6. L'origine de nos prénoms

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Dimanche 10 août 2014, 23h12

Cher Journal,

Première longue journée sans ma mère, sans mon petit frère et sans Stacy, qui est partie hier matin. Ça m'a fait bizarre sur le coup, car j'accompagnais toujours l'une et l'autre dans leurs déplacements. Là, je n'étais pas chaude pour les accompagner ; vous allez dire que je ne sais pas profiter, mais je préfère être avec mes amis et profiter des vacances avec eux, sans avoir à suivre ma mère. Je voulais qu'elle profite d'Actarus et de ma grand-mère, mais je savais pertinemment que cette dernière avait un caractère à elle — un sacré caractère, même !

Pour « l'affaire Clémence », on ne peut pas dire que ça soit passé inaperçu. Ça a fait un tel scandale que les parents de Clémence sont allés se réfugier chez de la famille. D'après ce que j'ai compris, ils ont honte de ce que leur fille avait fait, bien qu'elle clame haut et fort son innocence en répétant qu'elle n'y était pour rien dans tout ça, qu'Océane avait tout manigancé pour l'accuser à sa place. (Évidemment, les preuves allant contre Clémence, personne ne la croyait.)

Depuis le début de l'affaire, il y avait de l'eau dans le gaz entre les parents de Clémence. Ça se comprend : c'est dur pour eux d'apprendre que leur enfant cachait un sachet d'herbe dans son placard, sous leur nez. Quel parent ne serait pas choqué, ou ne se demanderait pas ce qu'il a raté dans l'éducation de son enfant ?

Enfin, c'est pas pour ça que je suis venue te parler, cher journal.

Je voulais te parler l'origine de nos prénoms, à mon petit frère Actarus et à moi. Je pense que je te dois quelques explications là-dessus. Maman m'a appelée Félicia parce que la défunte sœur de Mamie se nommait Félicité, et que, d'une certaine façon, elle voulait lui rendre hommage. Cette tante était décédée par noyade, à l'âge de 18 ans, après s'être approchée de trop près du bord du port de Talmont-sur-Gironde ; Mamie, qui avait 9 ans à l'époque, n'avait rien pu faire, trop choquée par la scène. C'est pour cela qu'elle n'en parlait jamais car, d'après maman, elle s'en voulait de la mort de sa grande sœur adorée.

Fin de la parenthèse « histoire familiale ».

Félicia est un dérivé du prénom latin « Félix », qui lui-même signifiait « heureux ». (Tu parles d'une traduction ! J'ai une tête à être joyeuse toutes les fois où Océane me mettait des bâtons dans les roues, et quand j'avais d'autres problèmes en tête, à ton avis ?!)

Toujours d'après ce que j'ai trouvé sur l'origine de mon prénom, Félicia est une personne drôle et intelligente. Elle ne cesse de répandre la joie autour d'elle. C'est un vrai rayon de soleil pour ses amis et ses proches. Elle sait remonter le moral de son entourage, mais devra faire attention à ne pas faire siens tous les problèmes des autres. C'est une personne pleine d'enthousiasme et foncièrement fidèle. (Hoshi confirme que ça correspondait en tout point à mon caractère généreux, excepté mon côté réservé qui n'a pas été décrit.) Et apparemment, Sainte Félicité est l'une des premières martyres : après avoir été arrêtée sur dénonciation et mis un bébé — une petite fille — au monde, elle avait été exécutée. C'est charmant. 😶 Déjà que je trouve que Félicité est un vieux prénom, cette histoire me fiche les jetons.

Comme tu t'en doutes, en-dehors de Félicité, les prénoms dérivés du mien sont Félicidad, Felicita, Félicity (mon surnom), Felicitas, Felisia et Félicie ; et les Félicia sont célébrées le 7 mars avec les Félicie et les Félicité. Ça fait beaucoup d'informations.

Pour Actarus, c'est autre chose.
Ma mère, fan de livres et d'animés japonais tirés des mangas qu'elle l'était, a nommé mon frère ainsi en hommage au héros de Goldorak. Si, si, tu as bien lu : du prince Actarus d'Euphor dans Goldorak ! (« Acturus » est, à la base, une constellation que l'on peut voir certaines fois dans le ciel, la nuit tombée. C'est tordu, mais je jure que c'est vrai !) Et c'était aussi le même prénom qu'elle avait utilisé pour un de ses personnages fictifs dans son premier roman, Une future danseuse étoile, publié 5 ans auparavant, suivi d'une nouvelle un an et demi à peine plus tard, où ça raconte — avec plus de détails — la vie de son héroïne, Sasha, et de ses amis avant d'entrer dans une école de danse fictive sur l'île de Ré.

Dès la publication de son roman et de sa nouvelle pour jeunesse, ma mère a enfin pu réaliser son rêve d'enfant : devenir une écrivaine. Je suis heureuse pour elle, elle qui aime tant lire (elle m'a refilé son virus de l'amour des livres) et qui voulait publier ses propres romans, on peut dire qu'elle a été gâtée !

Pour revenir à nos prénoms, à moi et à mon frère, on peut dire qu'ils sont originaux car, grâce à elle, je ne risque pas de connaître le coup où l'on se retourne en croyant qu'on m'appelle alors qu'en fait, c'est une autre fille qui porte le même prénom que moi. De ce côté-là, je n'aurai pas ce problème.

Actarus non plus n'aura pas ce problème, quand il commencera sa scolarité. Je devrai d'ailleurs songer à remercier ma mère pour ce choix de prénoms, elle qui prétend ne pas être douée pour ça ; depuis l'école primaire, on me répète sans cesse que j'ai un magnifique prénom. Même mes meilleurs amis le prétendent, t'imagines ? Ça fait son petit effet, finalement... 😂

Bien à toi, cher journal. 💖

Félicia

𝐿𝑒 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑙 𝑖𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒 𝑑'𝑢𝑛𝑒 𝑓𝑢𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑣𝑎𝑖𝑛𝑒Des histoires addictives. Découvrez maintenant