Chapitre 24 - P1

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Trois jours plus tard...

Les vapeurs de mon café remontent à mes narines... Il est brûlant, à la base je le bois ainsi. Mais hier, Nora m'a fait flipper, elle m'a envoyé une publication qui disait que boire une boisson brûlante pouvait provoquer le cancer de la gorge... Depuis je n'ai pas recommencé.

Je me sens bien depuis que j'ai revu Nora. Plus de trace de cette vieille femme, et avec les gardiennes toujours derrière moi, je me sens en sécurité...

Ce matin j'ai décidé de combler mon impatience pour ne pas me brûler la gorge : j'ai traversé le palais pour pouvoir le boire tranquillement sur la terrasse de bon matin... Ça ne vaudra jamais la vue du salon de thé, mais au moins là, j'aurai bien les pieds sur terre, et moins le vertige.

En arrivant au niveau de la grande baie vitrée menant à l'extérieur, j'aperçois Rose au loin sur la terrasse. Un sourire se trace sur mes joues, elle est en train de méditer.

Assise en tailleur sur un tapis noir, le dos bien droit, elle a les paumes jointes au-dessus de sa tête, les bras tendus vers le ciel. Son souffle semble lent et maîtrisé. Son visage est parfaitement détendu, entièrement relâché. Mais je l'ai tellement regardé ces derniers jours pour ne pas deviner cette minuscule contraction entre ses sourcils. Je pourrais parier qu'elle se force à se concentrer.

La jeune femme est en short, mais cette fois-ci elle s'est couverte d'un large et lourd pull noir. On dirait qu'elle a appris sa leçon...

Elle est belle, ses longs cheveux noirs sont lâchés. C'est si rare que je l'admire encore de l'intérieur du palais. J'en oublie presque ce bon café qui n'attend que d'être bu. Je baisse mes yeux vers celui-ci et me motive à dompter le froid matinal.

Je pousse la porte vitrée, la fait doucement coulisser pour ne pas déranger cette déesse semblant dans un autre monde. Et contrairement à la dernière fois, je ne l'ai pas fait sursauter.

Malheureusement...

— C'est bien... Tu t'es couverte. Annoncé-je.

Je m'avance près d'un petit banc où sont disposés de grands coussins, je m'y assois alors, en tailleur, moi aussi, ma tasse entre mes mains. À notre gauche, la vue sur l'océan s'étend à perte de vue. Je divague entre ma boisson, ce paysage et cette dame. Celle-ci prend un long moment avant d'enfin me répondre.

— J'ai hésité entre toi et Ambre. Me sort-elle de nulle part.

— Ah oui ?

— Mais je savais que c'était toi...

— Normal, tu as reconnu ma voix.

Elle pouffe un petit rire agréable. Je l'aime bien quand elle est douce et calme. Elle rétorque avec tendresse :

— Non, mon ange. Je savais que c'était toi avant même que tu ne pousses la porte.

Je fronce légèrement les sourcils, intriguée.

— Comment ça ?

Elle s'étire légèrement avant de redescendre lentement ses mains le long de son corps. Rose garde ses grands yeux clos.

— Je me suis sentie observée.

J'apporte mon café à ma bouche et le bois.

— En tant que reine, les gens n'ont pas l'autorisation de me fixer ainsi sans se manifester. C'est une règle. Ils doivent se faire connaître directement. Continue-t-elle. Observer en silence, c'est un manque de respect. Et Ambre ne se prononce pas tout le temps. D'où mon hésitation…

𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant