*Mercredi 11 mars 2015*
Cher Journal,
C'était dur de reprendre les bonnes vieilles habitudes et le chemin du collège ! Et, comme si cela ne suffisait pas qu'on ait eu des devoirs au cours des vacances d'hiver, on nous en redonnait encore plus dès le jour de la reprise, sans compter les contrôles faits avant les vacances qu'on nous rend et les nouveaux à venir. Fantastique ! J'aurais aimé que les profs nous laissent un peu souffler, mais ayant les épreuves du brevet des collèges à passer les jeudi 25 et vendredi 26 juin prochains, c'est normal qu'ils testent nos connaissances. Comme ils aiment à répéter : « C'est notre avenir qui est en jeu ! » Pour ceux qui ne s'en préoccupent pas ou s'en fichent complètement, tant pis pour eux.
Je n'ai pas eu une seconde à moi ces derniers jours, et c'est la raison pour laquelle j'écris après ma matinée de cours bien remplie, pendant le trajet du bus de ville me ramenant à Cheverny.
A 6 heures 30 je quitte la maison, Arthur et les filles me rejoignent à l'arrêt L'Orme, la ligne 4 du réseau de bus Rémi s'arrête nous prendre à 6h51 à ce même arrêt, puis Xavi à l'arrêt Mairie de Cour-Cheverny à 6h53, et elle nous dépose ensuite à l'arrêt Pôle d'Échange Scolaire de Blois à 7h28. A partir de là, nous marchons ensemble à travers les rues de Blois jusqu'à notre établissement scolaire. Dire que nous n'arrivions pas encore à croire que c'est notre dernière année de collège... Et qu'après, nos choix de lycée et de formation nous feront prendre des chemins différents. Ça me soulève le cœur rien que d'y penser !
Pourtant, il faudra bien que chacun se fasse à l'idée de rencontrer de nouvelles personnes (et nouer de nouvelles amitiés) dans le lycée où l'on sera affecté. On le saura uniquement après avoir passé la dernière épreuve du brevet.
Chaque élève de 3ème ayant trois vœux de lycées à faire, c'est la raison pour laquelle on devait se renseigner sur les Portes Ouvertes de chaque lycée où l'on veut faire nos études, et s'y rendre pour se faire un avis sur l'établissement en question. Évidemment, on n'est pas obligé de choisir trois lycées. J'ai mis en premier choix le lycée où je souhaitais aller pour le baccalauréat professionnel Gestion-Administration — Xavi aussi, et Marion et Sally également pour leurs formations —, ainsi qu'un autre lycée comme second choix. C'est tout.
On arriva enfin devant l'entrée du collège, lorsqu'un petit attroupement attirait notre attention. Les élèves discutaient entre eux et deux surveillants gardaient un œil pour éviter les débordements.
- Bon sang, murmura Xavi. Je ne sais pas ce qui se passe, mais on dirait que ça chauffe.
- Si ça se trouve, il y a eu des dégâts matériels au collège la nuit dernière et ils suspendent les cours jusqu'à ce que les coupables soient désignés, ricana Sally-Anne.
- Dis pas de bêtises, on ne suspend pas les cours à cause de simples dégâts, souligna Arthur, sauf si c'est réellement grave. Et dans ces cas-là ça peut être des fuites d'eau importantes dû à de grosses averses.
- Mais si ça se trouve, intervins-je, ça se peut qu'il se soit passé quelque chose comme l'a dit Sally. Le principal passera sûrement dans les classes pour nous faire la morale, et dire qu'il attend que le ou les coupables avouent leur méfait.
- Il faudrait qu'on aille voir ce qui est accroché sur le tableau à l'entrée, dit Sally-Anne avec détermination.
Cela ne plaisait pas vraiment à Hoshi, Marion et Arthur, et Xavi et moi étions opposés, mais, d'un autre côté, Sally n'avait pas tort. On devait se renseigner sur ce qui faisait tant jaser les élèves, découvrir le pourquoi du comment.
Il n'y a même pas eu besoin de nous approcher. Une fille d'une autre classe de 3ème, habillée d'un legging noir très moulant et d'un T-Shirt à manches longues bleu marine pas très chaud sous sa veste en jean, nous a expliqué ce qui se passait.
- Vous n'avez pas au courant du mot passé sur Facebook ? Apparemment, le gardien a découvert quelqu'un en train de taguer sur l'un des murs extérieurs du collège, longtemps après le départ des élèves et des enseignants, hier soir, et il l'a emmené au commissariat. Un mot a été collé sur le tableau, et c'est un ancien élève qui a fait le coup du tag.
On s'est échangé un regard interrogateur.
Qui pouvait être cet « ancien élève », et pourquoi a-t-il fait une chose pareille ? Molly et Céline n'y étaient en tout cas pour rien ; elles font encore parties de l'établissement. Océane, peut-être ? J'en doute fort. Depuis le coup foireux qu'elle a fait à Clémence, et toutes les conneries qu'elle a pu faire par la suite, elle a été virée du collège et est surveillée par la justice depuis plusieurs mois, en attendant que sa peine de travaux d'intérêt général soit terminée. Il lui restait encore quelques mois avant la fin. Les questions allaient bon train dans notre esprit.
Marion, songeuse, qui n'avait rien dit jusqu'à présent, releva ce que tout le monde pensa tout bas :
- Je ne sais pas vous, mais je ne crois pas que ce soit Océane ou ses anciennes amies, Céline et Molly. Elles se comportent comme des pestes à cause de « l'effet collège », mais elles ne s'abaisseraient pas comme ça. Ce n'est pas le genre de taguer le collège pour se venger d'une amie dont la personnalité douce et réservée les « ennuie ». Elles l'éjecteraient de leur groupe, ou feraient d'elle leur bouc émissaire !
J'étais d'accord avec les paroles de Marion. Ce n'était pas logique que l'une d'elles soit derrière tout ça, surtout que cela aggraverait le cas d'Océane dans son dossier, et ça enfoncerait encore Molly et Céline dans leur disgrâce. J'ai demandé à l'élève le nom de la personne attrapée par le gardien. Elle n'a pas mis longtemps à répondre :
- Il s'agit de Clémence Poiroda. Tu sais, l'amie de cette pétasse d'Océane.
La nouvelle a causé un choc parmi notre groupe d'amis. On a ouvert grand la bouche d'étonnement et les yeux aussi, ressemblant à des pamplemousses. Même Sally-Anne et Marion n'ont pas caché leur effroi ; c'est donc que, pour elle, Clémence était la dernière personne qu'elles imaginaient capable de commettre un tel acte.
Clémence devait ignorer qu'Océane avait été virée du collège, et donc elle voulait se venger de celle qu'elle jugeait responsable de ses malheurs en taguant le mur du collège, sans doute pour l'humilier. Cependant elle n'avait pas pensé qu'elle se ferait choper par le gardien, et serait amenée aussitôt au commissariat de police pour répondre de ses actes. Je comprends que Clémence en veuille énormément à son ancienne amie... mais de là à taguer le collège juste pour l'atteindre, c'est complètement absurde ! Elle aurait pu se rendre directement chez Océane et régler ses comptes avec elle. Cela aurait évité d'être traînée comme une suspecte chez les flics.
Franchement, je ne comprends pas cette idée de se faire justice soi-même. On s'attire forcément de gros ennuis en faisant une chose pareille, même si c'est la dernière chose à laquelle pensent les gens dont l'envie de défendre est aveuglée par ce profond sentiment d'injustice, ce qui cause un risque d'être traité comme coupable. Même moi, ça ne me serait pas venu à l'esprit de mettre un pied dans le plat et d'aller taguer un établissement scolaire public !
Pour une étrange découverte, c'en est une. J'ai du mal à croire que Clémence ait été capable d'une telle chose. Je n'aimerais pas être à sa place à l'heure qu'il est, seule face aux forces de l'ordre à qui elle doit des explications. La pauvre ! Si je n'avais pas de ressentiment envers elle, je l'aurais prise en pitié.
Je te dis à bientôt pour un prochain article, mon très cher Journal !
Félicia
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𝐿𝑒 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑙 𝑖𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒 𝑑'𝑢𝑛𝑒 𝑓𝑢𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑣𝑎𝑖𝑛𝑒
Fiksi Remaja« Félicia Starling est une collégienne sans problèmes. Elle a ses amis, ses amours, ses emmerdes... comme tout le monde ! Afin de faire passer le temps, elle écrit ses journées dans son journal intime. Page par page, on découvre une adolescente comm...
