Chapitre 16 - P1

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ℳ𝒶𝒾

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J'avoue rarement avoir ressenti autant de détresse qu'il y a peu... Le film de son corps presque éteint tombant entre mes bras me provoque encore d'horribles frissons. Mes cris qui ont déchiré la joie de tous.

C'était il y a déjà une heure. Des servantes sont rapidement arrivées et m'ont aidée à la ramasser. Ensemble, nous avons tenté de la réveiller en la traînant sur plusieurs mètres jusqu'à sa chambre. Chacune de nous vérifiait si son cœur battait bien, si elle respirait correctement...

L'attente avant qu'elle ne reprenne connaissance m'a parue interminable. C'était affreux, je comptais chaque minute en pleurant. L'une des servantes avait appelé sa médecin, elle n'a pas tardé à arriver. C'est une chance qu'elle vienne de Gape. Nous avons eu le temps de réveiller Rose, de nous occuper d'elle et de la coucher.

Mes jambes tremblotantes, assise sur un siège en face de son lit, j'attends avec la docteure depuis presque une heure. Elle a déjà examiné Rose, réalisé une prise de sang et mis en place une perfusion. Elle s'est occupée d'elle comme une vraie sauveuse, alliant rapidité, dignité et une douceur infinie.

Bien que Rose soit réveillée, elle garde les yeux fermés en raison des maux de tête qui la torturent. Les mains gelées entre mes cuisses, je tente de reprendre mes esprits tout en observant madame Carrel se lever de son petit atelier médical de fortune, installé au coin salon de la chambre. Elle remet en place quelques mèches de ses cheveux blonds éparpillés, avant de retirer ses gants et de les jeter dans un petit sac-poubelle.

Lilith Carrel est une femme brillante, pleine de compassion. Une des meilleures chefs de service et médecins du pays, dirigeant en partie son hôpital. Si on m'avait dit que je la rencontrerais un jour et qu'elle était la médecin attitrée de la reine, je ne l'aurais pas cru.

Son visage porte les signes de son expérience ; une trentaine d'années de service dans le métier qu'elle exerce.

Elle enfile une nouvelle paire de gants bleus et contourne le lit de Rose pour s'approcher d'elle, tout en me demandant :

— Madame Arker, la reine s'est-elle vidée de quelque manière que ce soit pendant ou après sa perte de connaissance ?

— Je ne suis pas certaine... Elle voulait être seule lorsqu'elle est allée s'enfermer un instant dans sa salle de bain.

Je me sens complètement impuissante en ce moment.

— Madame Wakins ? Demande-t-elle doucement à la jeune femme qui ouvre légèrement les yeux.

— J'ai vomi. Ma tête... elle ne s'arrêtait pas de tourner.

— Rien d'autre d'alarmant dans vos selles ou votre urine ? La questionne-t-elle.

Je me sens gênée, non pas pour moi, j'ai passé l'âge. Mais plutôt pour Rose, qui s'expose si fragile devant moi.

— Rien. Déclare-t-elle d'une voix éteinte en refermant ses paupières.

La femme se penche légèrement au-dessus de Rose pour enlever la perfusion. En vérifiant les raccords, elle explique calmement :

— Je vais retirer la perfusion maintenant. Cela devrait vous soulager un peu.

Je me lève lentement et me déplace du côté opposé au médecin, m'approchant de ma reine pour être plus proche d'elle. Elle a reprit de vives couleurs rouges, mais elle lutte encore contre des sueurs froides et des fluctuations de température.

Je pose une main réconfortante sur la sienne, la caressant doucement. Je veux lui faire sentir que je suis là. Je comprends qu'elle la devine.

Je regarde Lilith, qui termine son travail avec soin.

𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant