Chapitre 29

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𝒜𝓈𝒶𝓂𝒾

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Je pense sincèrement être la personne qui dort le moins dans ce pays. J'aimerais croire que j'ai fermé l'oeil plus d'une heure, mais je me fais des illusions.

Ma tête repose en coupe dans mes mains, mes coudes appuient sur mes cuisses. Je fixe un peu dans le vide la jeune femme que j'ai affaiblie et sûrement manquée de tuer. Une sensation agrippe mon buste et subsiste en moi. Voilà un temps que je n'avais pas ressenti si grande culpabilité... Je me déçois tellement fort, je ne suis pas digne d'autant de reconnaissance de sa part.

Il est vrai que c'était pour son bien... Le nôtre... Mais ai-je dépassé une ligne à ne pas franchir ? M'en voudra-t-elle ?

Mon cœur manque un battement lorsque que je sens un poids enfoncer le grand divan dans lequel je suis installée. Mademoiselle Arker m'observe en douceur. Je me redresse alors :

— Bonjour, votre Majesté.

— Bonjour, Asami.

Elle ne prononce rien pendant quelques instants. Je suis bien trop épuisée pour combler ce vide de banalités.

— Veuillez m'excuser pour hier... J'aurais dû garder ce genre de réflexion pour moi, ose-t-elle finalement m'adresser.

Si vous saviez ma chère... Si je n'ai rien osé vous répondre, ce n'est pas seulement à cause de votre rôle, mais aussi parce que j'ai manqué d'empathie et que j'en ai eu subitement honte lorsque vous me l'avez fait remarquer.

— Vous avez bien fait, ne vous excusez pas.

Sa main se glisse doucement sur mon épaule. Ce contact me surprend. Je ne la repousse pas mais cela me trouble. Elle n'est pas du milieu, bien trop humaine pour toutes.

— Merci d'avoir gardé ça pour vous... De m'avoir souri cette nuit. Je vous promets qu'il ne s'est rien passé. J'avais simplement peur d'être seule, me confie-t-elle.

Je souffle un rire très peu professionnel avant de me reprendre directement. Je ne suis pas née hier, mais...

— C'était une nuit affreuse pour tout le monde. Je sais ce qu'est le besoin de réconfort, mademoiselle Arker. Et je n'irai jamais à l'encontre de cela.

Mon regard rencontre le sien après avoir vaqué dans tous les recoins de l'infirmerie.

— Même en détriment des règles établies par la royauté ? Murmure-t-elle.

— Les avez-vous enfreintes ? Demandé-je avec neutralité en espérant qu'elle soit sincère.

— Vous savez ce qu'est l'amour, Asami ?

— Je sais ce qu'est l'amour, mademoiselle.

— Alors je pense que vous avez votre réponse, se détourne-t-elle avant de se relever calmement.

J'ai un petit quelque chose au cœur. Je ne sais que faire de cette information qui me rend complice. Mais si mademoiselle Arker me le partage, c'est peut-être car il est compliqué pour elle de le garder ?

— Soyez prudente. Je suis votre assistante, il est de mon devoir de garder cela pour moi. Mais vous pourriez avoir de gros problèmes. Loin de moi l'idée de vous faire la morale, je souhaite simplement vous mettre en garde.

Le bois de la porte entre ses mains, la jeune femme me sourit gentiment. En refermant derrière elle, celle-ci m'adresse ;

— Vos valeurs sont belles, votre cœur aussi. Merci encore.

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⏰ Dernière mise à jour : Feb 06 ⏰

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𝐋'𝐈𝐌𝐏𝐄𝐑𝐀𝐓𝐑𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐄𝐌𝐌𝐄𝐒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant