Chapitre 21 - P1

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𝒩𝑒𝓈𝓈𝒶 

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Mouvements furtifs, coupures de souffle. Mâchoire qui grince, douleur explosive. Respiration saccadée, force exercée. Je me bats, corps et âme. Elle ne me laisse aucune chance. Elle me détruit, elle veut me tuer.

Battement de cœur, dans mes veines, dans mes coups. Écoulements de sang, rouges et débordants. Chaleur humide et pesante. Elle ne me rate presque jamais, m'épuise.

Je connais cet enseignement par cœur. Elle dévore ma force, m'affaiblit pour mieux me finir. Je ne peux pas jouer de la ruse, elle m'a cerné. Moi, en vain.

J'avale ma salive, mon sang, ma fierté. Elle me dévisage, me juge. Courbatures, vives, constantes. Je déclare bientôt forfait...

Le jour quitte le ciel, les rayons d'or du soleil tapissent la grande salle de réception vide. Ils sont chauds sur mon dos.

Ma vision me trahit, tout devient flou, je ne la suis plus. À cause de quoi, finalement ? Ma faiblesse, mes fautes, ma douleur ? La fatigue, le manque de sommeil, de confiance, la peur. Elle gratte les recoins de ma cage thoracique, m'empoisonne.

Un coup de plus claque sur mon bassin, je lâche, les genoux heurtant le carrelage. J'ai tellement mal...

Ne crie pas, ne pleure pas.

— Relève-toi, Nessa. M'ordonne ma commandante.

— Je... Je ne peux pas. Tenté-je de répondre avec difficulté.

Mes yeux rivés sur le sol, une mare bordeaux se forme devant moi. Je distingue ses pas se rapprocher de moi.

— Tu ne m'auras pas comme ça, tu le sais ? Prononce-t-elle, sûre que je la piège.

Une toux me prend, je m'étouffe avec mon propre sang que j'ingurgite. Il jaillit de mes lèvres, de mon nez. Peut-être bien d'autre part aussi, j'en ai aucune idée.

Madame Arai balance un torchon à mes pieds, celui-ci absorbe mes fluides. Mon corps entier est secoué, j'ai la tête qui commence à tourner violemment.

— Madame... Je me sens pas très bien. Lui confié-je en priant pour qu'elle me prenne au sérieux.

— J'ai frappé trop fort ? Demande-t-elle.

— Non... Vous frappez trop bien.

Alors que mon rythme cardiaque commence tout juste à ralentir, je sens des deux côtés de mon corps, deux personnes me relever. Elles m'appuient sur leurs épaules, me prennent par la taille. Je reconnais immédiatement le parfum de ma partenaire, puis celui de celle qui vient de me tabasser.

L'une est très douce, l'autre désagréablement brusque... Ai-je besoin de les regarder pour les différencier ? Je ne pense pas.

— Tu tiens debout ? S'inquiète Blanche.

— Bien sûr qu'elle tient debout, n'est-ce pas, Hatz ? Réagit la commandante.

— Je pense...

Asami Arai me relâche en douceur cette fois-ci. Et quand elle le fait, je suis forcé de tenir de moi-même, même si Blanche me retient toujours.

𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant