39-Fuites.

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— Léopold Maryse, vous êtes attendue dans le bureau de la directrice.

Toute la classe se tourna vers Maryse. Il était inhabituel, quasi jamais, qu'elle se fût appeler par la direction. Dans la plus grande confusion mêlée de surprise, elle se leva pour suivre la secrétaire qui était venue l'appeler. Durant le court trajet, des milliers de questions trottinaient dans ses pensées. Pour quelle raison la Mère supérieure voudrait-elle bien l'avoir dans son bureau ? La seule fois qu'elle y était allée datait du jour où elle avait réussi l'examen d'admission. Elle avait la plus grande moyenne jamais enregistrée dans l'histoire de l'école. Depuis lors, elle n'avait jamais failli à sa réputation de génie qu'on lui attribuait. Sauf quelques fois, mais elle se rattrapait toujours. Quand elles arrivèrent, la secrétaire, Madeleine, annonça son arrivée. D'un pas inquiet, elle pénétra dans le bureau à peine meublé de la directrice.

— Asseyez-vous, dit-elle d'une voix ferme.

Sans dire un mot, Maryse s'installa en face d'elle. La Mère supérieure la fixa d'un regard déçu au lieu de l'habituelle fierté. Le cœur de Maryse se mit à battre très vite, alimenté par une peur d'être tombée en disgrâce aux yeux de Sœur Marie.

— Tu es une élève remarquable, commença-t-elle. L'espoir même de l'école aux examens d'État, et même un exemple à suivre. Enfin, vous l'étiez.

Ses derniers mots la plongèrent encore plus dans une folle inquiétude.

— Où est passée ta bonne conduite, Maryse ? Comment as-tu pu... laisser un jeune garçon vous berner ?

Elle avait le ton toujours ferme et le regard dur. Comment était-elle au courant de tout cela ?

— J'ai reçu une vidéo ob...scène de toi et d'un garçon. Normalement, je devrais appeler tes parents, car tu es encore une enfant.

Maryse ne pouvait plus se tenir sur la chaise, ses mains étaient moites et ses tempes martelaient, lui provoquant un mal de tête insupportable. Ses yeux se buèrent de larmes, et elle entendait à peine la voix de la Mère supérieure.

— De quelle vidéo parlez-vous ? demanda-t-elle d'une voix à peine audible.

— Tu sais bien, ne mens pas.

Elle ne savait sincèrement pas de quoi elle pouvait bien faire allusion. Dans ses souvenirs, il n'y avait pas un moment où elle avait accepté d'être filmée. La seule fois où elle avait eu un moment d'intimité... Soudainement, elle se rappela du jour où elle s'était rendue chez Steven. À moins qu'il l'ait filmée à son insu. Des larmes perlaient sur ses joues, se rendant compte qu'elle avait été trahie par celui qu'elle aimait. Cette vidéo venait de compromettre son image aux yeux de la directrice et peut-être même sa place.

— Même si on dit que je suis stricte, je suis très compréhensive. On fait tous des erreurs, et moi aussi j'étais jeune.

Maryse l'entendait sans vraiment l'écouter. Elle pensait à Steven et aux mauvais choix qu'elle avait faits. Comment une fille aussi intelligente qu'elle avait pu se laisser piéger de cette façon ?

— Ne t'inquiète pas, Maryse, la rassura Sœur Marie. Je suis la seule à l'avoir vue et tu ne risques rien puisque tu ne portais pas l'uniforme. Par contre, je vais devoir convoquer tes parents.

— Non ! s'opposa-t-elle. Je n'ai plus rien à voir avec lui et je vous promets que cela ne se produira plus.

— En tant qu'adulte et femme, je me trouve dans l'obligation de les mettre au courant.

— Ma Sœur, je vous en supplie. Mon père me tuera.

Elle était au bord des larmes et de la panique. Son père ne serait pas du tout compréhensif et n'hésiterait pas à employer les grands moyens.

My [Un]Happy StoryDes histoires addictives. Découvrez maintenant