41-Le Tribunal.

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— Dépose, me conseilla Henry en arrachant l'appareil de mes mains.

J'avais passé la semaine à être pointée du doigt pour quelque chose que je n'avais pas fait. Cette histoire était sur toutes les lèvres, le sujet de discussion sur tous les groupes et sur les réseaux sociaux. Je passais mon temps à signaler tous les posts, mais malheureusement, la justice n'avait pas encore dit son mot. Mon oncle avait pris une bonne avocate et employé les gros moyens pour mettre Steven en garde à vue. En Haïti, ce sujet est rarement pris au sérieux. J'avais fait quelques recherches et découvert que, sur trois cas, un seul avait abouti à un résultat positif.

— Ce n'est pas de ta faute, me rassura mon petit ami.

— Pourtant, j'aurais dû la protéger.

Cela faisait une semaine que je n'avais pas vu ma cousine, car elle s'était enfermée dans sa chambre. Mon oncle était fou de rage et ma tante se blâmait, ce qui avait provoqué des disputes simultanées entre le couple, qui se reprochait d'avoir failli à son devoir de parents. Une réunion de parents avait vite été organisée pour toute l'école afin de discuter de ce problème.

— Je l'avais prévenu, ajoutai-je en colère.

— Rien n'est de ta faute, ma chérie.

J'essuyai mes larmes et demandai à Henry de me ramener chez moi avant que mon oncle et ma tante ne reviennent. Ils avaient pris mon téléphone depuis l'incident. Stevens n'allait pas s'en tirer de cette façon et j'étais prête à m'en assurer. Ma cousine était une victime, mais c'était elle qu'on faisait porter le chapeau et qu'on insultait. Le couple se disait innocent et n'était pas au courant des faits reprochés. David lui avait bien réglé son compte avant qu'il ne fût mis en garde à vue. En rentrant à la maison, j'allai encore frapper à la porte de Maryse. Cette fois, elle me laissa entrer. Sa chambre était en pagaille, son miroir brisé et ses yeux bouffis. En me voyant, elle se jeta dans mes bras en pleurs.

— J'ai détruit ma vie, cousine.

— Ne dis pas ça. Steven sva payer.

— Mon père veut que je témoigne au tribunal, mais je ne peux pas. Il a eu mon accord et je ne crois pas qu'il soit responsable de ce qui a circulé.

— Je t'interdis de le défendre.

— C'est la vérité, Alice...

— Non, la repoussai-je gentiment.

Je fermai la porte et allai m'asseoir avec elle sur son lit défait.

— Cela me fait mal de le dire, mais tu es une victime. Tu le sais mieux que moi.

— Je suis allée vers lui.

— Peu importe, tu es mineure.

Je ramenai sa tête sur mon épaule et elle se lâcha.

— C'est cette fille qui devrait être en cellule.

Elle m'avait raconté qu'elle soupçonnait la petite amie de Steven d'être à l'origine de ce qui s'était propagé, mais il n'y avait aucune preuve. On était presque à la fin de l'année scolaire et le corps disciplinaire de l'école était sur le point de renvoyer Maryse pour avoir terni la réputation de l'école. Une chose que je détestais avec ces institutions, c'était qu'elles ne toléraient point les erreurs, peu importe les bonnes actions passées. Ma cousine était l'élève modèle, contribuait grandement à la victoire de l'école aux concours interscolaires et, lorsqu'elle avait reçu de l'argent en récompense après un concours, elle en avait fait don à la direction. Maintenant qu'elle était une victime, elle était mise au banc des accusés, jugée et traitée comme la pire élève.

My [Un]Happy StoryDes histoires addictives. Découvrez maintenant