire juger ou qu'on ne te comprenne pas. Je suis épuisée, mais elle reste là, au creux de mes yeux, dévalant mon visage.
La commandante dort depuis un moment, moi je n'y arrive pas. Cette femme ne m'inspire pas confiance, pire que ça, elle dort dans mes draps, mon univers, elle touche ce qui me ferait oublier sa présence.
Je me déteste. Cette faiblesse stupide et illogique. J'aimerais être comme les autres, ressentir les choses normalement. Moins violemment, sans conséquence. Arrêter de m'en mordre les doigts, d'en chialer comme une conne. Juste la fermer, arrêter de les embêter, eux et moi avec mes humeurs incohérentes. Dormir et me réveiller plus forte, du jour au lendemain, sans qu'une main ardente vienne m'arracher mon cœur dès que je réfléchis trop...
Ce soir, quand il m'a prise dans ses bras, pour la première fois, si fort. J'ai failli craquer, me laisser aller à pleurer. Son étreinte était rassurante, et son parfum… ce parfum boisé qu'il met pour les grandes occasions. Il m'enveloppait et m'isolait de tout, comme si plus rien d'autre n'existait. Je me suis retenue.
Avec lui, je suis sûre que je me serais endormie en quelques secondes. Je lui fais confiance, il serait resté à l'autre bout du matelas… peut être même sur son canapé, sans jamais envahir mon espace.
Je crois que j'aurais préféré ça plutôt que de rester ici, dans ma propre chambre, avec elle.
Je glisse une main sous le bas de mon pyjama, caressant doucement mon ventre dans une tentative d'apaisement. Presque instinctivement, j'assimile mes propres mains à celles de Rick. Je ferme les yeux, imaginant qu'il pourrait être là, à mes côtés. Que ses bras autour de moi, sa chaleur, suffiraient éventuellement à calmer mes angoisses.
J'imagine ce que ça ferait de sentir ses mains sur ma peau, de l'avoir contre moi. Mon cœur s'accélère et soudain, une chaleur fait surface en moi. Je retire mes mains brusquement, réalisant où je suis en train d'aller.
~~~
𝓡𝓸𝓼𝓮
~~~
2h50
Des bruits sourds, ces mêmes cris et voix que je hais entendre tard dans la nuit. Ils résonnent dans le grand salon de l'étage, amplifiés par les murs froids et les échos de la colère de mon père.
Mes pas se font de plus en plus éloignés et rapides. Je hais quand ça éclate. Un frisson me parcourt la colonne vertébrale. Je pense à maman, debout là-haut, face à lui. Sa silhouette frêle, ses yeux bien trop souvent rougis. Combien de fois a-t-elle dû faire face à cette violence seule ? Combien de fois a-t-elle caché ses larmes, feignant que tout allait bien ? Mes poings se serrent de rage.
Le cœur battant à tout rompre, devant moi, je suis spectatrice d'un cauchemar ; elle est à genoux, les joues et les yeux rougies par ses larmes qui coulent abondamment. Il est debout, au-dessus d'elle. Il lui crie des atrocités, si violentes, si fausses...
VOUS LISEZ
𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒
RomansaRose, héritière du trône d'un royaume exclusivement féminin, accède au pouvoir après la mort violente de sa mère, victime des sévices de son père. Confrontée à une tradition rigide, elle doit organiser un banquet pour trouver sa compagne avant ses...
