Le dernier jour s'était écoulé à une vitesse folle. Je n'avais même pas eu droit à un moment seul avec Sophie, et j'avais vraiment pensé que la soirée de la veille serait ma chance. Mais rien. Alfred n'avait fait que me coller dans les baskets. Résultat, nous voilà en train de faire nos valises, fatigués par la soirée. On avait à peine dormi et je faisais des efforts pour cacher la gueule de bois de Joe. Le procédé du retour était le même, mais plus silencieux : l'excitation n'était plus présente.
— Cette place est-elle libre ?
C'était Sophie. Elle portait des lunettes noires et me souriait avec un air fatigué. Sans me laisser la chance de répondre, elle s'assit à mes côtés. Joe était allé à l'arrière, sur le grand siège, pour qu'il puisse dormir. D'ailleurs, presque tout le monde dormait. Sophie ne disait rien, elle lisait le recueil que je lui avais offert à notre rendez-vous. Au milieu du trajet, elle s'endormit, s'appuyant sur mon épaule. Doucement, je passai un bras autour de ses épaules.
Je sursautai en entendant un bruit de frein. Je m'étais assoupi sans le savoir et m'étais réveillé dans la confusion. Sophie ne dormait plus parce que mon sursaut l'avait réveillée. Ses lunettes avaient glissé, ses yeux étaient gonflés et ses cheveux en pagaille.
— Bien dormi ? lui demandai-je en enlevant mon bras.
— On est où ? demanda-t-elle, la voix endormie.
Je regardai par la fenêtre et, apparemment, on était arrivés. Encore une fois, le directeur s'assura qu'on descendît en ordre. Certains attendaient qu'on vînt les chercher, dont Sophie et moi. Le grand frère de Joe était déjà présent, Patrick ramenait sa petite amie, et Alfred. La cour était presque vide et, comme si l'univers écoutait mes prières, il ne restait qu'elle et moi. Et je devais saisir cette chance comme s'il s'agissait de la dernière fois qu'on se voyait.
— Est-ce que...
— Sophie...
On se regarda et éclata de rire, voyant qu'on venait de parler en même temps.
— Toi d'abord ! lui dis-je.
Elle sourit et vint plus près de moi.
— Non, laisse tomber, dit-elle. Qu'est-ce que tu allais me dire ?
— J'allais juste te demander quand ton père viendrait. Si ma mère vient avant, on n'aurait aucun problème à t'accompagner.
— T'es gentil. Mais j'ai l'impression que tu allais dire autre chose.
Cette fois, ce fut moi qui me rapprochai d'elle.
— Après le bac, je vais commencer à travailler.
— C'est bien, mais ce n'est pas encore ça, dit-elle en déposant son auriculaire sur ma main.
— Accepterais-tu d'aller à un deuxième rendez-vous avec moi ? demandai-je en attrapant son petit doigt.
— C'est un rencard ?
— Le deuxième, affirmai-je.
Elle sourit. Je la regardai et, malgré la fatigue sur son visage, elle était très belle. Je déposai ma main sur sa joue, m'approchai de ses lèvres et déposai un baiser. Puis, un klaxon retentit. Je tournai la tête : c'était ma mère. Coïncidemment, le père de Sophie arriva. Elle se détacha de moi précipitamment, ramassa ses affaires et se dirigea vers la voiture. Je pris mes affaires et allai rejoindre ma mère. Ce fut elle qui avait klaxonné.
— C'était comment, cette sortie ? me demanda-t-elle en chemin après des minutes de silence.
— Je me suis éclaté.
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My [Un]Happy Story
Teen FictionLes vacances d'été étant terminées, une nouvelle année scolaire vient de commencer. Alice ne peut s'empêcher de la craindre après tout ce qui lui était arrivé. David de son côté, essaie tant bien que mal de s'attacher à son père et de comprendre le...
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