26-Saint-Valentin

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Quand j'avais 7 ans, il y avait une fille de mon école qui me plaisait bien et à qui je plaisais. À cet âge, l'amour est quelque chose de magique, on y croit fort et on se projette un bel avenir. Pour la fête de la Saint-Valentin, notre maîtresse nous avait demandé d'offrir un cadeau à quelqu'un qui nous tenait à cœur dans la classe et j'avais choisi d'écrire un poème à cette fille. Anonymement. Je n'oublierai jamais ce jour-là. Elle avait tout de suite su que c'était moi et elle m'avait embrassé. C'était mon premier baiser.

Mais en grandissant, les choses avaient pris une autre tournure. À mes yeux, la Saint-Valentin n'était plus la même chose qu'elle était onze ans auparavant. Certaines filles, bien avant ce jour, répondaient oui à un garçon qui les courtisait juste pour avoir des cadeaux, particulièrement du chocolat, en ce jour dit spécial. Ensuite, elles rompaient avec eux. Cette fête avait perdu de la valeur pour moi. Elle me faisait douter de certains « amoureux » et Joe en était la preuve. Il sortait avec une fille depuis on ne savait quand. On savait tous ce qu'il attendait d'elle, mais on ne disait rien. Alfred avait profité de l'occasion pour nous présenter sa petite amie. Un vrai cachottier. Patrick avait prévu de sortir avec Cassandre dans la soirée. Il ne restait que Sophie et moi. J'étais même étonné qu'une fille comme elle soit célibataire.

— C'est quoi ton plan pour aujourd'hui ? lui avais-je demandé.

— Je n'ai pas de petit ami, m'avait-elle répondu.

— Une blague ?

— Non. D'ailleurs, je n'ai jamais... je ne suis jamais sortie avec quelqu'un.

— Je ne te crois pas. Et Alfred ? Vous...

— C'était une rumeur. T'as vu qu'il a une petite amie qu'il nous a bien cachée.

— C'est bien vrai.

— Et toi ?

— Je suis plus ou moins sorti avec quelqu'un.

— Oh ! Mais je voulais savoir ce que tu as prévu de faire.

— Quel idiot, ris-je bêtement. Peut-être rester jouer à la Play pour rejeter toute ma frustration de célibataire.

Elle se mit à rigoler sincèrement. Au fond, j'étais satisfaisait de la voire rire à ma petite blague.

— Et est-ce qu'il y a une petite place pour une autre personne souhaitant faire autant ?

— Tous les célibataires sont invités chez moi, blaguai-je.

— Donc, chez toi après les cours ?

— Absolument.

Si seulement je savais. En disant cela, elle était sérieuse, elle voulait vraiment se rendre chez moi et je n'avais pas pu lui dire que c'était une blague. La seule PlayStation qu'il y avait à la maison appartenait à mon frère et elle était dans sa chambre. Heureusement qu'Alice et moi n'avions pas le même horaire ce jour-là. D'habitude, je n'emmenais personne de l'école à la maison. Lorsqu'elle franchit le salon, j'eus l'impression de commettre une infraction.

— Sophie... T'es sûre que tu veux rester ?

— Oui. Pourquoi ?

— Parce que... parce que la Play est dans la chambre de mon frère.

— Cela ne me dérange pas.

À moi, si. Carl me tuerait s'il savait que j'emmenais quelqu'un dans sa chambre. En même temps, j'avais peur que ma mère débarque et nous retrouve dans la chambre de mon frère.

— Tu veux boire un truc ? J'ai du Sprite, 7 Up, Coca...

— Seulement de l'eau.

— OK.

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