Rouge, couleur de victoire

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Précédemment :

J'étais profondément heureuse, et j'espérais que rien ne viendrait bouleverser mon petit cocon de bonheur.

Charles Leclerc

Éléna était forte, je le savais. Depuis que je l'avais vu pour la première fois, lors de sa saison de Formule deux, ou bien jusqu'à dernièrement, Éléna avait toujours su surmonter les épreuves que la vie lui avait imposées. Mais cette fois, c'était un peu différent. Après le décès de sa mère, elle avait réussi à passer outre la douleur, et à continuer de sourire, mais je voyais bien que tout n'était que façade. Elle était présente physiquement avec moi, elle riait à mes blagues, elle vibrait sous le son de ma voix, mais son cœur, lui, était ailleurs.

Et puis, je savais que la rencontre avec son père l'avait bien plus chamboulée que ce qu'elle avait laissé paraître, son esprit devant ressasser sans fin les mots durs que Louis Lemarchal avait tenus à son égard. Il n'y avait pas à dire, je n'aimais pas réellement mon beau-père de base, mais à présent, je le haïssais plus que tout au monde. Car j'avais conscience que c'était par sa faute si Léna était mal à présent. En effet, je voyais que la jeune femme devenait de plus en plus recluse sur elle-même, et cela me rendait inquiet.

- Est-ce que tu penses que ça va aller, si je me présente avec ces vêtements ? me demanda-t-elle en tournant sur elle-même, dévoilant un short bleu marine assemblé avec un tee-shirt de son écurie de même couleur. La semaine dernière, ils trouvaient que je n'aurais pas dû venir en robe, alors je me suis dis que ça doit être mieux comme ça, non ? Quoique... je ne comprends vraiment pas leur manière de penser. Ils disent que je fais trop féminine quand je me fais belle, et que c'est mauvais pour eux que je sois jolie, mais quand je suis au naturel, les seules réflexions qui me sont faites tournent autour de ma masculinité exacerbée. Est-ce que c'est moi qui ais un problème, ou c'est eux ?

Je relevai la tête, admirant ses cheveux bruns flotter allègrement dans l'air alors qu'elle tournait, avant de reprendre la forme d'ondulations régulières quand elle me fit à nouveau face. Ses yeux marrons finement bridés transpercèrent mon âme lorsqu'elle me regarda avec une tendresse et une douceur virevoltante, puis un sourire se dessina sur ses lèvres pulpeuses, faisant accélérer les battements de mon cœur. Son visage poupin se pencha lentement sur le côté, et ses sourcils si bien dessinés se froncèrent légèrement.

- Qu'est-ce que tu regardes ? me questionna-t-elle en riant avec nervosité. Je suis si moche que ça ?
- Non, soufflai-je en me redressant, m'avançant vers elle jusqu'à l'entourer de mes bras. Je t'observe car tu es magnifique. Peu importe ce que les autres disent, pour moi tu es la plus belle femme du monde.
- Arrête de dire des bêtises, tu me gênes, soupira-t-elle en essayant de s'échapper de mon étreinte, en vain. Charles, je suis sérieuse. Tu sais très bien qu'ils ont raison. Je ne suis pas normale.

Cette fois je me stoppai, respirant à grandes goulées son odeur, afin de me calmer. Je détestais l'entendre tenir ces propos. Parce que pour moi, personne ne devait se haïr au point de ne plus aimer son reflet. Aucun humain sur cette Terre, ne devait se sentir comme un moins que rien, à cause d'autres personnes qui ne se sentaient exister que par la discrimination des autres.
- Je t'interdis de dire ça, Éléna, murmurai-je. Peut-être que tu ne t'en rends pas compte, ou peut-être préfères-tu ne pas le remarquer, mais tu brilles aussi fort qu'une étoile. Tu n'es pas seulement belle à contempler, tu es aussi magnifique à découvrir. Les autres ne voient pas ce que je sais de toi, Éléna. Ils ne jugent que par leur jalousie, mais tu es un univers à part entière, et chacun de tes aspects et comme une nouvelle galaxie que l'on rêve d'explorer. Je t'aime, mon amour. Je t'aime comme tu es, comme tu étais, et comme tu seras demain. Et trois bouts de tissus ne changeront jamais cela.

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