Rendez-vous au dernier virage

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Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez mettre en route la musique en en-tête lorsque vous verrez ce signe : 🎵

Précédemment :

Un rire. Un sourire. Une bague ou un bouquet. Ce n'était rien de plus. Juste un amour profond et un soupçon d'adrénaline.

La pression était immense à la veille du Grand Prix d'Abu Dhabi. Je venais à peine d'arriver en Arabie Saoudite, que toutes les conversations étaient déjà centrées sur l'issue du championnat. En effet, les scores étaient serrés cette année encore. Max était à trois-cent-soixante-sept points, et Charles affichait seulement six points de moins que lui, rendant cette situation vraiment extraordinaire. Tout était fait pour nous laisser tendus et en haleine jusqu'à la fin de la course, jusqu'au dernier virage.

Je pouvais déjà affirmer que cette année était beaucoup plus stressante que la saison dernière. Premièrement, je faisais partie des acteurs majeurs du championnat en tant que meilleure amie de Max et que "future Madame Leclerc". Tout cela avait par ailleurs eu un incident sur moi, puisque je faisais depuis déjà plusieurs d'horribles cauchemars dans lesquels les deux pilotes finissaient dans le mur. C'était devenu tellement récurant que j'avais fini par passer plusieurs nuits en compagnie de Mick, qui avait été plus que ravi de m'accueillir dans sa chambre d'hôtel.

À cause de cela, j'avais échoué à entrer dans la troisième partie des qualifications, comme si le destin voulait que j'assiste au duel final. Alors, au lieu d'aller en zone de presse, je me dirigeai vers l'écran situé à l'intérieur du garage Alpine.

Là, j'observais les dix voitures restantes enchaîner les tours, mes yeux rivés sur la Ferrari ornée du numéro seize. Je connaissais assez Charles pour savoir qu'il devait se mettre la pression, se persuadant qu'il n'avait pas le droit à l'erreur.

- Max va avoir la pole, me certifia Alain en surgissant à mes côtés. Charles fait trop d'erreurs, il ne pilote pas comme d'habitude.

Je me contentai de hocher la tête, ayant moi-même remarqué cela. Le Monégasque prenait les vibreurs trop fortement, et avait passé les limites de piste à deux reprises, ce qui était inhabituel.

J'étais extrêmement stressée pour lui, et Alain dû le ressentir puisqu'il entoura mes épaules de son bras, sa présence familière me servant de bulle de protection face à mes peurs.

Je restai ainsi, fixant avec intensité la petite télévision dans le stand, sans me soucier de la caméra pointée dans ma direction ou des invités VIP de l'équipe qui murmuraient entre eux, critiquant les pilotes alors même qu'ils n'y connaissaient rien.

Chaque minute qui passait me rendait un peu plus fébrile, au point où mes jambes tremblaient de peur. Max passa la ligne de départ-arrivée avec une minutes d'avance sur la fin du chrono, déposant le temps le plus rapide de toute la séance de qualification. Dans ma tête, je récitais un mantra, avec l'espoir que Charles puisse battre le Néerlandais.

Mais, alors que mon petit ami améliorait son propre temps, Pérez qui était devant lui le bloqua, l'obligeant donc à aller moins vite.

Ce n'était pas grand chose, juste le temps d'un enchaînement de virages, mais ce fut suffisant pour que Charles échoue à la troisième place, à trois dixième et demi de la pole position.
- Quel connard, persiflai-je, mon mentor approuvant d'un signe de tête.

Mais je ne pus pas râler plus, puisque Laura se dirigea dans ma direction, un air désolé sur le visage.
- Éléna, tu dois venir faire tes interviews, me dit-elle avec le plus de douceur possible. Maintenant que les qualifications sont terminées, tu n'as plus d'excuses pour ne pas y aller.

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