Chapitre 31

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Pdv Rune

J'étais seule, allongée sur le lit de Tim duquel je n'avais pas bougé depuis des heures à fixer le plafond, tremblante. J'avais du mal à me calmer en me répétant que j'étais folle et que jamais je ne pourras faire ce qu'Adrien m'avait dit. J'avais mal à la tête à force de me remettre en question et à la poitrine, sentant mon cœur battre beaucoup trop fort dedans. Mon visage était devenu rouge et trempé à cause des larmes qui n'avait pas arrêté de couler, malgré mes nombreuses tentatives pour stopper mes pleurs. J'étais folle. Complément folle mais ça en valait peut-être la peine. Je regardais la porte de la chambre, toujours fermée, la vision floue à cause des larmes qui étaient restées bloquées dans mes yeux et qui me brûlaient les paupières à me rougir le bord des yeux. Les garçons ne s'étaient toujours pas montré et le silence régnait dans le manoir, m'inquiétant vraiment pour la suite des choses, ne sachant pas si j'allais pouvoir les trouver s'ils ne venaient pas dans la chambre. Soupirant, je m'asseyais sur le lit en frottant mon visage longuement, avant de me lever pour faire les cents pas dans la chambre. Je me mordais l'ongle du pouce pour évacuer son stress, marchant frénétiquement dans la pièce.

Ma discussion avec Adrien avait duré un moment et, à ma grande surprise, personne n'était venu dans la chambre pour me chercher ou pour voir où j'étais cachée. Un autre détail qui m'avait sauté aux yeux le premier jour où j'avais pris contact avec Adrien était que Tim n'avait rien dit la dessus, il semblait même ne plus se servir de son ordinateur et ne se souciait d'où je le cachais à chaque fois que je m'en servait. C'était curieux mais cela me laissait un champ d'action plus grand que s'il voulait récupérer son PC et, même si j'avais la possibilité de supprimer la discussion et l'historique, je l'avais toujours connu passionné d'informatique. Alors rien ne l'aurait empêché de trouver une trace de mon passage dans l'appareil.
Les autres non plus ne posaient pas de questions sur ce que je faisais ici, où pourquoi moi et Brian n'arrêtions pas de nous crier dessus, comme si cela leur passait au dessus. Ça me paraissait logique puisqu'au fond les habitants de cette maison se moquaient bien de ma présence et même leur «maitre» ne me portait aucune importance. Un jour Tim m'avait dit, alors que je venais de sortir de mo' cachot du sous sol, que même si je n'étais pas là bienvenue, les autres ne me portaient aucune importance réelle. Je n'étais qu'une petite chose parmi toutes les autres petites choses qu'ils avaient exterminé jusqu'ici. Et au fond j'en était soulagée car ils n'auraient rien fait pour me tuer et les seuls qui pouvaient décidé de mon sort étaient Tim et Brian, Toby étant hors liste après les nombreuses menaces de Brian qui avaient remis le plus jeune en place. Depuis, il évitait de me passer à côté et ne faisait que de me lancer des regards presque apeurés. J'avais un peu de peine pour lui et, même s'il avait voulu me brûler à plusieurs reprises, il restait un minimum humain et personne ne méritait vraiment de vivre comme lui. Je ne comprenais rien ici, pourquoi agissaient-ils comme ça, pourquoi vivaient-ils à l'écart et tuaient-ils des gens ? Et surtout comment un monstre tentaculaire sans visage pouvait-il exister ?

Ces questions faisaient remonter l'angoisse en moi et je plongeais mon visage dans mes mains, le souffle tremblant, me vidant la tête de toutes ces interrogations auxquelles je ne devais surtout pas penser pour garder une totale emprise sur moi même.
Un bruit de porte qui s'ouvrait me fit sursauter et je serais ma main dans la poche de la veste de sweat-shirt grise que Tim avait bien voulu me prêter à cause des températures fraîches de la nuit. Ma main rippait contre l'objet alors je la retirais de la poche en grimaçant, faisant mine de rien en regardant dans le vide, assise sur le lit en serrant les draps entre mes doigts.
Mes deux «tortionnaires» entrèrent dans la pièce et, sans me parler, agissaient comme si je n'étais pas là. Ils semblaient fatigués, littéralement épuisés même, et il était plutôt tard dans la nuit. Je haussant un sourcil en voyant leurs habits déchirés à de multiples endroits et leur souffle saccadé.

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