Précédemment :
Lentement, je dépliai la lettre entre mes mains tremblantes, reconnaissant presque immédiatement la belle écriture ronde et raffinée de ma mère. Mon cœur tressaillit dans ma poitrine, et je soufflai un bon coup avant de me lancer dans la lecture.
Un cri déchirant s'échappa d'entre mes lèvres alors que je me réveillais en sursaut, ma respiration laborieuse résonnant dans l'appartement vide. Très vite, je me mis à m'enrouler dans la couette blanche du lit, l'odeur rassurante de Charles m'enveloppant à présent de toute part. Mais cela ne suffit pas à me calmer, et mon souffle se fit de plus en plus rare, se bloquant même dans ma gorge.
Mon cœur accéléra pour atteindre un rythme soutenu, le son résonnant dans mes tempes avec une puissance effrayante, alors que je ne parvenais plus à respirer. Le monde commença à tourner autour de moi, et je sentis mon corps perdre les dernières forces qu'il lui restait. Je tentai de prendre une profonde inspiration, mais mon souffle ne fit que se bloquer dans ma gorge, m'obligeant à tousser. Paniquée par cette réaction sans fin, j'essayai de me calmer en me berçant d'avant en arrière, sans que cela n'ait aucun effet. En fait, cela ne fit que m'épuiser encore plus, et je finis par m'écrouler sur le ventre, comprimant encore plus mes poumons en manque d'oxygène.
Le temps semblait s'être arrêté tandis que j'attendais un miracle, ma vision devenant de plus en plus floue et mes paupières se fermant petit à petit. Je n'attendais plus que la délivrance avec hâte, car peut-être cela voudrait-il dire que je n'aurais plus à vivre ce cauchemar, et cette douleur insupportable. Toutefois, mes pensées se tournèrent vers Charles, et une larme s'échappa de mes yeux pour venir mourir dans le creux de mes lèvres.
J'aurais voulu le voir une dernière fois, me dis-je intérieurement, mes yeux se fermant définitivement, me plongeant dans une noirceur totale.
C'est à ce moment-là que la porte de la chambre claqua contre le mur en s'ouvrant, et deux mains me saisirent pour me poser contre un torse chaud et familier. Je pris une grande goulée d'air, remplissant mes poumons comme je ne l'avais jamais fait auparavant, la sensation étant comme une délivrance que je ne saurais expliquer. Cependant, ma respiration se fit très vite hachurée, et le cercle infernal recommença. Je savais que mon petit ami venait de rentrer du sport, car son tee-shirt était humide, mais je n'y prêtais pas réellement attention, laissant mon corps se relâcher dans ses bras. Mon souffle entrecoupé sembla se calmer légèrement, mais pas suffisamment pour me permettre de respirer correctement.
- Tout va bien, Élie, murmura-t-il contre moi en effectuant un doux mouvement de bercement. Je suis là, tout va s'arranger.
Les battements calmes de son palpitant et ses caresses douces dans mes cheveux finirent par me détendre, et je me laissais fondre dans son étreinte, ses murmures rassurants ainsi que sa respiration exagérée me permettant de reprendre un souffle plus régulier. La panique s'envola petit à petit, bientôt remplacée par une fatigue immense. Mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes pour la deuxième fois, et j'enfouis mon visage contre la chaleur apaisante que dégageait le torse de mon petit ami. Les formes abstraites qu'il dessinait dans mon dos finirent de me bercer, et je sentis mon esprit s'évader loin de là.
- Ça ne peut plus continuer comme ça, soupira Charles, me sortant de ma torpeur. Tu fais de plus en plus de cauchemars, tu n'arrives même plus à vivre normalement, et tu as perdu plus de cinq kilos depuis ce week-end à Abu Dhabi. Il faut que ça cesse, tu peux pas continuer dans cette direction.
Il resserra son étreinte, embrassant mon épiderme avec douceur, avant de plonger son regard vert dans le mien, épuisé par tant d'épreuves et d'émotions. Ses sourcils étaient légèrement froncés, ses lèvres pincées, et je pouvais voir dans le creux de ses prunelles toute l'inquiétude qu'il ressentait pour moi.
- Je sais que c'est difficile, parce qu'accepter son décès c'est comprendre que tout est différent, et qu'elle ne sera plus là pour te donner de la force. Mais, si tu restes comme ça, tu finiras par trahir tout ce qu'elle t'a appris, souffla-t-il en souriant tristement, des larmes pointant le bout de leur nez.
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Une vie
Fiksyen PeminatÉléna Lemarchal est en apparence la femme parfaite. Depuis ses débuts en Karting, elle force l'admiration de ses pairs, et paraît être la future légende de son sport. Pilote de Formule 1 à seulement 18 ans et disciple d'Alain Prost, elle s'est impos...
