On marchait tranquillement, main dans la main, sans rien dire. On était bien ainsi, je n'avais pas envie de briser ce silence entre nous. Les rues étaient vides, on n'avait peur de rien. Il ne me disait rien, je comprenais tout. En remettant les clés de la voiture, je savais qu'il ne voudrait plus la conduire.
— Pourquoi tu n'es pas retournée le trouver ? mit-il fin au silence.
— Je te l'ai dit, t'es le plus important.
— C'est ton copain.
— J'aurai d'autres occasions d'être avec lui. Puis, t'es mon frère.
— Demi-frère, rectifia-t-il.
Je m'arrêtai, l'obligeant à faire de même. Je croyais qu'on s'était mis d'accord pour ne plus utiliser ce mot.
— C'est à cause de Maryse ?
— Elle a raison. Je n'ai pas le droit de me mêler de ses affaires.
— Alors, c'est moi qui la dénoncerai.
— Ne le fais pas.
Sur ce, on reprit notre marche lentement. Ma cousine avait été trop insolente. Je n'aurais eu aucun remords, aucune hésitation à en parler à mon oncle, par pure vengeance, à la pousser à me haïr. Je ne tolérais personne qui parlait mal à David. Petite, quand sa mère le grondait en ma présence, je le défendais, qu'il ait tort ou pas.
— Pourquoi ?
— Cela n'en vaut pas la peine.
— Stevens est plus vieux qu'elle.
— Je croyais que tu l'aimais bien.
— Je le hais et je me déteste parce que je n'arrive pas à résonner ma cousine, avouai-je.
Il se mit à rire doucement. Non pas un rire forcé. Devrais-je lui parler des messages ? Non, ce n'était pas obligé. Mais je mourais d'envie de le faire. Donc, je me lançai car c'était un truc grave.
— Je ne l'ai jamais aimé.
— Parce qu'il a fait boire Maryse au disco ?
— Comment tu le sais ?
— Joe l'a dit sans faire exprès.
Il parlait beaucoup trop parfois. Et il me devait des explications pour ce qu'il avait fait quand j'étais avec Henry. Il avait trouvé bizarre qu'un simple ami de mon frère agisse de cette façon.
— Et tout à l'heure, elle buvait de la bière.
— Quoi ? Décidément, je le déteste encore plus. Cela fait deux fois qu'il la laisse boire.
— Il a changé Maryse.
— M'en parle pas. Elle lui envoie même des photos.
— T'en envoyais pas à Allan ?
— Si...
— Alors où est le problème ?
— Tu n'as pas compris. Ce sont des photos qui lui apporteront des ennuis si elles se retrouvent partout. Moi, je n'en ai jamais envoyé à qui que ce soit
Cette fois, ce fut lui qui m'obligea à m'arrêter, surpris.
— Là, c'est grave.
Beaucoup sont unanimes à dire qu'il n'y avait rien de mal à envoyer des photos à son petit ami. Mais quand on a 17 ans et que ce petit ami est âgé de quatre ans de plus, il y a un problème.
— Tu crois qu'il l'oblige ?
— Non. Il me semble que c'est elle qui les a envoyées de plein gré.
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My [Un]Happy Story
Ficção AdolescenteLes vacances d'été étant terminées, une nouvelle année scolaire vient de commencer. Alice ne peut s'empêcher de la craindre après tout ce qui lui était arrivé. David de son côté, essaie tant bien que mal de s'attacher à son père et de comprendre le...
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