Je montai les escaliers, ma robe découvrant ma jambe au fil de mes pas, tandis que Max laissait traîner sa main dans le creux de mes reins, frôlant mon dos par moment, me faisant frissonner. Nous nous arrêtâmes devant les journalistes, prenant la pose alors que les flashs crépitaient autour de nous, nous aveuglant presque de leur lumière blanche.
La prise du Néerlandais se raffermit, et le sentiment d'oppression qui m'ensserrait le cœur sembla s'envoler au gré du battement de son palpitant, que je sentais contre moi, témoignant de notre extrême proximité. Les cris et questions qu'hurlaient les paparazzis semblèrent s'évanouir, alors que je plongeais mon regard dans celui, rassurant, de mon grand frère de cœur. Ses yeux étaient comme un phare au milieu de la tempête, un moyen de me rattacher à l'instant, un guide dans cet ouragan de nouveautés.
Après ce qu'il me sembla être plusieurs longues minutes, mon meilleur ami me poussa gentiment, m'enjoignant à poursuivre ma route jusqu'au portail en forme d'arc face à nous, qui n'était autre qu'un Pishtak. Nous entrâmes dans le bâtiment, et tout de suite je fus émerveillée par ce que je découvris. Les murs étaient blancs, et certains étaient couverts de tissus, qui flottaient au gré du vent. Ce mélange entre ce côté épuré et plus ornementé offrait une atmosphère digne des contes de mille et une nuits.
Je découvrais ce lieu mystérieux, où les arabesques et l'architecture étaient uniques, rappelant celui des anciens palais de Sultans, avec leurs grandes ouvertures et leurs grands arcs brisés. Le couloir dans lequel nous avancions était fait de colonnes se rejoignant en des arcs persans, laissant voir les jardins luxuriants qui entouraient le palais, et qui venaient créer des atmosphères de vie entre les différents bâtiments.
Il y résonnait une musique aux consonances orientales qui intensifiait cette impression d'ésotérisme qui flottait dans l'air, me faisant frissonner d'appréhension. Enfin, nous arrivâmes dans une cour, où palmiers et fontaines vivaient en harmonie, rendant l'atmosphère paisible et enchanteresse. Un perroquet s'envola devant nos yeux, dévoilant ses magnifiques couleurs à notre regard curieux.
Nous traversâmes ce lieu paradisiaque, entrant finalement dans une autre partie du palais, dans laquelle je découvris une immense fresque, dont les couleurs chatoyantes représentaient un bord de mer, et ce qui semblait être une procession royale, un cortège qui laissait le Prince du pays rejoindre son palais. Max m'expliqua l'histoire de cette mosaïque, son récit me portant vers une époque lointaine, où les rois-guerriers étaient encore adulés.
Nous décidâmes de reprendre notre chemin, marchant dans ce qu'il me semblait être un labyrinthe, les murs blancs se succédant les uns aux autres, les plafonds couverts de fresques et d'or nous renseignant sur la richesse du maître des lieux.
Après ce qu'il me sembla être de longues minutes de marche, nous arrivâmes devant une porte double en forme d'arc brisé, dont le haut était sculpté, les moulures rappelant le style persan - j'appris plus tard qu'il s'agissait d'un arc polylobé. Sur le battant semblait être gravé l'histoire de l'île, dans ce que je devinais être de l'or. Alors que je détaillais la fresque, je remarquai une gravure de ce qui ressemblait à un génie, ces êtres mystiques faisant partie intégrante des légendes de la région.
- Tu verras, tu risques d'être au centre de l'attention, me souffla Max en me jetant un coup d'œil empli de compassion. Mais puisque je suis avec toi, les gens devraient te laisser un peu tranquille.
Cet aveu me fit l'effet d'un coup de poignard dans le coeur, me rappelant que beaucoup détestaient mon meilleur ami, se basant entièrement sur son comportement en piste, et non pas sur qui il était réellement. Je savais que beaucoup pourraient m'éviter par peur de lui, et je leur en voulais. Je les détestais pour leur jugement entièrement basé sur les apparences et non pas sur la personnalité. Ce jugement m'avait moi aussi beaucoup touchée, puisqu'en tant que femme, certains paraissaient penser que je n'étais pas assez forte, que je ne savais que me maquiller et séduire, que je ne méritais pas ma place. Je savais que cette réception serait le moyen de leur prouver qu'ils avaient tord.
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Une vie
Fiksi PenggemarÉléna Lemarchal est en apparence la femme parfaite. Depuis ses débuts en Karting, elle force l'admiration de ses pairs, et paraît être la future légende de son sport. Pilote de Formule 1 à seulement 18 ans et disciple d'Alain Prost, elle s'est impos...
