25-Victoire.

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Entre le premier match de génie de mon école et le premier match de basket de mon frère, le choix était vite fait. Même si la directrice avait beau nous dire chaque jour que notre présence à toutes était nécessaire, je ne le pensais pas. Ma présence, plus précisément. Charline, Babas et moi étions les seules à y aller, car Maryse faisait partie de l'équipe de génie. David était venu nous chercher ; j'étais étonnée que sa mère lui ait laissé conduire la voiture que papa lui avait offerte. Quant à ce dernier, lorsqu'il avait appris que son fils faisait partie de l'équipe de basket, il était très heureux de l'apprendre. Au secondaire, il était la star, celui avec qui les autres voulaient traîner. Il me racontait tout le temps ses prouesses. À notre arrivée, on se sépara de David. Lui, vers les vestiaires, et nous, vers les gradins où j'aperçus directement les autres amis de mon meilleur ami. J'allai les trouver rapidement.

— Bonsoir, les saluai-je.

— La petite sœur de David !

— Sophie ?

— Exactement !

— Et c'est qui ce mignon petit garçon ? remarqua Cassandre.

— Babas, mon petit cousin.

— Il est trop chou. Je peux le porter ?

Elle était toute gaga devant le petit monstre. Il me lâcha même la main pour se laisser porter par Cassandre.

— Tu t'appelles comment ?

— Appelle-moi Sébastien, répondit-il.

Sa réponse émut encore plus la petite amie de Patrick.

— Ne reste pas debout, Alice, assieds-toi, me dit Alfred.

Babas ne voulait plus que je le prenne après ça ; il avait fini par adopter Cassandre. Honnêtement, j'étais soulagée. Quelques minutes avant le début du match, Charline apparut. Elle avait changé ces derniers temps, elle ne parlait plus autant qu'autrefois. À 16 h exactes, les deux équipes firent leur entrée sous l'acclamation chaleureuse des fanatiques qui hurlaient déjà jusqu'à en péter les tympans et les cordes vocales. L'hymne national fut chanté, suivi par l'hymne scolaire des deux équipes respectives. David et Joe ne jouaient pas, mais cela ne m'empêchait pas de pousser des cris d'encouragement. Je voulais qu'ils gagnent, car c'était important pour eux, me disait mon frère. Si son école remportait la finale, elle irait représenter le département au championnat national. Selon ses explications, chaque département organisait un mini-championnat pour désigner son représentant.

— Faute ! hurla Alfred comme si on pouvait l'entendre. Vous avez vu ? Il a marché avec son ballon.

Le garçon était très impliqué, à croire que c'était lui l'arbitre. Il surveillait absolument tout. C'était trop pour moi, ma gorge souffrait, et je n'étais pas la seule. Comme Sophie était la moins concentrée, je la prévins de mon déplacement et elle tint à m'accompagner.

— J'ai l'impression que tu t'ennuies, soulevai-je.

— C'est juste que je déteste quand c'est trop bruyant.

— Alors pourquoi tu es venue ?

— C'est mon école, je devais être là.

Je me sentais bizarrement coupable d'être là au lieu d'assister au match de génie, alors que mon choix était réfléchi. Mon frère était prioritaire, mais il ne jouait pas et ce n'était pas comme si la victoire de son équipe reposait sur ses épaules. Puis, c'était épuisant de hurler comme je le faisais. Je ne regrettais pas pour autant. À notre retour, c'était la fin de la première partie. L'équipe adverse avait marqué 18 contre 16. Le match reprit, on était encore plus fous. Finalement, ce fut l'équipe dont j'étais l'une des supportrices qui gagna. C'était spectaculaire, le terrain était envahi, on ne voyait même plus les joueurs. Seules Sophie, Cassandre, Babas et moi étions restées dans les gradins, alors que les garçons et Charline étaient allés se mélanger à la foule.

My [Un]Happy StoryDes histoires addictives. Découvrez maintenant