35-Rendez-vous.

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Lorsque j'avais parlé de mon rendez-vous amoureux avec Sophie, Alice était folle de joie. Elle me posait plein de questions auxquelles je ne pouvais pas répondre. En même temps, elle était surprise, ne s'y attendait pas qu'il y avait une fille à qui je plaisais bien. Moi-même, je n'y aurais jamais pensé, encore moins qu'il s'agirait de Sophie. C'était la première fois que j'invitais une fille à sortir et, comme je ne m'y connaissais pas bien, j'avais besoin de conseils. Ma sœur était plus excitée que moi et, grâce à elle, j'avais une idée de l'endroit où j'allais l'emmener. Honnêtement, quand je lui avais demandé de sortir, je ne savais pas encore où j'irais avec elle. Alice disait qu'un restaurant était du déjà-vu.

— Je n'arrive pas à croire que tu ne possèdes pas un seul vêtement décent, souffla Alice.

— Laisse-moi envoyer un message à Carl.

Mon frère ne trouvait aucun problème à me laisser prêter ses vêtements. Il était même content d'apprendre que j'avais un rendez-vous avec une fille, ainsi que ma sœur.

— En voilà une armoire décente, s'exclama-t-elle.

Carl savait comment s'habiller et son apparence avait une grande importance. Rapidement, Alice me trouva un ensemble qui m'irait bien. Comme Carl et moi faisions presque la même taille, ses vêtements m'allaient bien, et même ses chaussures.

— Je n'arrive toujours pas à croire que tu m'as caché une chose pareille, me reprocha-t-elle encore.

— Tu passes tout ton temps avec Henry, on n'a même plus le temps de se parler.

— Ce n'est même pas vrai. En passant, ses parents se sont rendus à la direction et il n'est plus suspendu.

— C'est bon de savoir. Ma sœur a le chic de choisir ses petits amis.

Elle me balança un oreiller au visage que j'attrapai de justesse.

— Ma mère veut que je passe les vacances d'été avec elle. Et elle t'invite aussi.

— Non merci. Tu sais bien qu'elle me déteste, refusai-je.

— Mais et notre petit frère ?

Mon petit frère était venu au monde en avril dernier, mais je ne l'avais vu qu'en appel vidéo lorsque mère m'appelait. Il s'appelle Alain. Cela me paraissait bizarre que la mère d'Alice voulût de ma présence alors qu'elle ne m'avait pas parlé depuis mon anniversaire, et pendant lequel elle avait passé la chanson pitit deyò en boucle. J'aimais mon nouveau frère mais je préférais garder ma distance.

— Papa viendra bientôt nous rendre visite.

— Cool.

— Cool ? C'est papa David.

— Tu sais que c'est compliqué.

Sans mentir, je faisais des efforts pour me rapprocher de lui mais quelque chose me retenait. Il m'avait toujours traité comme son fils, avant même que la vérité fût découverte, et essayé de créer un lien qui n'existerait pas entre nous. J'avais du mal à m'y faire.

— Peux-tu m'attendre dans le salon ? Je vais me préparer.

Je devais passer prendre Sophie vers 4 h de l'après-midi mais, avant tout, j'avais pensé à acheter quelque chose pour elle. Elle aimait les tournesols mais, après des recherches difficiles à cause la rareté de ces fleurs, j'en avais trouvé quelqu'un qui en vendait et on m'avait promis un bouquet qui lui ferait sourire. J'étais excité et cela me faisait plaisir de pouvoir faire tout cela pour une fille que j'aimais bien et qui en valait la peine. Avant de partir, ma mère me demanda de faire attention, j'allai déposer ma sœur chez elle, ensuite j'allai chercher la commande. Le bouquet était magnifique et j'espérais qu'il plairait à Sophie. J'étais confiant et nerveux à la fois. Je me regardai une nouvelle fois dans le rétroviseur intérieur et subitement je trouvai un défaut à ma nouvelle coupe. Elle ne le remarquera pas, me dis-je avant de descendre.

My [Un]Happy StoryDes histoires addictives. Découvrez maintenant