27-Excuses.

2 0 0
                                        

Je n'arrivais pas à m'empêcher de sortir Sophie de la tête et de me demander ce que voulaient dire ces baisers. Le week-end ne m'avait jamais paru aussi long tant j'étais impatient d'être à lundi. J'avais pensé à lui envoyer un message, mais le mieux serait d'en discuter en face. Puis, après son départ précipité, je n'avais pas eu de nouvelles d'elle. Cependant, lorsque je l'avais croisée en arrivant à l'école, elle faisait comme si de rien n'était. Moi, je ne pouvais pas rester sans savoir. J'avais dû attendre l'heure libre pour lui parler. Par contre, je ne savais pas comment aborder délicatement le sujet.

— Ça va ? lui demandai-je pour la deuxième fois de la journée.

— Oui, répondit-elle en souriant. Pourquoi ça n'irait pas ?

— Je ne sais pas... Sophie, est-ce qu'on pourrait parler...

— ... du baiser ? devina-t-elle.

Ce n'était pas le moment de dégonfler. C'était maintenant, au risque de paraître probablement pour un con.

— Rassure-toi, c'était juste un baiser.

Sur ce coup-là, je fus surpris. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle m'avoue que j'étais le garçon dont elle était amoureuse. Enfin, peut-être. Mais le lâcher de cette façon m'avait fait l'effet de vraiment paraître pour un con. Gêné un peu, je souris.

— Cela aurait été bizarre que je sois ce garçon dont tu m'as parlé.

— Pourquoi ça n'aurait pas été toi ?

Elle me noyait dans une totale confusion et je n'aimais pas cela.

— Voyons... je suis arrivé ici il y a, genre, six ans et c'est la première fois qu'on se côtoie. On ne se connaît pas vraiment, dis-je pour ne pas m'enfoncer.

— Tu marques un point. Sinon... je m'excuse d'avoir créé ce malentendu.

— Je m'excuse aussi de t'avoir... embrassé.

— Cela ne se reproduira plus.

— Aucun doute là-dessus.

On n'arrivait pas à se regarder et un malaise s'était créé entre nous. Je repensais encore à ce baiser et je voulais encore l'embrasser. Les battements de mon cœur augmentèrent légèrement.

— Sophie, je...

— On y va ? m'interrompit avec un demi-sourire.

Je hochai la tête par peur de dire des conneries. Tout était clair entre nous, elle n'était pas amoureuse de moi, ce n'était qu'un baiser. Mais cela ne m'avait pas rassuré, je me sentais un peu déçu. J'avais attendu tout le week-end pour me faire indirectement rejeter. Enfin, ce n'était pas vraiment un rejet. Qu'aurais-je fait si elle m'avait avoué être amoureuse de moi ?

PDV d'Alice

C'était bientôt les congés de Carnaval et les professeurs ne venaient pas vraiment en cours. Dans chaque classe, préparer une représentation pour le carnaval qu'organiserait l'école était le centre d'intérêt. L'année d'avant, j'avais participé et cette année-là, je n'en avais pas envie. Cette époque me rappelait trop de moments qui ne valaient plus rien. Henry et moi étions devenus plus proches que jamais et sans m'en rendre compte, j'avais développé un béguin pour lui. On se parlait au téléphone tout le temps et cela ne m'aidait pas vraiment. Plusieurs fois, j'avais failli lui dire que je craquais pour lui mais il ne me considérait comme une amie. Il me parlait comme il parlerait à une bonne amie. En plus d'être beau, il était très sympathique et surtout timide. Notre rapprochement n'était pas un secret pour les autres, toute la classe était au courant et certaines filles me taquinaient.

My [Un]Happy StoryDes histoires addictives. Découvrez maintenant