Forza Ferrari Siempre

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Samedi 31 Août 2024, Autodromo nazionale di Monza

Cela faisait un peu moins d'un mois et demi que Jules était né, et pourtant, je me retrouvais déjà sur un circuit de Formule un. C'était un peu ironique, en sachant que Charles avait tout fait pour m'en empêcher. Il fallait croire que ce sport m'aimait autant que je lui rendais.

Vêtue d'une robe rouge et avec ma casquette Mercedes enfoncée sur la tête, j'étais parée à toute éventualité. À mes côtés, Mick regardait avec assiduité les écrans, échangeant de temps en temps quelques remarques avec Toto. Notre boss avait un grand sourire sur le visage, sûrement dû à la signature de mon contrat quelques jours auparavant.

Pour l'instant, aucune annonce n'avait été faite, l'Allemand attendant très certainement le bon moment pour le révéler au grand jour. Après tout, ce serait du jamais vu dans l'histoire de la Formule un. Une femme dans le baquet d'une Top Team, c'était encore inimaginable il y avait cinq ans de cela.

Il me restait toutefois certaines choses à régler, enfin, surtout une en particulier. Mais ça pouvait attendre encore un peu. J'étais, à ce moment-là, bien trop préoccupée par une monoplace rouge pour détourner mon attention des qualifications.

Charles avait eu du mal à accepter que je laisse Jules seul, et que je me rende moi aussi en Italie, mais il avait fini par accepter quand il avait compris que nous n'étions pas seuls.

Enfin, disons plutôt qu'il avait été très réticent au départ, surtout quand Lando avait décidé de rajouter son grain de sel. Parce que oui, le Britannique a ait jugé bon de faire une blague sur le sujet, qui n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.

Il fallait que le "Je suis le meilleur baby-sitter que vous pourrez trouver, j'ai un lapin à la maison" du pilote numéro quatre  n'avait fait que rendre le Monégasque plus anxieux.

Finalement, c'était Sophie qui gardait notre fils - au plus grand soulagement de Charles-, la Belge étant extrêmement heureuse de s'occuper de son petit-fils de cœur.

Pourtant, ça n'avait pas empêcher le pilote Ferrari de mettre Lando sur liste noire et de l'empêcher de s'approcher de Jules.

- Les McLaren sont vraiment très rapides, constata Mick en fronçant les sourcils. Je ne pense pas que nous pourrons décrocher la pôle. Ou en tout cas, pas à moins d'un miracle.

Toto soupira, son visage fermé se tournant dans ma direction. Il semblait être extrêmement préoccupé, et je savais que les résultats de Lewis ainsi que son départ prochain y étaient pour beaucoup.

- Qu'est-ce que tu en penses, Éléna ? Quel résultat nous pouvons espéré aujourd'hui ?

Je me concentrai sur l'écran face à moi, observant les feuilles de temps de tous les pilotes. J'essayais d'analyser chaque petit détail afin de comprendre les rapports de force, et de trouver une faille chez nos adversaires.

- Une troisième position serait envisageable, finis-je par déclarer. Les McLaren sont bien trop performantes sur un tour lancé pour espérer décrocher la pôle, et les Ferrari sont meilleures en course, ce qui les désavantage. Mais rien ne nous dit que l'ordre ne sera pas chamboulé.

Les deux hommes à mes côtés hochèrent la tête gravement, comprenant les enjeux des cinq dernières minutes qu'il restait dans cette séance. Aucun d'eux ne me fit une remarque ou ne me corrigea, et c'était bien là la preuve de leur confiance en mes capacités de jugement.

Toto avait beau avoir conçu la monoplace avec les ingénieurs et les aérodynamiciens, il manquait de retours concrets, et c'était mon rôle de les lui donner en tant que pilote sur simulateur. Et même si je n'avais pas pu faire de séance durant mon congé maternité, j'avais assez échangé avec les pilotes auparavant pour comprendre la philosophie de la voiture.

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