2. Mes meilleurs amis, mes rivales

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Dimanche 3 août 2014, 19h45

Cher journal,

Avant que je n'oublie, il faut que je te parle de mes meilleurs amis. Au nombre de quatre : Hoshi Orieux, Arthur Piqué, Sally-Anne Blanc et Marion Orléans. Je vais essayer de te les décrire du mieux que je pourrais.
Hoshi a été la toute première à devenir mon amie. Nous n'avions qu'un an à peine lorsque ses parents et ma mère se sont rencontrés devant le château de Cheverny, après nous avoir récupéré à la crèche ; ma mère, qui n'était pas vraiment douée pour l'organisation de la poussette, avait fait tomber deux ou trois objets qu'elle avait achetés un peu plus tôt et rangés dans une pochette cousue en-dessous de mon siège de poussette. La mère de Hoshi est venue l'aider, suivie par son mari qui portait Hoshi dans ses bras. D'après ce que j'ai compris, ils avaient commencé à discuter après le petit incident — qu'ils ont balayé rapidement — et, de fil en aiguille, ils sont devenus de très bons amis.
Aujourd'hui encore, ils ne cessent de se voir et c'est avec grand plaisir que je retrouve ma meilleure amie.
Hoshi est franco-japonaise. Sa mère, japonaise, était venue faire ses études supérieures en France et y chercher du travail pour aider financièrement sa famille. C'est là qu'elle avait fait la connaissance du père de Hoshi, alors âgé de deux ans de plus qu'elle. Entre eux, ce fut le coup de foudre immédiat ; quatre ans plus tard ils se sont mariés, et Hoshi est venue au monde l'année suivante, puis son jeune frère Karito trois ans après elle.
Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi belle qu'elle, et je ne dis pas ça pour me la ramener. Ses traits asiatiques sont d'une beauté à vous couper le souffle, une beauté naturelle qui attire le regard. Plus d'un garçon a essayé de lui avouer ses sentiments et de sortir avec elle, sa beauté comme seule et unique raison, mais Hoshi les a toujours refusées. Toutes sans exception.
C'est ça que j'aime chez elle : malgré l'adulation dont elle est l'objet dû à sa beauté (et malgré aussi son mauvais caractère, ce qui explique qu'elle réagisse au quart de tour), elle n'a jamais pris la grosse tête et préfère rester simple — ce qui, d'ailleurs, lui attirera l'amitié de toutes les filles réservées parce qu'elles voient justement en elle cette même simplicité, et qu'elles se sentent ainsi en sécurité à ses côtés. Qu'elles peuvent se confier à elle sans être juger.
Oui, car Hoshi est enthousiaste, souriante et pleine de vie, malgré un mauvais caractère. Et elle n'hésite pas à raconter des blagues pour faire rire ses amis quand ils sont tristes ou contrariés. Voilà d'autres points où on a envie d'être amie avec celle qu'on surnomme affectueusement « Shi ».

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Venons-en à Arthur, alias Tutur — il déteste ce surnom — ou le MacGyver des temps modernes.
On le surnomme ainsi parce qu'il adore les sciences et l'informatique, ainsi que la photographie, le moto-cross et le bricolage. Je vous jure, le mec est capable de vous fabriquer tout et n'importe quoi à partir de rien, de vous sortir des calculs scientifiques et de démonter entièrement un ordi avant de le remonter, non sans oublier d'installer des protections bien plus puissantes qu'Avast... ce qui rendait le piratage et le vol des données par les hackers (ou autres personnes malintentionnées) quasiment impossible. Des ordis inviolables à 100 %.
Tu vas dire que j'exagère, mais je te jure que c'est vrai. Pour l'avoir vu à l'œuvre à de très nombreuses reprises, depuis la première année de maternelle, je sais de quoi je parle. Et Hoshi aussi. Demande-lui, si tu ne me crois pas !

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Maintenant, je vais vous parler de Sally-Anne.
Disons qu'elle est... spéciale. Et pas qu'un peu, car ses habits gothiques attirent énormément l'attention.

Rencontrée lors de notre rentrée en 5ème, j'avais tout de suite vu qu'elle avait un mauvais caractère qui la rend rebelle. Elle était souvent en conflit avec ses parents (même si ça s'est un peu amélioré récemment, côté communication). On pourrait même penser qu'elle est en crise identitaire, avec son style de vêtements et le fait qu'elle dit haut et fort ce que les autres — et elle-même — disent tout bas, mais PAS DU TOUT. C'est même le contraire : on ne le dirait pas comme ça, mais Sally-Anne est très proche des personnes qui sont devenues ses amis. Elle n'hésite pas à prendre leur défense, au péril de la sienne.
Pour l'avoir vue le faire à de nombreuses reprises, je sais de quoi je parle.

𝐿𝑒 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑙 𝑖𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒 𝑑'𝑢𝑛𝑒 𝑓𝑢𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑣𝑎𝑖𝑛𝑒Où les histoires vivent. Découvrez maintenant