Chapitre 3

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JUDE

Nous mangions en silence. Mais il n'était pas pesant. Au contraire, il était reposant. Je savourait chaque bouchée.

Bon dieu, depuis quand n'avais-je pas mangé un truc aussi bon ? Et pourtant ce n'était que des croissants, pains au chocolat, chaussons aux pommes.
Je poussais un grognement de plaisir et il me regarda, l'air amusé.

- ça te plait Jude ?

Je hochais la tête.

- Très.

Il avait un sourire sincère ce qui fit apparaître ses fossettes. Je me pris à rêvasser de lui dans un lit, rigolant à plein poumon. Ou lui me tenant la main alors que nous marcherions dans les rues. Lui me faisant l'amour.
Mes joues rosissantes ne lui échappèrent pas.

- A quoi tu penses Jude ?

- Arrête de dire mon prénom. C'est insupportable cette façon que tu as de le dire.

Un de ses sourcils se releva, ce qui lui donna un air séducteur, sur de lui. Saloperie de beau gosse.

- Je le dis de quelle manière ton prénom Jude ?

- Tu te l'appropries comme si il t'appartenait.

- Et est-ce une mauvaise chose ? Tu étais à moi hier soir.

- Je n'appartiens à personne. Et ça me donne un côté vulnérable que je n'aime pas du tout. Dis-je, renfrognée.

- J'ai des souvenirs très clairs de toi à ma merci bébé.

- On en est déjà au stade des surnoms ? Je ricanais. Mais c'était uniquement pour masquer la panique.

- Trouverais tu que notre relation va trop vite mon cœur ?

Cette fois-ci je me mis à rire pour de vrai. Un rire qui venait du fond de la gorge.
Et ça faisait du bien.

- Si tu veux ne serait-ce qu'un début de relation avec moi, il faut que tu saches que je n'aime pas les surnoms.

- Il y a un début à tout donc.

Il soupira et se leva.

- Je vais prendre une douche.

- Je ne voudrais pas te déranger mais... Est-il possible que je la prenne avant ? Je suis déjà en retard.

- Nan va-y. Au fait... Aurais-tu au moins l'honneur de me dire qu'elle et ton nom de famille.

- Reed. Jude Reed.

Je retournais dans la chambre et regardais à peine le lit dans lequel nous avions couché hier de peur que la tentation d'y retourner soit trop grande.

Une fois dans la salle de bain, je tournais le bouton de la douche et commençais à me déshabiller. Je sentis une dernière fois l'odeur d'Holden avant de jeter son tee-shirt par terre. Ainsi que ma culotte.

Je m'engouffrais dans le petit espace rempli de buée. Le contact de l'eau contre ma peau me réveilla et je me sentis tout de suite moins engourdie.

Je me figeais en entendant la porte se refermer. Oh mon dieu. Il était la. Mes hormones se réveillèrent. Je guettais le moindre de ses bruits pour essayer de deviner ce qu'il faisait.

- On dirait que quelqu'un a utilisé ma brosse à dents ?

J'aurais pu hésiter entre lui dire que c'est moi, ou lui demander pourquoi il a sa brosse à dents ici, dans un hôtel.
J'optais pour la deuxième option. Je suis bien trop curieuse.

Sa réponse se fit trainante.

- Parce que je vis ici.

- Tu vis dans une chambre d'hôtel ?

- La plupart du temps oui, pas forcément celle la mais... Je voyage beaucoup.

- Ah...

Je n'arrivais pas à cacher ma surprise.
Voyant son ombre se déplacer, mon cœur se mis à battre de plus en plus vite au fur et à mesure qu'il avançait vers la douche.
Il se déshabilla.
Ok.

C'est la merde. J'étais déjà à la bourre pour aller au boulot, le boss allait me tuer.
La porte de la douche s'ouvrît et il entra.
C'est une blague j'espère... Il était si beau putain !
Je lui lançais sur un ton moqueur.

- Je ne crois pas t'avoir autorisé à venir avec moi.

Une lueur rieuse passa dans ses yeux et il s'approcha.

- Je pourrais te chasser d'ici tu sais.

- Oui, mais tu ne peux pas résister à ça.
Je désigne mon corps et il rigole.

- Je peux me passer de tous les corps du monde Jude.

- Dans ce cas.

Je me dirigeais vers la sortie de la douche, arborant un sourire triomphant en me remémorant la tête qu'il faisait.
J'attrapais une serviette et me séchais le corps, puis je l'enroulait autour de mes cheveux. J'allais directement voir dans son armoire. Attrapant un boxer que j'enfilais, puis une de ses chemises, et me ravisais quand je vis la tempête à travers la fenêtre. Je trouvais exactement ce qu'il me fallait, un gros pull, il m'arrivait a mi-cuisses. Je remis mes collants de la veille et enfilais mes chaussures à talon. Je grimaçais en marchant avec.

Ça fera l'affaire pour aller au travail aujourd'hui.
N'entendant plus le son de la douche. J'en déduis donc qu'il n'allait pas tarder à sortir de la salle de bain. J'attrapais mon sac à main, fourrais ma robe dedans. Et me précipitais vers le grand salon. Je sortis un stylo et un post-it.

J'y laissais un petit mot : "cher H.H, merci pour cette nuit incroyable. Tu as été un amant tout à fait charmant. x Jude."

La porte de la salle de bain se referma et j'entendis ses pas accélérer. Je me dépêchais de sortir de la suite. Au moment où je passais la porte, je le vis se précipiter vers moi.

Aussi beau soit-il. J'allais vraiment être en retard bordel.

Je claquais la porte et me mis à courir avec des talons de 10cm. Je manquais de me rétamer deux fois et appuyais sur le bouton de l'ascenseur. Ouf il ne m'avait pas suivi.

Tandis que je descendais, mon humeur revint à là normal. Et c'est comme si j'étais une putain de métaphore. Mon humeur s'assombri au fur et à mesure que je retourne à ma routine. Eh ouais, ma petite. Tu croyais quoi ? Que t'allais rester là haut sur son perchoir à regarder tous ces gens ennuyeux aller et rentrer du boulot en sirotant un chocolat chaud ? Ta vie elle est en bas, avec tous ces gens qui triment pour bouffer chaque jours.

A ce stade, il ne me restait qu'une dizaine d'étages et mon humeur était plus sombre que la nuit.

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