La désillusion...

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Précédemment :

Nos corps tombèrent tous deux sur le lit, nos regards se défiant alors que nos souffles se mélangeaient.
- Je t'aime Charles, murmurai-je en déposant un dernier baiser sur ses lèvres.

Nous venions de poser nos pieds sur le tarmac du Paddock de Bahreïn, l'air chaud des lieux nous fouettant le visage. Charles était à mes côtés, et nos mains étaient entrelacées, alors que nous avancions en direction de nos écuries respectives. Notre arrivée avait fait sensation, des dizaines de journalistes s'étant précipités autour de nous pour nous mitrailler de photos, et pour nous demander une suite interminable de questions. Mais par-dessus tout, ce qui était le plus plaisant à observer n'était autre que les centaines de paires d'yeux qui nous détaillaient, les femmes rougissant aux moindres sourires que Charles m'adressait. Je me sentais comme une reine, la main du Monégasque caressant mon ventre avec douceur.

- Tu as entendu les rumeurs ? demanda un membre de l'écurie McLaren à un de ses collègues, alors qu'ils passaient à côté de nous. Apparemment, Éléna Lemarchal sortirait avec Charles Leclerc parce que Max Verstappen aurait refusé ses avances.
- Vraiment ? Eh bien elle ne manque pas de toupet celle-là. Au final, nous avions bien raison de nous méfier. C'est une vraie sorcière.
- Le pire, c'est que Zak veut la recruter, persifla le premier avec une mine de dégoût. Je ne sais vraiment pas ce qu'il lui trouve, à cette manipulatrice.

Je sentis comme un pincement dans mon cœur, avant que je ne sente la fureur m'envahir. Mes ongles s'enfoncèrent dans ma paume, mais je ne ressentais pas la douleur, trop obnubilée par les mots qu'ils avaient dits. Je n'avais qu'une seule envie : leur montrer ce que je pensais de leurs rumeurs abracadabrantes. Mais, Charles m'en empêcha, sa prise se raffermissant sur ma hanche, tandis qu'il me lançait un sourire crispé. Ses sourcils froncés, et son regard noirci contrastaient fortement avec cet air décontracté qu'il se donnait, me montrant que lui aussi ressentais une certaine frustration, malgré son apparente tranquilité.
- Ne les écoute pas, Élie, souffla-t-il avec une force qui me surprit. Ils ne peuvent supporter que quelqu'un dépasse leurs attentes, c'est tout. Et puis, entre nous, je vaux bien mieux que Max, tout le monde le sait.

Deux mains se posèrent soudainement sur mes épaules, et une aura écrasante surgit de derrière moi, semblant défier le pilote Ferrari. Je n'avais même pas besoin de me retourner pour savoir qui était cette mystérieuse personne. Et le cynisme grinçant dont fit preuve le champion du monde de fit que me le confirmer.
- Pourquoi est-ce que mon nom semble-t-il être si insultant quand tu le prononces, Charles ?
- Parce qu'à force de faire des entrées dignes des plus grands méchants Disney, tu vas réellement finir par te transformer en une version réelle de Gaston, ou pire, de Hans.
- C'est bien, parce que je croyais que tu étais un Capitaine Crochet mal réalisé, répondit le Néerlandais avec un aplomb assez marquant.

Bien entendu, je décidai de ne pas rester au milieu de cette dispute, et me faufilai hors de leur étreinte oppressante. Je les laissai se taquiner, rejoignant l'hospitalité Alpine d'un pas précipité. Si j'avais essayé de me déconnecter au plus du milieu de la Formule un, cela me manquait tout de même énormément, et j'étais extrêmement heureuse de pouvoir à nouveau me balader au sein du paddock. Mais, je venais à peine de passer la porte du motor-home, que les regards hagards des membres de l'écurie Alpine m'accueillirent, me rappelant cette épée de Damoclès qui pesait au-dessus de ma tête.

Laura m'avait exprimé tout son soutien en m'avouant qu'elle me suivrait peu importe où j'irais, et nous avions toutes les deux pris contact avec certaines écuries, recevant des réponses assez positives pour l'instant. Red Bull avait été celle qui m'avait proposé le meilleur contrat, et Christian avait bien été clair : il me voulait dans son écurie pour les quatre prochaines années. Mais, malgré l'enthousiasme plus qu'encourageant du Team Principal, Lia avait été franche avec moi. Jamais Jos Verstappen ne permettrait cela. Et l'hésitation d'Helmut Marko à me faire signer un contrat m'avait prouvé qu'elle disait vrai. Jamais je ne ferais partie de l'écurie Autrichienne.

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