Still in the game

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Dimanche 24 Mars 2024

- Carlos Sainz vient de passer la Red Bull de Max Verstappen ! Quel rebondissement dans ce début de course ! Alors même que l'Espagnol a été opéré de l'appendicite seulement deux semaines auparavant, il mène déjà le Grand Prix d'Australie !

Julien Fébreau était déchaîné aux commentaires de Canal plus, alors que je suivais la course dans le coin VIP de l'hospitalité Mercedes.

Cela faisait si longtemps que je n'avais pas vécu une course en tant que spectatrice, que les émotions me submergèrent avec une intensité extrême. Les feux s'étaient à peine allumés que je sentais déjà mes poils se hérisser sur mes bras, ainsi que des frissons me traverser.

Ce Grand Prix s'annonçait épique. Red Bull - ou devrais-je plutôt dire Max - étaient encore les favoris cette saison, mais le champion du monde en titre était en difficulté sur la piste, à cause d'un problème technique. C'était exactement ce que Christian ne voulait pas voir.

La radio de mon meilleur ami s'alluma, et je souris en l'entendant jurer. C'était bon signe, cela prouvait qu'il prenait ses adversaires au sérieux et qu'il avait retrouvé son envie de gagner, malgré les pronostiques des experts du sport auto. Toutefois, je souhaitais d'ores et déjà bonne chance à Camelia, qui devrait supporté la version grincheuse du Néerlandais toute la soirée.

Je m'imaginais déjà Max en train de nous snober, ses yeux lançant des éclairs alors qu'il nous gratifiait de sa fameuse moue boudeuse. À cela, il faudrait ajouter ses marmonnements à propos de ses résultats de l'année précédente, et de à quel point monsieur nous était supérieur.

Enfin bon, il fallait avouer que nous aimions cette version-là de lui, malgré tous ses défauts. Après tout, il nous fallait prendre le Néerlandais en entier, avec son côté grincheux dans le lot.

Dans le cas contraire, s'il y en avait bien un qui serait content ce soir, ce serait Charles, ou en tout cas, ce serait le cas si la course continuait avec le Monégasque en deuxième position. Parce que oui, dans le sport automobile, le malheur des uns faisait le bonheur des autres, c'était bien connu. Et pour le coup, c'étaient les pilotes Ferrari qui seraient heureux.

C'était un peu ironique de voir que, à chaque fois qu'il fallait battre le monstre qu'était Red Bull, ce devait être une Ferrari en face. Que ce soit en deux-mille-vingt-deux, ou l'année précédente, seuls les pilotes Ferrari arrivaient à tenir têtes à l'écurie Autrichienne.

- Alors ? Qu'est-ce que tu en penses pour l'instant ? me demanda Susie qui était installée à les côtés.

Je pris le temps de fixer mon regard sur la Britannique, le détournant le temps de quelques minutes de mon téléphone.

- La voiture est clairement meilleure que celle de l'année dernière, George m'en a fait des bons retours, expliquai-je. Par contre, je pense qu'il ne faut pas sous-estimer Max, même s'il est en difficulté.

Un hochement de tête me répondit, avant que je ne me reconcentre sur mon écran. Et juste à cet instant, la monoplace de mon meilleur ami se mit à ralentir, avant qu'il ne se dirige vers la pit lane.

L'échange entre le Hollandais et son ingénieur laissait penser à un problème de frein, qui se confirma lorsque ce dernier explosa à l'arrivée dans la voie des stands de la Red Bull. Une grimace se dessina sur mon visage, tandis que je me réinstallai dans mon fauteuil.

- Tu sais que tu peux venir dans le garage pour regarder la course, George et Torger seraient ravis de t'avoir à leurs côtés, reprit Susie une fois les premiers arrêts aux puits exécutés.

Je haussai les épaules et caressai doucement mon ventre arrondi, avant de me justifier.

- Je ne voulais pas être confronté trop vite aux journalistes. Déjà qu'ils me suivent de partout à chaque fois que j'entre dans le paddock avec Charles...

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