ℛ𝑜𝓈𝑒
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Plusieurs infirmières viennent de quitter cette pièce que je viens tout juste de baptiser : infirmerie. À mes côtés, Mai et Asami, puis en face cette pauvre jeune femme qui nous a toute sûrement sauvé d'une catastrophe.
L'horloge sonne les quatre heures du matin. J'enlace mon propre corps, tente d'atténuer mes légers tremblements. J'essaie de faire comme si je n'étais pas sous le choc. Comme si mon cœur n'avait pas explosé dans ma poitrine lorsqu'on a couru dans ma chambre armé pour m'alerter d'une vérité si grave que celle-ci. Comme si personne n'avait tenté ce qui pour moi semblait impossible. Je bouillonne de colère, de peur... Je me sens effrayée, mais je suis celle qui doit pourtant me montrer si forte.
Je suis dans mes pensées, on ne me parle pas. J'imagine que de suite, je ne parais pas commode. Autour de moi, plusieurs gardiennes discutent avec leur supérieure, Arai. Le festival... Je brise leurs voix si basses et respectueuses de mon ton malheureusement trop dur...
— Ça ne sera jamais assez, Arai.
La commandante fait basculer son regard dans le mien. Elle semble épuisée. Des cernes creusent ses yeux et sa queue de cheval est négligée.
— Votre Majesté, soupire-t-elle. Nous avons fouillé l'intégralité du palais. Et cela toujours maintenant et depuis des heures. Du sous-sol au grenier... Des jardins jusqu'à la plage. Même les alentours sont sous patrouilles. L'homme est loin désormais, je vous le promets.
Ma poitrine se soulève durement, rapidement. Mai me regarde du coin de l'oeil, mais ne dit rien. Elle est calme et c'est parce qu'elle est bien trop perturbée.
J'observe cette jeune femme allongée en face de moi. Les blessures à son visage. La violence qui en résonne. J'ai comme un filé d'émotions qui étire ma gorge... Ma sensibilité. J'ai certaines cicatrices qui parlent parfois plus que ma logique. Je devrais sûrement arrêter de la regarder, je suis tellement faible que je pourrais en avoir les larmes aux bords des yeux.
— Qu'allons-nous dire ? Que faire ? Je ne souhaite pas que notre peuple se prenne de vague supplémentaire. Pas à quelques si petits jours du festival.
Je resserre mes bras, m'enlace davantage avant que ma gardienne ne me réponde.
— Nous n'allons rien dire, rien faire. J'ai déjà anticipé une sécurité extrême pour le festival lors de mon arrivée. J'ai échoué qu'en à celle de votre demeure et je ne peux que m'en dépeindre coupable, Madame. Mais faites-moi confiance. Il n'y a pas la moindre chance que le festival connaisse une quelconque faille de sécurité.
La commandante est sûre d'elle, me le dit droit dans les yeux, sans les lâcher. Elle est consciente que le simple fait de maintenir ce regard serait un manque de respect si ce n'était pas une promesse qu'elle me faisait. J'acquiesce alors d'un léger mouvement de menton...
— Pour votre bien-être et afin que le sommeil ne vous quitte pas, je vous dévoilerai l'intégralité de mes plans et de mes alternatives, me murmure-t-elle en s'inclinant à peine.
Mes épaules s'affaissent légèrement. Un ridicule poids me lâche. Mais quand je prends une seconde pour reprendre mon souffle, la porte s'ouvre rapidement. Je sursaute presque, les autres aussi. La partenaire de mademoiselle Hatz vient de rentrer. Elle s'incline rapidement, muette, puis fonce sur son amie. Bien trop précipitamment à mon goût, sans demande ni égard. Et avant même que je puisse articuler quoi que ce soit, Arai me devance :
— Blanche, souhaitez-vous vous faire destituer ? Sortez d'ici immédiatement. Vous n'avez pas demandé à être en ces lieux.
Je me tais alors. Mademoiselle Grassé entrouvre ses lèvres horrifiée de son propre comportement manipulé par ses émotions désespérées... Elle ne s'écarte pas pour autant de la gardienne.
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𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒
Storie d'amoreRose, héritière du trône d'un royaume exclusivement féminin, accède au pouvoir après la mort violente de sa mère, victime des sévices de son père. Confrontée à une tradition rigide, elle doit organiser un banquet pour trouver sa compagne avant ses...
